Après le feu rouge des députés, Ronni Gamzu dit qu’il va s’adapter et persévérer
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Après le feu rouge des députés, Ronni Gamzu dit qu’il va s’adapter et persévérer

Le responsable de la lutte contre l'épidémie défend son plan "feux de signalisation" rejeté, mais dit qu'il va repenser ses projets visant à réduire les taux d'infection

Le professeur Roni Gamzu, responsable de la lutte contre le coronavirus, lors d'une réunion avec le maire de Jérusalem, Moshe Lion, à l'hôtel de ville de Jérusalem, le 12 août 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le professeur Roni Gamzu, responsable de la lutte contre le coronavirus, lors d'une réunion avec le maire de Jérusalem, Moshe Lion, à l'hôtel de ville de Jérusalem, le 12 août 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Le chef de la lutte contre la pandémie de coronavirus en Israël a défendu son plan d’isolement des villes à forte infection, mais a déclaré qu’il continuerait à son poste malgré la décision du gouvernement de rejeter son conseil de placer certaines villes sous cordon sanitaire.

Dimanche, le gouvernement a mis au rebut certaines parties du plan de « feux de circulation » de Ronni Gamzu et a assoupli ses plans pour imposer de nouvelles restrictions strictes à quelque trentaines de villes et de quartiers où la propagation du virus a été particulièrement prononcée et qui ont été qualifiés de « villes rouges ».

À la place, des couvre-feux nocturnes et des fermetures d’écoles devraient y être mis en place, bien que lundi, le gouvernement a retardé d’un jour le déploiement du plan, et que mardi matin, une liste définitive des zones touchées n’avait pas encore été annoncée, quelques heures seulement avant le début du couvre-feu.

« J’ai compris que je devais repenser mon orientation concernant les restrictions sur les villes rouges, mais sans perdre la détermination », a confié M. Gamzu au Yedioth Ahronoth dans une interview publiée mardi matin. « Ce n’est pas toujours agréable quand ils n’acceptent pas votre recommandation, mais vous devez être un adulte, regarder la situation dans son ensemble et faire de votre mieux dans une situation donnée, pour aider les villes rouges à réduire leurs taux de mortalité ».

La décision du gouvernement de faire échouer les plans de confinement de Ronni Gamzu dans les villes rouges a été considérée comme le résultat d’une forte pression ultra-orthodoxe contre ce mouvement. Plusieurs des zones figurant sur la liste provisoire des villes rouges sont majoritairement ultra-orthodoxes, et les dirigeants locaux et d’autres personnes avaient menacé de ne pas tenir compte des nouvelles directives et de retirer leur soutien politique au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Hier, c’était compliqué », a reconnu M. Gamzu en référence au contrecoup politique dont son plan et lui-même ont fait l’objet de la part des dirigeants haredim.

Malgré la tourmente, l’expert a soutenu que « le programme de feux de signalisation donne des résultats réels. Je m’attends à voir dans les prochains jours une diminution du nombre de villes rouges et une amélioration générale au sein des villes elles-mêmes ».

Les chiffres du ministère de la Santé publiés mardi ont montré qu’Israël avait enregistré près de 3 400 nouvelles infections un jour plus tôt, un record. Le nombre de patients en état grave a glissé vers 500 et le nombre de décès a franchi la barre des 1 000 ce week-end, ce qui, selon certains, souligne la politique du gouvernement en matière de virus qui a été bâclée au cours des derniers mois.

M. Gamzu a affirmé que le décompte de lundi n’affecterait pas sa détermination, en déclarant : « Cela n’a pas d’importance, et cela ne doit pas m’affaiblir et nuire à mon élan ».

Le responsable sanitaire s’est heurté à plusieurs reprises aux ultra-orthodoxes, qui ont demandé son éviction.

Il s’est excusé dans l’interview auprès de la communauté ultra-orthodoxe « si elle a le sentiment que nous les étiquetons » spécifiquement comme des zones fortement infectées.

Lundi, M. Gamzu s’est excusé d’avoir mal interprété les propos du rabbin Chaim Kanievsky, considéré comme l’un des plus importants dirigeants de la branche non hassidique du judaïsme ultra-orthodoxe en Israël, dans lesquels il semblait appeler les étudiants de yeshiva à ne pas se faire dépister, mais ne faisait en réalité référence qu’à un cas précis.

Le rabbin Chaïm Kanievsky dans la ville de Safed, au nord d’Israël, le 26 février 2020. (David Cohen/Flash90)

En plus de classer rouge les villes ultra-orthodoxes, Ronni Gamzu a également fait face à l’opposition des haredim concernant sa volonté d’interdire aux pèlerins hassidiques de se rendre dans la ville ukrainienne d’Ouman pendant Rosh HaShana, par crainte d’une épidémie massive de coronavirus.

S’adressant aux habitants des zones fortement infectées, M. Gamzu a déclaré que les décisions du gouvernement d’imposer des restrictions dans ces zones n’étaient pas personnelles.

« Je n’ai certainement rien contre vous. Nous sommes tous responsables les uns des autres », a-t-il souligné.

La plupart des localités soumises à des règles plus strictes sont à majorité arabe ou ultra-orthodoxe.

Les dirigeants de la plupart des villes arabes ont accueilli favorablement les restrictions comme un moyen de lutter contre les taux d’infection élevés dans leurs villes.

Netanyahu a catégoriquement nié qu’il avait laissé la pression des députés haredim d’influencer la politique du gouvernement en matière de lutte sanitaire, rejetant à plusieurs reprises les questions des journalistes suggérant le contraire lors d’une conférence de presse lundi.

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