Après avoir accepté le renflouement, El Al licencie une partie de ses salariés
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Après avoir accepté le renflouement, El Al licencie une partie de ses salariés

Le transporteur frappé par la pandémie rationalise l'accord avec la maintenance et le personnel administratif ; Israir annonce un accord pour des prêts garantis par l'Etat

Des avions cloués au sol à l'aéroport Ben Gurion le 6 avril 2020, en pleine épidémie du coronavirus. (Moshe Shai/Flash90)
Des avions cloués au sol à l'aéroport Ben Gurion le 6 avril 2020, en pleine épidémie du coronavirus. (Moshe Shai/Flash90)

Le transporteur israélien El Al, en très grandes difficultés, a signé des accords avec le personnel administratif et de maintenance aux premières heures de mercredi, suite à la signature d’un accord de rationalisation qui devrait permettre à la compagnie d’économiser quelque 88 millions de dollars par an.

Selon un communiqué de la compagnie aérienne publié à l’issue de négociations nocturnes menées avec les syndicats, le nombre du personnel des deux secteurs sera réduit, certains employés se voyant proposer une retraite anticipée et d’autres un plan de compensation.

Le quotidien financier Globes a déclaré qu’environ un tiers des 4 000 personnes concernées serait licencié dans le cadre de l’accord.

La compagnie a également déclaré que les mesures de rationalisation incluraient un recours au télétravail.

Des employés d’El Al protestent contre l’intention de l’entreprise de retirer des fonds des caisses d’indemnisation des salariés, devant le tribunal régional de Bat Yam, le 30 avril 2020. (Flash90)

La compagnie aérienne a connu de vives tensions après avoir licencié la grande majorité de ses employés et puisé dans les fonds de pension pour se maintenir à flot, alors que la crise du coronavirus commençait.

Elle a mis 80 % de ses 6 303 travailleurs en congé sans solde, réduit les salaires des cadres de 20 %, cessé les investissements et signé des accords pour la vente et la cession-bail de trois Boeing 737-800.

La compagnie aérienne n’est pas encore parvenue à un accord avec le syndicat des pilotes, considéré par beaucoup comme l’élément le plus complexe des négociations.

L’accord avec les employés de la maintenance et de l’administration est conditionné à la mise en œuvre du plan de sauvetage gouvernemental accepté lundi, selon lequel quelque 61 % de l’entreprise reviendraient à l’État.

Dans le cadre de l’accord, la compagnie aérienne obtiendra un prêt de 250 millions de dollars garanti par le gouvernement, avec des garanties pour 75 % du prêt, en cas de défaillance de l’entreprise.

Il comprend également une offre d’actions à la Bourse de Tel Aviv dans le but de lever 150 millions de dollars afin de soutenir le capital de l’entreprise, qui essuie une dette nette s’élevant à plus de 2 milliards de dollars.

L’offre sera assortie d’une réserve selon laquelle l’État devra acheter toutes les actions non vendues, ce qui signifie que l’État pourrait à nouveau se retrouver actionnaire majoritaire de la compagnie aérienne.

La compagnie aérienne a été privatisée en 2004 et est actuellement contrôlée par Knafaim Holdings Ltd, qui verra ses actions réduites.

Le hall d’arrivée vide de l’aéroport Ben Gurion, le 12 juin 2020. (Photo par Olivier Fitoussi/Flash90)

La semaine dernière, la compagnie aérienne a complètement cessé ses vols après l’explosion des négociations entre le comité des pilotes et la direction, les pilotes refusant d’effectuer des vols.

La direction a ensuite licencié 500 personnes supplémentaires, dont 100 pilotes, ainsi que des employés de maintenance, des agents de bord et du personnel au sol.

Des centaines de travailleurs des services de restauration de la filiale d’El Al, Tamam, qui produit des repas casher pour plusieurs transporteurs opérant via l’aéroport international Ben Gurion, ont également été mis au chômage technique, ce qui suscite des inquiétudes quant à la possibilité de licenciements massifs.

L’entreprise doit également quelque 350 millions de dollars aux passagers dont les vols ont été annulés en raison de la pandémie.

Un rapport trimestriel pour janvier-mars publié la semaine dernière a montré que la société a subi des pertes de 140 millions de dollars au cours du premier trimestre 2020, contre 55 millions de dollars pour la même période l’année dernière. Les bénéfices sont tombés à 320 millions de dollars pour le trimestre, contre 428 millions de dollars l’année dernière.

La compagnie aérienne a prolongé la suspension des vols commerciaux réguliers jusqu’à la fin juillet, mais avant le conflit de travail, elle avait déclaré qu’elle continuerait à utiliser ses avions pour des vols de fret et des vols passagers occasionnels.

Une hôtesse de l’air d’Israir Airlines portant un équipement de protection intégrale (EPI) se prépare pour le décollage de l’aéroport international Ben Gurion près de Tel Aviv vers la ville de villégiature d’Eilat, au sud, pendant la pandémie de la COVID-19, le 16 juin 2020. (GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Entre-temps, la compagnie aérienne Israir a annoncé mercredi qu’elle avait conclu des accords avec des institutions financières et qu’elle recevra un prêt de sauvetage de 140 millions de shekels (environ 35 millions d’euros), l’État se portant garant pour 75 % du montant.

Le prêt sera réparti entre la Bank Mizrahi et la First International Bank afin de minimiser le risque, rapporte le site d’information Ynet. Le prêt doit être remboursé dans un délai de sept ans, seuls les intérêts étant payés la première année.

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