Antisémitisme dans l’enseignement supérieur : « Tolérance zéro », assure France Universités
Le président de l’organisme universitaire met en garde contre un "antisémitisme d’atmosphère" qui se développe dans certains établissements

« Aucune faiblesse » face aux actes antisémites dans l’enseignement supérieur. C’est le message exprimé jeudi par Lamri Adoui, président de France Universités et de l’université de Caen-Normandie, lors d’un entretien matinal sur RMC. Selon lui, les présidents d’université appliquent une ligne claire : tolérance zéro et vigilance renforcée.
Six mois après les attentats du 7 octobre 2023, France Universités avait recensé 67 actes antisémites sur les campus du pays, un chiffre deux fois plus élevé que lors de l’année universitaire précédente. Début 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste indiquait que 360 signalements d’incidents liés au conflit israélo-palestinien avaient été enregistrés depuis l’attaque du Hamas. Toutefois, le « caractère antisémite » n’était pas, pour la majorité de ces incidents, « caractérisé », a expliqué Lamri Adoui.
Si aucun bilan chiffré actualisé n’a été publié depuis, Lamri Adoui met en garde contre un « antisémitisme d’atmosphère » qui se développe dans certains établissements. « Les présidents d’université ne font preuve d’aucune faiblesse », a-t-il insisté.
L’affaire récente des messages antisémites circulant dans des groupes WhatsApp d’étudiants à Sorbonne Université et Paris 1 Panthéon-Sorbonne a cristallisé les inquiétudes. Selon M. Adoui, les responsables de ces deux établissements « ont eu la bonne réaction : signalement au procureur, saisine des sections disciplinaires, et éviction conservatoire des étudiants concernés ». Les sanctions définitives seront décidées par les commissions compétentes, allant d’une exclusion temporaire à une exclusion définitive.
Les présidents d’université devaient également s’entretenir ce jeudi avec le ministre Philippe Baptiste. Une « réunion », et non une « convocation », a insisté M. Adoui, au cours de laquelle ces dossiers sensibles figuraient à l’ordre du jour.
La rencontre s’inscrit dans le contexte de la nouvelle loi du 31 juillet 2025, relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur. Ce texte prévoit d’intégrer la formation « à la lutte contre l’antisémitisme, le racisme, les discriminations, les violences et la haine » aux missions officielles des écoles, collèges, lycées et universités, qu’ils soient publics ou privés. « Nous nous sommes battus pour que cette loi passe dans la session parlementaire avant l’été », a rappelé Lamri Adoui, en soulignant la participation active des présidents d’université à son élaboration.
Pour le président de France Universités, le défi est désormais de concilier fermeté et sérénité dans les campus : « Un retour à la sérénité est possible, je l’espère. L’université est un lieu où doit s’exprimer le débat, constructif, équilibré et pluriel ; c’est le rôle de l’université, qu’elle soit traversée par des fractures qui s’expriment dans la société. »







