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Après une nuit de débats, la Knesset approuve le budget 2023-2024

Les élus ont fini par adopter une feuille de route fiscale décriée comme "imprudente" par l'opposition, qui condamne les affectations spéciales pour les ultra-orthodoxes

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, des députés et des ministres après que la Knesset a adopté le budget 2023-2024, à Jérusalem, le 23 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, des députés et des ministres après que la Knesset a adopté le budget 2023-2024, à Jérusalem, le 23 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les législateurs de la Knesset ont approuvé les budgets de l’État pour 2023 et 2024 aux premières heures de la matinée de mercredi, mettant fin à des mois de querelles au sein de la coalition sur les priorités de financement qui avaient menacé de mettre en péril le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les dirigeants de l’opposition ont critiqué mercredi matin le budget de l’État adopté par le gouvernement à l’issue d’une session marathon de la Knesset, accusant la coalition au pouvoir de ne pas s’être attaquée au coût de la vie et d’avoir affecté des fonds à des causes qui menacent l’intérêt national.

Après une liste apparemment interminable d’objections formulées par l’opposition dans l’espoir de retarder la procédure, les députés ont finalement voté pour approuver les dernières parties du budget biennal juste après 6 heures du matin mercredi, mettant fin à une nuit blanche mouvementée en plénière.

Les législateurs ont voté 64-55 selon les lignes de la coalition sur les deux dernières lectures pour le budget 2023, le budget 2024 et pour un projet de loi établissant la politique de financement.

Le vote permet à Netanyahu et à son gouvernement de disposer de 18 mois supplémentaires avant que la Knesset ne doive approuver un nouveau budget, éliminant ainsi le plus grand point de discorde interne de la coalition.

« C’est un bon budget, il servira les citoyens d’Israël », a assuré le ministre des Finances Bezalel Smotrich à la tribune de la Knesset après le vote, sous les acclamations et les applaudissements des législateurs de la coalition qui se sont levés ensemble en signe d’unité.

Tout en passant sous silence les pressions internes, Smotrich a déclaré que le budget avait survécu à « d’énormes pressions de la part de parties intéressées, à des grèves irresponsables et à des campagnes médiatiques », mais que le gouvernement « n’avait pas capitulé ».

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich à la Knesset à Jérusalem, le 23 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

C’est un « bon budget » qui « met l’accent sur la croissance, les infrastructures, l’encouragement des investissements dans les hautes technologies, l’agriculture, les investissements massifs dans le système de santé, qui a été négligé pendant des années, les investissements massifs dans la souveraineté et la défense, ainsi que les investissements massifs dans l’enseignement supérieur et dans tous les aspects du système éducatif », a déclaré Smotrich.

« Nous avons gagné les élections, nous avons adopté un budget, nous passons à quatre bonnes années », a tweeté Netanyahu à l’issue du vote.

Alors que la Knesset commençait à voter le budget, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Jérusalem, brandissant des drapeaux israéliens et accusant le gouvernement « de piller » les caisses de l’État. Les manifestants ont également critiqué le fait que le budget accorde des milliards de shekels de subventions à la communauté ultra-orthodoxe, tout en donnant le droit aux hommes de cette communauté de ne pas travailler et de ne pas faire leur service militaire.

Avec la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt, et la dévaluation du shekel ces derniers mois, un budget prévoyant des « moteurs de croissance » aurait été préférable à des « transferts d’argent » vers les institutions ultra-orthodoxes, a déclaré à l’AFP Asher Blass, professeur d’économie au Ashkelon Academic College.

Il a souligné que la situation budgétaire du pays « a déjà été pire ». « Mais la trajectoire n’est pas bonne », a-t-il ajouté.

Des Israéliens protestent contre une proposition de budget à Jérusalem, mardi 23 mai 2023. (Crédit : AP/Mahmoud Illean)

À l’approche de la session législative, le Premier ministre a cherché à donner une image de stabilité pour remplacer les querelles de ces dernières semaines, en remerciant ses partenaires de coalition de s’être unis pour soutenir le budget de près de 998 milliards de shekels, qui comprend des milliards de financement pour des intérêts sectoriels.

« Ce gouvernement durera quatre ans », a promis Netanyahu à la Knesset.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le plénum de la Knesset lors d’un débat et d’un vote sur le budget de l’État, le 23 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Toutefois, le processus budgétaire a de nouveau mis en évidence les divergences au sein du gouvernement, le plus à droite de l’Histoire d’Israël, des membres de trois partis ayant publiquement retiré leur soutien au budget à moins que des fonds supplémentaires ne leur soient alloués. Deux des trois questions ont été résolues lundi.

Netanyahu et Smotrich ont obtenu les derniers votes nécessaires à l’adoption du budget de l’État lundi en promettant au parti d’extrême droite Otzma Yehudit d’injecter jusqu’à 250 millions de shekels dans un ministère détenu par le parti qui soutient le développement dans les régions du Néguev et de la Galilée. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et chef d’Otzma Yehudit avait menacé de quitter la coalition si ses demandes n’étaient pas satisfaites.

Ces accords leur ont permis de rester juste en dessous du plafond budgétaire obligatoire de 998 milliards de shekels, ce qui aurait risqué de prolonger le processus en exigeant un retour devant les commissions de la Knesset pour approuver les changements.

Certains ont accusé Netanyahu d’aller beaucoup trop loin pour apaiser les partis ultra-orthodoxes, au détriment du grand public, alors que le pays est confronté à l’inflation et à un coût de la vie élevés.

L’opposition a concentré ses critiques sur l’allocation par Netanyahu de milliards de fonds discrétionnaires à ses alliés ultra-orthodoxes et d’extrême droite, qui menaçaient de voter contre le budget et de déclencher des élections anticipées.

« Pendant que vous dormiez, [la coalition] a adopté le budget le plus mauvais et le plus destructeur de l’histoire du pays », a déploré le chef de l’opposition, Yair Lapid.

« Ce gouvernement est terrible pour l’économie. Il a dit qu’il réduirait le coût de la vie, mais il n’y a rien en lien avec le coût de la vie dans ce budget. Il n’y a aucune réforme visant à réduire le coût de la vie », a déploré Lapid.

« Ce budget est imprudent, c’est un désastre pour l’économie israélienne et pour la société israélienne, et il viole le contrat social avec l’État d’Israël que nous, nos enfants et les enfants de nos enfants paieront », a-t-il déclaré.

« C’est un budget qui encourage les gens à ne pas suivre un enseignement supérieur, ne pas travailler, ne pas soutenir financièrement leurs enfants », a-t-il ajouté. Selon lui, le projet de budget ne prévoit pas « de moteur de croissance, de remède contre la hausse du coût de la vie, seulement de l’extorsion sans fin ».

Le chef de l’opposition Yair Lapid prononce un discours dans le plénum de la Knesset lors du débat sur le budget, le 23 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Benny Gantz, chef du parti d’opposition HaMahane HaMamlahti, a aussi averti que « les citoyens d’Israël paieront le prix » d’un budget qui « donne la priorité aux tractations politiques et repose sur des pots-de-vin ».

« Le pays a été pris en otage par une coalition extrémiste qui sacrifie l’économie et la société sur l’autel politique », a-t-il déclaré. « Il s’agit d’un budget antisocial, antipatriotique et anti-leadership. C’est un puits sans fond, et après l’avoir creusé, Netanyahu a laissé entrer ses partenaires et leur a permis de creuser encore plus profond. Aujourd’hui est un jour triste pour le pays ».

Le député Benny Gantz à la Knesset à Jérusalem, le 23 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a salué « l’aube d’un nouveau jour, avec de nombreuses bonnes nouvelles ».

Ben Gvir, qui dirige le parti d’extrême droite Otzma Yehudit, a vanté une « augmentation de 9 milliards de shekels pour le ministère de la Sécurité nationale, comme nous l’avions promis – une augmentation d’environ 20 % pour les officiers de police, le recrutement de milliers d’officiers et de gardiens de prison, et la création d’une garde nationale, ainsi que de bonnes nouvelles pour les résidents du Néguev et de la Galilée ».

Il a fait allusion au fait que les demandes de son parti pour plus de budget font partie d’une tentative de renforcer la présence juive dans le Néguev et la Galilée dans le sud et le nord d’Israël, respectivement, des régions qui abritent d’importantes communautés arabes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir à la Knesset, aux côtés d’autres chefs de partis de la coalition, avant le vote du budget de l’État 2023-2024, le 23 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

À l’approche de la date butoir du 29 mai pour l’adoption du budget ou la convocation de nouvelles élections, Netanyahu s’est démené ces dernières semaines pour répondre aux exigences de ses partenaires de coalition, ne concluant que quelques accords lundi pour pouvoir procéder au vote, qui a commencé mardi en fin de journée.

Sur les 13,7 milliards de shekels de dépenses discrétionnaires, 3,7 milliards de shekels seront consacrés à l’augmentation du budget des allocations pour les étudiants à plein temps des yeshivot haredi qui bénéficient déjà d’une exemption du service militaire.

Une autre enveloppe de 1,2 milliard de shekels est prévue pour les établissements d’enseignement haredi privés et donc non supervisés par l’État, dont beaucoup n’enseignent pas les matières profanes telles que les mathématiques et l’anglais, tandis que des fonds supplémentaires seront alloués au système d’enseignement haredi officiel, ainsi qu’à la construction de bâtiments à des fins religieuses et à la promotion de la culture et de l’identité haredi et un programme de coupons alimentaires.

Netanyahu et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, ont également convenu de financer l’augmentation des allocations versées aux étudiants des yeshivot à hauteur de 250 millions de shekels, en utilisant les fonds excédentaires laissés par les écoles ultra-orthodoxes.

Le député Moshe Gafni à la Knesset à Jérusalem, le 23 mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cet accord, qui a permis d’apaiser la rébellion d’une partie des politiciens ultra-orthodoxes, comprenait également l’autorisation de verser rétroactivement une bourse aux étudiants des yeshivot, comme si le financement s’appliquait à partir du début de l’année 2023.

Le député Moshe Gafni, l’un des dirigeants du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, a sans surprise, assuré aussi qu’il s’agissait « bon budget, responsable, dans l’intérêt des citoyens du pays ».

« Maintenant, notre tâche est de réduire le coût de la vie et de s’attaquer aux prix du logement pour le bien de tous les citoyens, et avec l’aide de Dieu, nous y parviendrons », a-t-il ajouté.

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