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Le tribunal de Jérusalem se prononce contre la prière juive sur le Mont du Temple

Acceptant l'appel déposé par la police, le juge a affirmé que la liberté de culte juif sur le lieu saint « n’était pas absolue et cédait devant d’autres intérêts »

Prière juive sur le mont du Temple, rapporté par la Douzième chaine, le 17 juillet 2021. (Crédit : Capture d’écran de la Douzième chaine)
Prière juive sur le mont du Temple, rapporté par la Douzième chaine, le 17 juillet 2021. (Crédit : Capture d’écran de la Douzième chaine)

Le tribunal de Jérusalem a statué mercredi contre quatre adolescents juifs qui priaient sur le mont du Temple, infirmant la décision d’un tribunal inférieur, qui, selon les Palestiniens et la Jordanie, légitimait la violation du statu quo.

Les quatre suspects avaient été interpellés la semaine dernière par la police et frappés d’une interdiction d’accès pour 15 jours à la Vieille Ville pour s’être inclinés et avoir récité la prière « Shema Yisrael » sur le mont du Temple, en violation du statu quo en vertu duquel seuls les musulmans sont autorisés à prier à cet endroit.

Les adolescents avaient fait appel de l’interdiction, arguant du fait que le chef de la police israélienne, Kobi Shabtai, avait fait des déclarations à la presse garantissant aux trois religions la liberté de culte à Jérusalem. Leur recours avait été accepté, dimanche, par le tribunal de première instance de Jérusalem, qui avait par ailleurs annulé l’interdiction d’accès à la Vieille Ville. Bien que la portée de la décision ait été limitée, elle a immédiatement suscité la colère de l’Autorité palestinienne, du Hamas et de la Jordanie, ce qui a conduit le cabinet du Premier ministre à publier une déclaration assurant qu’aucun changement n’affecterait le statu quo.

Le lendemain, la police annonçait faire appel de la décision et porter l’affaire devant le tribunal afin qu’il statue.

La juge a statué mercredi et indiqué que le fait de s’appuyer sur des propos relayés dans les médias « pour violer des dispositions explicites et annuler des infractions était pour le moins problématique ».

La liberté de culte pour les Juifs sur le mont du Temple « n’est pas absolue, et elle devrait s’effacer devant d’autres intérêts, parmi lesquels la sauvegarde de l’ordre public », a écrit la juge Einat Avman Muller.

La police israélienne accompagne un groupe de juifs en visite sur le Mont du Temple, alors que le lieu saint de Jérusalem a été rouvert aux visiteurs non-musulmans, le 5 mai 2022. (Crédit: Ahmad Gharabli/AFP)

A l’annonce de la décision, l’avocate des adolescents, Nati Rom, a indiqué que « depuis la décision rendue par le tribunal de première instance de Jérusalem, une folle campagne de pression et de menaces s’était déployée… [visant à] porter atteinte à l’indépendance du tribunal et polluer le processus judiciaire. »

Le mont du Temple, connu des musulmans sous le nom de Haram al-Sharif, est le site le plus saint pour les Juifs et le troisième sanctuaire le plus important de l’Islam. C’est aussi l’épicentre émotionnel du conflit israélo-palestinien, et les tensions qui s’y sont déroulées en 2021 ont contribué au déclenchement d’une guerre longue de 11 jours avec Gaza, en mai dernier.

La Jordanie affirme depuis longtemps que ses traités avec Israël lui accordent la garde des lieux saints chrétiens et musulmans de Jérusalem. Bien qu’Israël n’ait jamais officiellement accepté cette revendication, il a accordé l’administration quotidienne du mont du Temple au Waqf financé par la Jordanie.

L’accord en vertu duquel les Juifs peuvent accéder au mont, mais pas y prier, n’a pas toujours été respecté ces dernières années, et des groupes de Juifs, notamment des nationalistes religieux radicaux, ont régulièrement prié sur le mont. Le gouvernement israélien, néanmoins, s’est dit déterminé à maintenir le statu quo, malgré les informations indiquant que les autorités avaient parfois fermé les yeux.

Le mois dernier, alors que le Ramadan et Pessah coïncidaient, le mont du Temple a connu des affrontements quasi-quotidiens entre forces de l’ordre israéliennes et émeutiers palestiniens.

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