Aisha Rabi: La Cour suprême autorise l’assignation à résidence de l’ado accusé
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Aisha Rabi: La Cour suprême autorise l’assignation à résidence de l’ado accusé

Rejetant l'appel de l'accusation, le juge de la Cour suprême a considéré que la probabilité que l'adolescent de 16 ans puisse récidiver était "proche de zéro"

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

L'adolescent israélien suspecté du meurtre d'Aisha Rabi à l'audience du tribunal de Rishon Lezion, le 23 janvier 2019 (copie d'écran YouTube).
L'adolescent israélien suspecté du meurtre d'Aisha Rabi à l'audience du tribunal de Rishon Lezion, le 23 janvier 2019 (copie d'écran YouTube).

Dimanche, la Cour suprême a approuvé la remise en liberté avec restrictions d’un adolescent israélien accusé d’avoir tué une femme palestinienne, en rejetant un appel du Bureau du Procureur d’état.

L’adolescent de 16 ans, qui en tant que mineur ne peut pas être identifié, est accusé d’avoir causé la mort d’une mère palestinienne, Aisha Rabi, en lançant une grosse pierre contre le pare-brise de sa voiture alors qu’elle voyageait avec son mari et sa fille à proximité du carrefour de Tapuah en Cisjordanie le 12 octobre. Son ADN a été retrouvé sur la pierre.

L’adolescent sera libéré avec assignation à résidence dans la maison de ses grands-parents dans la ville du centre d’Israël de Kfar Saba, où il devra porter un bracelet électronique à la cheville, être sous la surveillance 24h/7 de deux adultes de sa famille, et n’avoir aucun contact avec des personnes qui ne sont pas de sa famille.

Alex Stein, juge de la Cour Suprême, a rejeté l’argument de l’accusation, qui affirmait que le suspect posait un danger trop sérieux à la société pour être libéré. Le procureur a plaidé que si une attaque terroriste devait avoir lieu alors que l’accusé est hors de prison, il s’efforcerait de se venger, comme le suspect avait déclaré que c’était justifié de le faire lors des examens psychiatriques qui ont suivi son arrestation.

Une voiture appartenant à une famille Palestinienne impliquée dans un accident meurtrier à cause de jets de pierres qui auraient été lancées par des habitants d’implantation au carrefour de Tapuah en Cisjordanie, le 12 octobre 2018 (Crédit : Zachariah Sadeh/Rabbis for Human Rights); Aisha Muhammad Talal Rabi (Autorisation)

Stein a dit qu’il était convaincu que les conditions imposées par le Tribunal de Lod pour la libération de l’adolescent « vont réduire significativement – presque à zéro – la possibilité que l’accusé commette un acte de violence motivé par la haine des Arabes ».

La justice a déclaré que c’était la responsabilité du tribunal d’utiliser la prison comme dernier recours.

Pourtant, Stein a clarifié que « quiconque qui place la sainteté de la vie au sommet de ses valeurs ne peut qu’être choqué par l’acte cruel et barbare qui a tué la victime dans la fleur de l’âge ».

Il a dit que Rabi avait été tuée par la pierre, contredisant l’expertise juridique écrite par un médecin légiste du Centre national de médecine légale et soumis par la défense au tribunal de Lod la semaine dernière.

Le Dr Hen Kugel a dit que les blessures de Rabi étaient trop graves pour avoir été causées par une seule pierre. Pourtant, ses conclusions n’ont pas été soutenues par la majorité de ses collègues, avec seulement deux autres des sept médecins légistes qui ont examiné Rabi parvenant à la même conclusion.

Des activistes d’extrême-droite protestent contre la détention continue du principal suspect dans l’affaire du meurtre d’Aisha Rabi aux abords de la cour des magistrats de Rishon Lezion, le 23 janvier 2019 (Crédit : Liat Bracha)

Plus tôt cette année, le suspect, un étudiant de la yeshiva Pri Haaretz dans l’implantation de Rehelim au nord de la Cisjordanie, avait été inculpé pour homicide involontaire aggravé par jet de pierre sur un véhicule en circulation, et de sabotage intentionnel d’un véhicule. Chacune des charges est liée au meurtre de Rabi, une mère de huit enfants, et le meurtre a été qualifié comme ayant été commis « dans le contexte d’un acte terroriste ».

S’il est condamné, l’adolescent pourrait aller en prison pour une longue durée. La seule condamnation pour homicide terroriste entraîne une peine de 20 ans derrière les barreaux. A cause des limites apparentes imposées aux procureurs par les preuves disponibles, le suspect a évité d’être accusé de meurtre, qui aurait pu lui faire encourir la prison à vie.

Selon les documents d’inculpation, le suspect est parti de la Yeshiva Pri Haaretz accompagné par plusieurs autres étudiants tard le soir du 12 octobre, un vendredi.

Le groupe est arrivé au sommet d’une colline entre les carrefours de Rehelim et de Tapuah, surplombant la route 60 – le principal axe routier de la Cisjordanie. Le suspect a alors lancé une grosse pierre d’environ deux kilos sur un véhicule palestinien, « par motif idéologique de racisme et d’hostilité envers les Arabes partout », peut-on lire dans les documents d’inculpation.

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