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Amichai Chikli interdit de se présenter avec le Likud, le parti va faire appel

La commission centrale électorale autorise l'ancienne députée Idit Silman à rejoindre le Likud et statuera jeudi sur les pétitions demandant à disqualifier Raam et Balad

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le député Amichai Chikli à la Knesset à Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Amichai Chikli à la Knesset à Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

La commission centrale électorale a disqualifié mercredi l’ancien législateur et dissident de Yamina, Amichai Chikli, de la liste des candidats du Likud pour les prochaines élections, tout en permettant à une autre ancienne députée de Yamina, Idit Silman, de conserver sa place.

Un porte-parole du Likud a déclaré que le parti ferait appel de la décision auprès de la Haute Cour de Justice, une pratique courante dans le cycle électoral suite aux décisions de la commission centrale électorale. Le porte-parole a ajouté que cette « décision absurde » était un « coup grave porté à la démocratie ».

Chikli a été écarté de Yamina en avril, dix mois après s’être opposé au parti en refusant de voter en faveur de la coalition hétéroclite qu’il avait permis de mettre en place et dirigée. En juillet, il a démissionné de son siège à la Knesset après avoir conclu un accord avec le tribunal de district de Jérusalem qui lui a permis d’éviter d’être sanctionné lors des prochaines élections.

Réagissant à la décision de l’exclure mercredi soir, Chikli a déploré cette « décision bizarre et politique », la qualifiant d' »injustice sans précédent ».

« Il y avait un compromis et ils m’ont dit de démissionner dans les jours qui suivaient », a-t-il dit à propos de l’accord conclu en juillet avec le tribunal.

Chikli a déclaré qu’il avait accepté une place sur la liste du Likud sur la base de cet accord. « Si j’avais pensé que je serais disqualifié, j’aurais formé une liste indépendante », a-t-il ajouté.

Le président du Likud Benjamin Netanyahu pose avec les candidats qu’il a lui-même ajoutés sur sa liste électorale de la Knesset, de gauche à droite : Yossi Fuchs, Tsega Melaku, Idit Silman, Moshe Saada, et Amichai Chikli, le 14 septembre 2022. (Autorisation)

Le législateur de Yamina occupe la 14e place sur la liste du Likud à la Knesset, place qui lui a été attribuée par le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, dans l’une de ses trois places discrétionnaires dans des positions réalistes. Si sa disqualification est confirmée, elle annulera l’exercice d’un des placements de Netanyahu, car les listes de candidats ont été finalisées le 15 septembre et le leader du Likud ne peut pas y placer un autre politicien.

Le parti de gauche Meretz avait déposé la pétition pour éliminer Chikli de la course, affirmant qu’il n’avait pas démissionné en temps voulu après avoir quitté Yamina et qu’il devait donc être personnellement sanctionné pour se présenter avec un parti de la Knesset en novembre.

La commission a accepté l’argument, le président de la commission, le juge Yitzhak Amit, estimant que Chikli a mis 50 jours à partir de son éviction de Yamina pour demander au tribunal la réparation qui a finalement abouti à son accord de démission, un délai qui, selon Amit, n’était pas raisonnable.

Chikli n’est pas le seul ancien député de Yamina à avoir œuvré à la chute de la coalition et à avoir obtenu une place réservée sur la liste du Likud. Netanyahu a également accordé à l’ancienne députée Silman une place réaliste sur la liste du Likud, deux ans après Chikli, en 16ème position.

La députée Idit Silman et le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 13 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Si Chikli a été le premier dissident de Yamina, Silman était sans doute plus critiquée par les autres législateurs de la coalition. Elle a brusquement quitté l’alliance politique en avril, démissionnant à la fois de son poste de présidente de la coalition et privant la coalition qu’elle avait jusque-là œuvré à défendre de sa majorité à la Knesset. La démission de Silman a plongé la Knesset dans une crise de trois mois qui a abouti à la convocation d’élections anticipées.

Le Meretz a également demandé la disqualification de la candidature de Silman au Likud en invoquant les mêmes raisons que celles invoquées pour l’éviction de Chikli. Le Mouvement pour un gouvernement de qualité a également demandé le blocage de Silman, arguant qu’elle avait conclu un accord pour rejoindre le Likud avant le délai autorisé.

Les deux pétitions ont été rejetées par Amit mercredi, ce qui a permis à Silman de se présenter avec le Likud.

Jeudi, la commission centrale électorale se prononcera sur les pétitions visant à disqualifier deux partis arabes des prochaines élections : le parti islamiste Raam et le parti nationaliste Balad.

Raam s’est imposé comme le premier parti arabe indépendant à rejoindre une coalition en juillet dernier, et il est peu probable qu’il soit disqualifié.

Balad est considéré comme un parti nationaliste palestinien et a été disqualifié à plusieurs reprises par la commission centrale électorale, la dernière fois en 2009, au motif qu’il ne reconnaît pas l’État d’Israël et a appelé à la lutte armée contre le pays.

Toutefois, la Haute Cour de justice a régulièrement annulé les décisions de la commission centrale électorale.

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