Israël en guerre - Jour 138

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Après les États-Unis, d’autres pays suspendent leurs financements à l’UNRWA

L'Autorité palestinienne, qui n'a toujours pas condamné les massacres du 7 octobre, a au contraire appelé à soutenir l'agence onusienne controversée

Philippe Lazzarini, au centre, commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), parle lors d'une conférence de presse dans la zone de Balakhiya du camp de réfugiés de Shati, dans la bande de Gaza, le 12 octobre 2021. (Crédit : Adel Hana/AP)
Philippe Lazzarini, au centre, commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), parle lors d'une conférence de presse dans la zone de Balakhiya du camp de réfugiés de Shati, dans la bande de Gaza, le 12 octobre 2021. (Crédit : Adel Hana/AP)

Le Canada a annoncé avoir suspendu sans attendre ses financements versés à l’agence controversée chargée des réfugiés palestiniens des Nations unies, l’UNRWA. Douze membres de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine font en effet l’objet d’une enquête, soupçonnés d’avoir été impliqués dans l’attaque meurtrière commise le 7 octobre par le Hamas dans le sud d’Israël.

Le ministre du Développement international au Canada, Ahmed Hussen, a indiqué dans un post paru sur X qu’Ottawa « condamne sans ambiguïté l’attaque commise le 7 octobre contre Israël » et qu’il est « profondément troublé par les allégations qui concernent certains employés de l’UNRWA ».

« J’ai donné pour instruction à Global Affairs Canada de mettre en pause tous les financements supplémentaires à l’UNRWA sous réserve des résultats des investigations », a-t-il ajouté.

Hussen a aussi publié une déclaration qui salue l’enquête ouverte par l’UNRWA et qui indique que les fonds donnés par le Canada seront dorénavant acheminés « par le biais d’autres partenaires ».

« Alors que l’UNRWA lance son enquête, le Canada ne réduira pas son soutien à la population de Gaza. Le Canada continuera à travailler avec d’autres partenaires pour fournir une assistance vitale aux civils de Gaza », a dit la déclaration.

Au mois de juin dernier, le Canada avait annoncé faire un don de 100 millions de dollars à l’UNRWA sur quatre ans pour « des programmes déterminants soutenant l’éducation fondamentale, la santé, les services sociaux, les opportunités d’emploi et la protection des droits des réfugiés palestiniens », selon un reportage du National Post.

« Le gouvernement italien a suspendu le financement de l’@UNRWA après l’atroce attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre. Des pays alliés ont récemment pris la même décision. Nous sommes engagés à fournir de l’aide humanitaire à la population palestinienne, en protégeant la sécurité d’Israël », a annoncé samedi le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani sur X.

Samedi, la ministre australienne des Affaires étrangères Penny Wong s’est dite « profondément préoccupée » par les accusations contre l’Unrwa. « Nous parlons avec nos partenaires et allons suspendre temporairement le versement des financements récents », a-t-elle écrit sur le réseau social X. »Nous saluons la réponse immédiate de l’Unrwa, y compris la résiliation de contrats (de membres du personnels, ndlr) ainsi que l’annonce d’une enquête sur les accusations envers l’organisation », a-t-elle poursuivi. Elle a souligné l’impact du « travail vital » de l’Unrwa pour les habitants de Gaza et « les plus de 1,4 million de Palestiniens qui s’abritent actuellement dans ses installations ».

Le Royaume-Uni « est consterné par les accusations selon lesquelles des employés de l’Unrwa ont participé à l’attaque du 7 octobre contre Israël », a écrit le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. « Le Royaume-Uni suspend temporairement tout financement futur de l’Unrwa pendant que nous examinons ces accusations préoccupantes », a-t-il ajouté.

« Les allégations selon lesquelles le personnel de l’UNRWA serait impliqué dans les attaques terroristes du 7 octobre en Israël sont extrêmement préoccupantes. La Finlande suspendra temporairement le financement de l’UNRWA et suivra les résultats de l’enquête indépendante », écrit le ministre finlandais du Commerce extérieur et du Développement, Ville Tavio. « La Finlande n’accorde pas d’aide qui profite au Hamas », a-t-il souligné.

Pour sa part, le Premier ministre écossais Humza Youssef a semblé apporter son soutien à Lazarini.
« La population de Gaza est en train de mourir dans le cadre d’une catastrophe humanitaire et tous les Gazaouis ne peuvent pas être collectivement punis », a écrit Youssef, dont l’épouse est originaire de Gaza, sur X.

« Nous sommes extrêmement choqués », a déclaré samedi le ministre néerlandais du Commerce et du développement Geoffrey van Leeuwen, en annonçant le gel de tout financement à l’Unrwa. « L’accusation consiste à dire que l’attaque perpétrée le 7 octobre a été commise avec l’argent de l’Onu, avec notre argent », a-t-il commenté.

L’Allemagne a aussi annoncé samedi qu’elle suspendait son financement à l’UNRWA. C’est le dernier pays de l’Union européenne (UE) en date à retirer son financement. « Tant que ce ne sera pas éclairci, l’Allemagne, en accord avec les autres pays donateurs, ne va pas donner temporairement son aval pour de nouveaux moyens pour l’Unrwa à Gaza », ont annoncé samedi soir les ministères allemand des Affaires étrangères et du Développement. « Pour le moment, de toute façon, il n’y avait aucun engagement en attente », ont-ils précisé.

Ces déclarations surviennent plusieurs heures après l’annonce, par Washington, de la suspension d’un financement important à l’organisation, alors que l’agence avait indiqué avoir licencié « plusieurs » employés qui sont accusés par Israël d’avoir été impliqués dans l’assaut sans précédent du 7 octobre.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, s’est entretenu avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres afin de « souligner le besoin d’une enquête rapide et approfondie sur cette question ».

Une femme porte un bébé dans la cour de récréation d’une école de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, transformée en abri pour les Palestiniens déplacés par la guerre entre Israël et le Hamas, le 25 octobre 2023. (Crédit : Mahmoud HAMS / AFP)

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a lui souligné que l’agence jouait « un rôle vital ». Il a indiqué attendre « la pleine transparence » et des « mesures immédiates » avant de prendre une décision.

Israël aurait fourni à l’UNRWA des informations soulignant la participation active de certains de ses employés en plus de l’utilisation des véhicules et des structures de l’Office lors de l’attaque meurtrière. « Des renseignements solides et corroborés », a confié un responsable israélien à Axios, qui a ajouté « qu’un grand nombre de renseignements » avaient été collectés auprès des terroristes capturés le 7 octobre.

Le gouvernement veut s’assurer que l’agence « ne fera pas partie » de la solution d’après guerre dans ce territoire palestinien, a indiqué Israël Katz, espérant « faire cesser » toutes ses activités. Il a appelé les autres donateurs à suivre le mouvement et favoriser des agences « sincèrement dédiées à la paix et au développement ».

Le leader de l’opposition israélienne Yaïr Lapid a jugé sur X le temps venu de « créer une alternative qui n’éduquera pas des générations de Palestiniens à la haine ». Les manuels qu’utilisent les écoles de l’agence onusienne controversée sont en effet largement accusés de véhiculer l’antisémitisme et la propagande anti-israélienne.

« Pour protéger les capacités de l’agence à délivrer de l’aide humanitaire, j’ai décidé de résilier immédiatement les contrats de ces membres du personnel et d’ouvrir une enquête », selon le chef de l’agence onusienne controversée, Philippe Lazzarini, dans un communiqué. « Tout employé qui a été impliqué dans des actes de terrorisme devra en répondre, y compris à travers des poursuites judiciaires ».

« Il est choquant de voir la suspension des fonds en réaction à des allégations contre un petit groupe d’employés », compte tenu des mesures déjà prises et du rôle de l’agence dont « dépendent 2 millions de personnes pour leur simple survie », a déclaré Philippe Lazzarini dans un communiqué.

Suite à ce tweet, Katz a réagi sur X dans un post lapidaire réclamant sa démission.

« M. Lazzarini, veuillez démissionner », a écrit Katz.

Contacté par l’AFP, Johann Soufi, avocat international et ex-directeur du bureau juridique de l’Unrwa à Gaza, a défendu la « politique de tolérance zéro pour la violence et l’incitation à la haine » de l’agence.

« Sanctionner l’Unrwa, qui maintient difficilement en vie toute la population de Gaza, pour la responsabilité alléguée de quelques salariés, revient à punir collectivement la population gazaouie qui vit dans des conditions humanitaires catastrophiques ».

A LIRE : Quel futur pour les réfugiés de la bande de Gaza ?

L’Unrwa a besoin « d’un soutien maximal » et « non qu’on lui coupe soutien et assistance », a indiqué samedi sur X le ministre des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne (AP) Hussein al-Cheikh.

« Nous appelons les pays qui ont annoncé la cessation de leur soutien à l’Unrwa à revenir immédiatement sur leur décision, qui implique des risques graves » pour l’assistance humanitaire, a ajouté Cheikh, également secrétaire général du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Ni l’AP, ni l’OLP n’ont condamné les massacres du 7 octobre.

Les relations entre Israël et l’Unrwa s’étaient encore dégradées cette semaine, lorsque l’ONU a accusé deux chars israéliens d’avoir tiré sur un de ses refuges à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, abritant des dizaines milliers de déplacés. Treize personnes ont été tuées et plus de 56 blessées, dont 21 dans un état critique, selon l’agence.

L’Unrwa avait dénoncé une « violation flagrante des règles fondamentales de la guerre ». L’armée israélienne avait fait état d’un « examen approfondi » de ses opérations, sans écarter la possibilité d’une frappe du Hamas.

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