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Amichaï Eliyahu veut remplacer le « Shabbat israélien » par le « vendredi traditionnel »

Le ministre du Patrimoine a ravivé les craintes qu'un programme lancé par la coalition précédente soit abandonné au profit d'un projet visant à encourager les prières du vendredi

Le ministre du Patrimoine Amichaï Eliyahu arrivant à une réunion au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 29 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre du Patrimoine Amichaï Eliyahu arrivant à une réunion au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 29 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu, a ravivé lundi les craintes qu’un programme lancé par la coalition précédente – un programme qui visait à financer des événements culturels pendant le Shabbat – soit abandonné au profit d’un projet dont l’objectif est d’encourager les prières traditionnelles du vendredi soir.

Eliyahu, du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, a déclaré à la radio Kol Berama lundi que l’initiative « Vendredi traditionnel » dont il a pris la tête, visant à encourager les Israéliens à prier dans les synagogues et à la maison, était « beaucoup plus importante » que le programme « Shabbat israélien » lancé par l’ancien ministre de la Culture et des Sports Chili Tropper (HaMahane HaMamlahti). Quelques heures plus tard, face aux critiques croissantes, il a nié que le gouvernement ait pris une décision définitive sur cette question.

L’initiative « Shabbat israélien » lancée par Tropper en 2021 avait permis de prolonger les heures d’ouverture des musées et des sites patrimoniaux jusqu’au week-end dans les villes périphériques, offrant ainsi aux résidents des événements gratuits ou fortement subventionnés. L’initiative se déroulait le vendredi et le samedi, les municipalités pouvant choisir d’organiser des événements dans le cadre du « Shabbat israélien » ou non en fonction du niveau de religiosité de leurs habitants.

Le ministre de la Culture et des Sports, Miki Zohar, avait suscité l’indignation en janvier lorsqu’il a ordonné l’arrêt du projet, à la suite de quoi le Premier ministre Benjamin Netanyahu était intervenu pour annuler l’ordre donné.

« Nous avons le droit de décider dans quoi nous investissons. J’ai mes préférences. Un ministre a le droit de choisir et de donner la priorité aux projets qu’il veut faire avancer », a déclaré Eliyahu lundi.

Eliyahu a déclaré que l’idée de son projet « est d’attirer le public traditionnel aux prières [du vendredi], comme c’était le cas il y a 30 ans. Il s’agit de relier les Israéliens à la synagogue, à l’héritage de leurs grands-parents, au judaïsme. Non pas dans le sens de la religion et de l’identité juive, mais dans le sens d’un héritage profond, d’un lien profondément enraciné ».

Le ministre a déclaré que lorsqu’il grandissait dans la ville de Shlomi, dans le nord du pays, « tout le public laïc venait à la synagogue de cette manière ».

« Il s’agit d’un projet qui, à mes yeux, est beaucoup plus important et beaucoup plus significatif, » a-t-il ajouté.

Répondant aux critiques, Eliyahu a déclaré plus tard qu’il n’avait « jamais » voulu dire que le programme « Shabbat israélien » avait été supprimé, mais qu’il n’y avait pas encore de budget permettant de le poursuivre.

« Lorsqu’on m’a interrogé à ce sujet, j’ai répondu que je n’avais aucun problème à ce qu’il se poursuive, mais que pour l’instant il n’y avait pas de financement, du moins pas jusqu’à ce que le budget de l’État soit approuvé », a-t-il expliqué.

Le nouveau ministre de la Culture et des Sports, Miki Zohar, à droite avec son prédécesseur, Chili Tropper, lors de la cérémonie de passation de pouvoirs, à Jérusalem, le 2 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En réponse aux propos tenus par Eliyahu, Tropper a demandé à Netanyahu de veiller à ce que le projet reste financé.

« La fin du ‘Shabbat israélien’, a-t-il déclaré, « empêcherait de nombreux Israéliens, religieux et laïcs, de visiter des sites culturels et patrimoniaux, sans obstacles financiers et selon leurs convictions religieuses personnelles ».

Tropper a déclaré que les paroles de Eliyahu étaient une « honte » et une « expression de malhonnêteté ».

Le mouvement Neemanei Torah VeAvodah, une organisation qui cherche à promouvoir l’orthodoxie modérée en Israël, a également critiqué les commentaires du ministre, affirmant que l’annulation potentielle de l’initiative « nuit aux Israéliens qui bénéficient d’une alternative de qualité au respect du Shabbat ».

Le groupe a déclaré qu’il était « impossible de faire respecter le Shabbat » et que le projet offrait un accès gratuit à tous les citoyens, qu’ils soient religieux ou laïcs.

La Fédération des autorités locales a également dénoncé des propos « regrettables », soulignant que le projet était précieux pour garantir l’accessibilité au patrimoine et aux sites culturels.

« Cette initiative est très importante pour les citoyens israéliens et nous espérons que le gouvernement trouvera un financement adéquat pour poursuivre les activités », a-t-elle fait savoir.

Zohar est également intervenu, déclarant à Ynet que son ministère « n’initierait pas d’activité pendant le Shabbat », mais qu’il continuerait à financer le programme « Shabbat israélien ».

« Si quelqu’un veut lancer cette activité le samedi, une activité qui permet aux gens de se rendre gratuitement dans les musées, il peut la poursuivre grâce au budget de mon bureau. Ils peuvent me contacter et demander le budget », a déclaré Zohar.

Il y a quatre mois à peine, les coordinateurs culturels des villes périphériques avaient reçu un avis du ministère de Zohar qui les sommait de ne pas organiser de tels événements entre 17h le vendredi et le samedi, une heure après le coucher du soleil.

Dans une déclaration commune, Netanyahu avait indiqué par la suite qu’il avait convenu avec Zohar que l’initiative se poursuivrait.

À l’époque, Zohar avait accusé l’initiative de Tropper de violer le statu quo historique interdisant la plupart des événements publics le jour du repos juif, en incluant les événements qui ont lieu le jour du Shabbat. Toutefois, l’interprétation du statu quo par Zohar n’est pas acceptée par les critiques, qui affirment que les municipalités dont les résidents sont laïcs devraient être autorisées à organiser des événements le jour du Shabbat.

Tropper a noté qu’un budget spécial avait été alloué pour permettre aux Israéliens observant le Shabbat d’assister à de tels événements sans enfreindre leurs pratiques religieuses.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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