Avec ses avions au sol, El Al suspend 500 autres employés dont 100 pilotes
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Avec ses avions au sol, El Al suspend 500 autres employés dont 100 pilotes

Les employés de Tamam, qui produit des repas casher pour de nombreuses compagnies aériennes, redoutent eux aussi des licenciements massifs

Des pilotes israéliens de la compagnie aérienne El Al à l'aéroport, le 20 avril 2020. (Yaakov Naumi/Flash90)
Des pilotes israéliens de la compagnie aérienne El Al à l'aéroport, le 20 avril 2020. (Yaakov Naumi/Flash90)

Jeudi, El Al a mis au chômage partiel 500 membres de son personnel, dont 100 pilotes, en plein conflit social. La compagnie nationale en difficulté a vu tous ses vols intérieurs et extérieurs être cloués au sol.

Selon les médias israéliens, en plus des pilotes, les personnel mis en congé comprend des ouvriers de la maintenance, du personnel navigant et du personnel au sol.

« Puisque les pilotes refusent d’effectuer les vols – notamment des vols cargos et un certain nombre de vols de passagers – nous sommes contraints de procéder à des ajustements de personnel », a fait savoir El Al dans un communiqué.

Mercredi, la compagnie aérienne a arrêté tous ses vols après que de négociations internes entre les pilotes et la direction n’ont pas trouvé d’issue.

Le hall d’arrivée vide de l’aéroport Ben Gurion, le 12 juin 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Les tensions au sein de la compagnie aérienne sont très fortes depuis qu’elle a licencié une grande partie de son personnel et pioché dans les fonds de retraite pour rester à flot en pleine crise du coronavirus. L’entreprise cherche à obtenir une aide du gouvernement pour éviter la faillite et sa fermeture.

Avant cette dernière série en date de suspensions, El Al avait placé 80 % de ses 6 303 employés en congé sans solde et tranché les salaires de ses équipes de management de 20 %. L’entreprise avait également suspendu les investissements et signé des accords pour la vente et la cession-bail de trois Boeing 737-800.

El Al doit également environ 350 millions de dollars à des passagers dont les vols ont été annulés à cause de l’épidémie.

Des avions cloués au sol à l’aéroport Ben Gurion, le 6 avril 2020, en pleine épidémie du coronavirus. (Moshe Shai/Flash90)

Selon le site d’information Ynet, les vols de mercredi ont été annulés après que les négociations entre le représentant des pilotes Nir Reuveni et le PDG de la compagnie Gonen Usishkin ont été interrompues sans accord, mardi soir.

Les pilotes ont ensuite refusé d’effectuer les vols de mercredi. La direction de l’entreprise aurait alors répondu que s’ils ne voulaient pas voler, ils seraient transférés vers d’autres postes actifs dans l’entreprise, ce qui entraînerait le départ de beaucoup d’entre eux.

Un rapport trimestriel pour janvier-mars publié tard mardi montrait 140 millions de dollars de pertes pour l’entreprise au premier trimestre de 2020, contre 55 millions de dollars de pertes pour la même période l’année dernière. Les revenus étaient en baisse de 230 millions pour le trimestre, une chute de 428 millions par rapport à l’année dernière.

La compagnie aérienne a prolongé la suspension des vols commerciaux prévus jusqu’à la fin juillet, mais elle avait indiqué qu’elle continuerait à effectuer des vols cargo et quelques vols passagers occasionnels.

Avec la fermeture presque complète du ciel israélien depuis mars, des centaines d’employés d’un fournisseur d’El Al, la société Tamam, qui produit des repas casher pour de nombreuses compagnies aériennes effectuant des liaisons à l’aéroport Ben Gurion, ont été placés en congé sans solde. Cette décision a entraîné des craintes concernant la possibilité de licenciements massifs.

Avant l’épidémie de Covid-19, Tamam, qui est possédée par le transporteur national El Al et se présente elle-même comme « le plus important traiteur de nourriture casher aérienne d’Israël », produisait jusqu’à 40 000 repas par jour. L’entreprise fournissait aussi bien les compagnies aériennes locales qu’étrangères.

Des cuisiniers préparent de la nourriture pour l’aviation dans une cuisine spécialisée. (iStock/Kondor83)

Mais ses cuisines sont maintenant vides et de nombreux employés redoutent d’être licenciés, selon un reportage de la Treizième chaîne.

La semaine dernière, les employés ont manifesté devant l’usine de la société, située à l’aéroport.

« Je veux travailler, je veux gagner honnêtement de quoi vivre », a lancé un employé à la chaîne.

« Je travaille à Tamam depuis 31 ans », a déclaré un autre homme. « C’est pas seulement un boulot, c’est notre maison. J’ai élevé mes enfants ici. Que vais-je faire après 31 ans ? »

Des employés d’El Al manifestent contre le projet de l’entreprise de licencier des employés, le 10 mai 2020, devant le ministère des Finances à Jérusalem. (Olivier Fitoussi/Flash90)
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