Allemagne/Extrême droite : perquisitions visant des policiers
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Allemagne/Extrême droite : perquisitions visant des policiers

Dans des groupes de discussion réunissant des policiers sur la messagerie Whatsapp, une centaine de photos d'Adolf Hitler et de croix gammées ont été découvertes

Des policiers allemands à la gare centrale de Potsdam le 26 juin 2020. 
(Julian Stähle/picture alliance via Getty Images via JTA)
Des policiers allemands à la gare centrale de Potsdam le 26 juin 2020. (Julian Stähle/picture alliance via Getty Images via JTA)

Des perquisitions ayant visé des policiers soupçonnés d’avoir diffusé de la propagande d’extrême droite sur des groupes de discussion ont été effectuées mercredi dans l’ouest de l’Allemagne, a annoncé le ministre de l’Intérieur de l’Etat régional de Rhénanie du nord-Westphalie.

Trente-quatre bureaux de police et des appartements ont été perquisitionnés par quelque 200 policiers, a précisé le ministre conservateur Herbert Reul, qualifiant les contenus de ces conversations sur internet de « campagne de dénigrement des plus sales et des plus répugnantes ».

L’enquête pour incitation à la haine raciale notamment vise actuellement 11 fonctionnaires de police et une procédure disciplinaire a été engagée contre 29 policiers au total, qui ont été suspendus.

Dans des groupes de discussion sur la messagerie Whatsapp, une centaine de photos d’Adolf Hitler et de croix gammées ont été découvertes, ainsi que des drapeaux du IIIe Reich et un montage montrant un réfugié dans une chambre à gaz d’un camp de concentration.

Le ministre régional de l’Intérieur qualifié ces faits de « honte pour la police de Rhénanie du nord-Westphalie ».

« Les extrémistes de droite et les néonazis n’ont absolument rien à faire (…) dans notre police », a-t-il déclaré à Düsseldorf, la capitale de ce land (Etat régional), devant la presse.

Un porte-parole du ministère fédéral de l’Intérieur a pour sa part jugé l’affaire « très alarmante » et exigé une enquête rapide et exhaustive afin de déterminer toute l’étendue des infiltrations de l’extrême droite au sein de la police de ce land, le plus peuplé d’Allemagne.

« Cela projette une image négative sur l’ensemble de la police en Allemagne et constitue un camouflet pour tous les policiers qui montrent quotidiennement leur loyauté envers l’ordre démocratique, y compris dans les circonstances les plus difficiles », a déclaré Steve Alter au cours d’une conférence de presse régulière à Berlin.

L’Allemagne a été secouée ces derniers mois par plusieurs affaires de ce type au sein de ses services de sécurité.

En juillet, les enquêteurs avaient annoncé l’interpellation d’un ancien policier et de son épouse soupçonnés d’avoir envoyé des mails de menaces à des responsables politiques et des personnalités publiques dans toute l’Allemagne.

Leurs messages étaient signés « NSU 2.0 », une référence au groupuscule néonazi allemand dont les membres ont commis une dizaine d’assassinats racistes pendant la décennie 2000.

Fin juin, l’armée allemande avait annoncé la dissolution partielle de ses forces spéciales emblématiques, les KSK, à la suite de plusieurs scandales sur leur proximité avec l’extrême droite.

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