Smotrich veut être à la Justice pour faire appliquer la Torah en Israël
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Smotrich veut être à la Justice pour faire appliquer la Torah en Israël

Le pays devrait revenir à "l'époque du roi David", car le droit religieux est "de loin supérieur" au système juridique actuel, affirme le co-leader de l'Union des partis de droite

Le député Bezalel Smotrich, de l'Union des partis de droite, prend la parole lors de Yom Yeroushalayim à la yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem, le 2 juin 2019. (Aharon Krohn/Flash90)
Le député Bezalel Smotrich, de l'Union des partis de droite, prend la parole lors de Yom Yeroushalayim à la yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem, le 2 juin 2019. (Aharon Krohn/Flash90)

Le système judiciaire israélien devrait se conformer à la loi religieuse juive, a insisté le député Bezalel Smotrich de l’Union des partis de droite (UPD), réaffirmant sa position malgré les critiques, et affirmant que le pays devrait aspirer à se gouverner comme « au temps du roi David ».

« Nous voulons le portefeuille de la justice parce que nous voulons restaurer le système de justice de la Torah », a déclaré Smotrich dimanche soir à la Yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem, quelques heures après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a limogé la ministre de la Justice Ayelet Shaked.

M. Smotrich demande à présent qu’il soit son remplaçant comme ministre de la Justice par intérim jusqu’aux élections du 17 septembre. Ces derniers mois, avant l’échec des pourparlers de coalition, il avait insisté pour que Netanyahu lui remette le portefeuille de la justice, bien que le Premier ministre veuille plutôt y nommer Yariv Levin, député du Likud.

Smotrich a confirmé sa prétention lundi matin en disant à la radio publique Kan que « le peuple juif est un peuple spécial qui a besoin de vivre selon la Torah ».

Vue du tribunal rabbinique de Tel Aviv, le 3 août 2017. (Miriam Alster/FLASH90)

Il a précisé qu’il avait l’intention d’agir graduellement et à long-terme. « Rien n’arrive instantanément et cela ne se fait pas par la coercition », a-t-il dit.

« Quand nous parlons des lois de la Torah, les sujets sont nombreux. Je pense que les lois monétaires de la Torah sont bien meilleures [que les nôtres]. Nous devons accorder aux tribunaux rabbiniques un statut plus élevé. »

A la question de savoir s’il souhaitait un « Etat halakhique », Smotrich rétorqua : « Vous lancez une expression effrayante dans le vide. Les lois de la Torah sont de loin supérieures à l’Etat halakhique fondé ici par Aharon Barak ». Il faisait référence à l’ancien chef de la Cour suprême qui est le plus étroitement identifié à la tendance « activiste » du système judiciaire israélien, et qui est depuis longtemps devenu une cible facile de la colère de la droite.

« Pourquoi un ‘Etat halachique’ dans lequel Aharon Barak fixe les règles est-il acceptable ? » a dit Smotrich. « Bien sûr, à long terme, je veux que l’État d’Israël se conduise selon les lois de la Torah. Cela arrivera quand la nation le voudra, et je suis confiant sur l’idée qu’elle le voudra quand elle verra comment la loi de la Torah est juste et humaine. »

Le député Bezalel Smotrich de l’Union des partis de droite participe à un événement pour Yom Yeroushalayim à la yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem, le 2 juin 2019. (Aharon Krohn/Flash90)

Il a ajouté qu’Israël devrait « se comporter comme à l’époque du roi David, tout en l’adaptant à la vie de 2019 ».

Les politiciens de l’opposition ont fustigé Smotrich pour ces propos.

Yair Lapid, co-leader du parti centriste Kakhol lavan, a répondu à Smotrich sur Twitter. « Non et non, on ne laissera pas passer ça. Il n’y aura pas d’État régi par la halakha« , a-t-il dit lundi, en utilisant le terme hébreu pour désigner la loi religieuse juive.

« Ses déclarations horribles sont un signe avant-coureur de la vague de conservatisme de certaines parties de la droite », a déclaré la députée travailliste Shelly Yachimovich dans un communiqué, affirmant que Smotrich voulait rétablir l’esclavage, la lapidation et les lois religieuses juives permettant à un homme de divorcer de sa femme, pour des raisons impudiques et interdisant les rapports homosexuels et ne laissant que les hommes posséder des biens.

« Le fait que Smotrich et ses amis ne sont pas seulement des visionnaires marginaux, mais qu’ils occupent des postes très influents représente un grand danger pour la liberté humaine et le monde éclairé », a-t-elle ajouté.

Les membres de la Knesset Tamar Zandberg (G), Shelly Yachimovich (C) et Miki Haimovich (D) à la Knesset, le 20 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Tamar Zandberg, dirigeante du parti Meretz, a déclaré que le « masque est tombé » concernant la « vision folle » de Smotrich, qu’elle compare à « une théocratie dans la lignée de [la série TV] The Handmaid’s Tale ».

Zandberg a demandé que Smotrich soit disqualifié pour se présenter aux élections, conformément à une loi stipulant que seuls les candidats qui ne rejettent pas Israël en tant qu’État juif et démocratique peuvent se présenter.

Dimanche, Netanyahu a limogé Ayelet Shaked, ainsi que son collègue Naftali Bennett, ministre de l’Éducation, tous deux membres du parti HaYamin HaHadash – jusqu’à la dernière saison électorale, collègues de Smotrich du parti HaBayit HaYehudi – dans une réorganisation de son gouvernement intérimaire alors qu’il se prépare pour les élections de septembre. HaYamin HaHadash n’a obtenu aucun siège à la Knesset lors du vote du 9 avril, avec un déficit de 1 500 voix.

Des responsables ont déclaré aux médias israéliens que les deux personnalités avaient été évincées parce qu’elles ne pouvaient occuper des postes aussi « sensibles » pendant six mois après ne pas avoir été réélues par le public. Toutefois, cette mesure a été largement perçue comme visant à empêcher les ministres de droite autrefois populaires d’utiliser leur position pour relancer leur campagne en vue du vote de cet automne.

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