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Amsalem appelle à traduire Hayut et Barak en justice

Le ministre, qui veut aussi poursuivre les leaders des manifestations, a reconnu le manque de soutien à la réforme au sein de la coalition, jurant néanmoins qu'elle sera adoptée

Le ministre du Likud  David Amsalem dans l'émission "Meet The Press", le 15 avril 2023. (Capture d'écran : Douzième chaîne/  used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
Le ministre du Likud David Amsalem dans l'émission "Meet The Press", le 15 avril 2023. (Capture d'écran : Douzième chaîne/ used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Le député David Amsalem, second ministre au sein du ministère de la Justice, a indiqué samedi que la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, et l’un de ses prédécesseurs, Aharon Barak, devaient être poursuivis en justice pour « tentative de coup d’État ». Il a de nouveau lancé un appel provocateur à lancer des investigations approfondies contre les manifestants qui s’opposent au plan de refonte du système judiciaire en Israël, un projet très controversé.

S’exprimant dans l’émission « Meet the press », sur la Douzième chaîne, le député a affirmé que Hayut et Barak avaient été à l’origine du mouvement de protestation dénonçant la réforme du système de la justice dans le pays – un mouvement largement considéré comme parti du peuple.

« Tous ceux qui ont été à l’origine de ces manifestations – avec parmi eux l’ex-Premier ministre Ehud Barak, Aharon Barak et la présidente de la Cour suprême – devraient être poursuivis pour tentative de coup d’état », a-t-il affirmé, sans expliquer de manière précise les actes commis par les personnalités mises en cause qui seraient par ailleurs susceptibles d’entraîner de telles accusations.

Amsalem a répété sa volonté de former une commission d’enquête qui sera chargée d’examiner le mouvement de protestation et ses dirigeants « même si cela ne doit pas se produire dès maintenant ».

Amsalem a déclaré – des propos souvent utilisés par les partisans de la réforme judiciaire – que « le pays est aux mains d’une minorité élitiste de Tel Aviv qui a contrevenu à toutes les règles » pour s’opposer aux législations avancées par la coalition.

Il a reconnu qu’il manquait du soutien aux projets de loi de réforme du système judiciaire au sein du gouvernement – des lois qui ont été mises en pause, le mois dernier, pour permettre des négociations avec l’opposition et pour tenter de trouver un consensus. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annoncé cette pause dans un contexte de mouvement de protestation national massif et d’informations laissant entendre que la coalition ne parviendrait pas à rassembler les 61 votes requis pour faire adopter ses réformes.

« Au sein du Likud, il y a des gens avec lesquels nous ne pouvons pas faire adopter la réforme maintenant », a noté Amsalem. « Cela arrivera plus tard », a-t-il continué, dans la mesure où Israël, de son point de vue n’est pas actuellement un pays « démocratique ».

La juge en chef de la Cour suprême, Esther Hayut, lors d’une audience pour une requete demandant l’évacuation de l’avant-poste illégal de Homesh, le 2 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Amsalem, le mois dernier, avait indiqué « qu’un jour », de nombreux individus participant au mouvement national de protestation feraient l’objet d’une enquête et seraient arrêtés, avertissant le chef de la police qu’il pourrait se trouver parmi eux. Le commissaire de police Kobi Shabtai avait semblé répondre que les forces de l’ordre ne se laisseraient intimider par personne et qu’elles protègeraient le droit à la liberté d’expression et le droit à la liberté de manifester.

Amsalem avait été nommé second ministre au sein du ministère de la Justice à la fin du mois de mars. Il est difficile de dire quelle est exactement sa fonction, aucun détail n’ayant été donné par le gouvernement ou par lui-même.

Même si le processus d’adoption des législations entrant dans le cadre du projet de refonte judiciaire israélien a été mis en pause, des propos tels que ceux d’Amsalem ont contribué à continuer à alimenter le mouvement de protestation, avec des organisateurs qui ont cité de manière répétée les promesses faites par les responsables de la coalition d’ancrer dans la loi les réformes prévues très rapidement, lorsque les efforts de négociation à la résidence du président auront échoué.

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Tel Aviv et dans les villes de tout le pays encore une fois, samedi, jurant d’empêcher les changements envisagés dans le système de la justice en Israël.

De petites contre-manifestations ont aussi eu lieu dans plus d’une dizaine de localités et une députée controversée du Likud a tenu des propos polémiques à l’occasion d’un rassemblement, s’attirant des réactions furieuses.

Parlant aux manifestants à Netanya, Tally Gotliv a indiqué que « la gauche a perdu la tête, la gauche a trahi l’État d’Israël. La gauche a oublié les valeurs de base de la nation d’Israël, les valeurs d’un État juif et démocratique ».

Gotliv a également été filmée avec un homme – apparemment un journaliste international – lui disant dans un anglais approximatif que l’ancien président américain Barack Obama avait payé le site d’information Walla pour qu’il diffuse des « publicités » anti-Netanyahu.

Cette semaine, les organisateurs du mouvement de protestation ont menacé de déployer de nouvelles formes de désobéissance civile si les députés cherchaient à rapidement faire adopter les projets de loi, ce qui souligne les doutes importants qui entourent les pourparlers visant à trouver un compromis.

Les organisateurs des manifestations ont continué à exprimer leur scepticisme au sujet de ces discussions entre les partis d’opposition Yesh Atid et HaMahane HaMamlahti d’un côté et la coalition au pouvoir de l’autre, des débats qui se déroulent sous les auspices du président Isaac Herzog. Ils affirment que les négociations sont une ruse utilisée pour démobiliser les Israéliens opposés au plan de refonte, ce qui permettra à terme à la coalition de faire rapidement approuver les projets de loi dans un second temps.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à droite, parle avec le ministre de la Justice, Yariv Levin, pendant une rencontre hebdomadaire au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 2 avril 2023. (Crédit : RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

Les opposants s’inquiètent de ce que le projet de loi sur la Commission chargée de la nomination des juges en Israël – prête pour ses deux derniers votes à la Knesset – ne passe en séance plénière du parlement pour son approbation finale avec un court préavis une fois que la Knesset reviendra de son congé de Pessah, à la fin du mois.

Les partisans du plan de refonte expliquent que les réformes sont nécessaires pour brider l’activisme des juges qui, selon eux, outrepassent les limites de leur autorité.

Ziv Keinan, l’un des membres fondateurs de l’organisation Kumi Israel, a indiqué jeudi que les députés avaient utilisé ce gel pour déterminer comment faire avancer la loi au plus vite et non pour négocier ses termes en les assouplissant – ce qui signifie que les protestataires devront être « sur le terrain » pour « transmettre le message que nous ne permettrons pas que notre démocratie se transforme en dictature ».

« Les gens viendront se battre dans les rues en faveur de la démocratie, quel qu’en soit le prix », a dit Keinan, dont le groupe a été l’un des principaux organisateurs du mouvement anti-gouvernemental. « Nous avons un arsenal massif d’outils [de désobéissance civile] avec lesquels nous avons l’intention d’intensifier, si nécessaire, les manifestations ».

Keinan n’a pas détaillé les nouveaux types de désobéissance civile mais il a indiqué que « ce à quoi nous avons assisté jusqu’à présent n’est que le sommet de l’iceberg ».

L’une des formes majeures de désobéissance civile a été, jusqu’à présent, le blocage des autoroutes et des carrefours majeurs de tout le pays, ce qui a entraîné des embouteillages monumentaux ainsi que des heurts avec la police qui a finalement utilisé des canons à eau et des grenades incapacitantes pour disperser les protestataires.

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