Après le soutien de Bennett aux droits LGBT, Smotrich promet de s’y opposer
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Après le soutien de Bennett aux droits LGBT, Smotrich promet de s’y opposer

Le député croit "en un État juif [...] comme marque de fabrique, dans la pratique" et reconnaît les divergences au sein de Yamina mais assure que "nous avons énormément en commun"

Le ministre des Transports Bezalel Smotrich s'exprime lors d'une conférence organisée par "Makor Rishon" et l'Institut israélien de la démocratie au centre international de Convention à Jérusalem, le 11 novembre 2019. (Photo par Noam Rivkin Fenton / Flash90)
Le ministre des Transports Bezalel Smotrich s'exprime lors d'une conférence organisée par "Makor Rishon" et l'Institut israélien de la démocratie au centre international de Convention à Jérusalem, le 11 novembre 2019. (Photo par Noam Rivkin Fenton / Flash90)

Le député de Yamina Bezalel Smotrich a promis lundi de s’opposer à ce que les couples homosexuels aient les mêmes droits que les couples hétérosexuels, quelques jours après que le président de son parti, Naftali Bennett, s’est déclaré favorable à l’égalité des droits civiques pour la communauté LGBT.

Yamina est une alliance de deux partis : HaYamin HaHadash de Bennett, et Ihoud Leoumi de Smotrich. Si HaYamin HaHadash tente de se défaire de son image religieuse, Ihoud Leoumi porte l’étendard du camp nationaliste religieux.

Durant une interview sur Instagram la semaine dernière, Bennett a indiqué qu’il estimait qu’il fallait « vivre et laisser vivre, dans le respect pour tout un chacun, et que les personnes LGBT doivent avoir les mêmes droits civiques dont tout Israélien bénéficie ».

Interrogé sur la question sur le plateau de la Treizième chaîne lundi, Smotrich a clairement fait savoir que sa formation ne voterait pas en faveur d’une loi qui irait en ce sens.

« Il y a eu de tels votes, nous nous y sommes opposés. S’il y a [de futurs votes], nous continuerons à nous y opposer, parce que je crois en un État juif, pas seulement pour le folklore, mais comme marque de fabrique, dans la pratique », a déclaré Smotrich. « Le statu quo qui nous permet de vivre ici depuis 70 ans comprend le fait que le mariage et le divorce en Israël se font conformément à la religion juive. »

« Yamina est composé de deux partis, ce n’est pas nouveau… nous avons nos divergences sur des questions telles que celles-ci, mais nous avons énormément en commun, et nous nous focalisons sur ça », a-t-il ajouté.

Naftali Bennett, alors ministre de la Défense, lors du lancement de la campagne Yamina avant les élections générales, le 12 février 2020. (Tomer Neuberg / Flash90)

Yamina est monté en flèche dans les sondages ces derniers mois depuis qu’il est passé dans l’opposition à la suite des élections de mars – prenant la deuxième place derrière le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un climat de mécontentement croissant face à la gestion par le gouvernement de la pandémie de coronavirus. Les sondages ont montré que le parti pourrait obtenir près d’une vingtaine de sièges à la Knesset (contre cinq actuellement).

Bennett a cherché à se présenter comme l’adulte responsable et équilibré dans la salle face aux querelles internes de la coalition. Et il a fait de son mieux pour faire de Yamina un parti aux racines nationalistes et traditionnelles, mais au programme résolument progressiste.

Mais son allié Smotrich a souvent entravé ces efforts, en faisant parfois des déclarations controversées sur la place du judaïsme dans une société israélienne démocratique qui pourraient dissuader les électeurs plus modérés.

L’année dernière, il a déclaré à plusieurs reprises qu’Israël devrait être régi par la loi religieuse, qu’il souhaite « rétablir le système judiciaire de la Torah » et que le pays devrait aspirer à ce qu’il soit dirigé comme « au temps du roi David ».

Ces propos avaient été fortement réprouvés par de nombreux politiciens, dont Netanyahu.

Smotrich est connu pour ses déclarations controversées. Il s’est notamment prononcé en faveur de la ségrégation des maternités pour les Juifs et les Arabes dans les hôpitaux, a déclaré que les homosexuels contrôlaient les médias israéliens et l’agenda public, et s’est vanté d’être un « homophobe fier« , affirmant que les homosexuels étaient libres d’être « anormaux » chez eux, mais qu’ils ne devaient pas « exiger quoi que ce soit de l’État ».

Selon deux sondages télévisés présentés dimanche, le Likud obtiendrait 27 sièges à la Knesset si les élections avaient lieu aujourd’hui, contre 36 actuellement. Yamina, quant à lui, devrait passer de cinq sièges à 21-24.

Lundi, Netanyahu a minimisé cette montée en flèche du soutien à Yamina dans les sondages.

« Les sondages ne m’inquiètent pas. Je ne réussis jamais dans les sondages, seulement aux élections », a commenté le Premier ministre dans une déclaration de son parti.

La popularité croissante de Yamina s’inscrit dans un contexte de critiques importantes à l’encontre du chef du gouvernement pour sa gestion de la pandémie de COVID-19. une majorité d’Israéliens déplorant ses résultats et estimant que ses décisions étaient principalement motivées par des facteurs politiques.

Bennett a longtemps eu une relation tumultueuse avec Netanyahu tout en faisait partie du bloc religieux de droite du Premier ministre, jusqu’à ce que Yamina soit exclu du nouveau gouvernement lors de la formation de celui-ci en mai.

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