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Arabie: premier excédent budgétaire en presque 10 ans, « grâce » à la guerre en Ukraine

Le ministre des Finances a expliqué que l'excédent reflétait les investissements réalisés dans ses secteurs pétrolier et gazier, ainsi que la croissance des secteurs non pétroliers

Riyad, en Arabie saoudite, en 2018. (Crédit : B.alotaby / CC BY-SA 4.0)
Riyad, en Arabie saoudite, en 2018. (Crédit : B.alotaby / CC BY-SA 4.0)

L’Arabie saoudite a annoncé mercredi son premier excédent budgétaire depuis près de dix ans, dépassant ses propres prévisions, dans une année marquée par la flambée des prix du pétrole liée à la guerre en Ukraine.

La puissante monarchie pétrolière du Golfe n’avait pas engrangé d’excédent budgétaire annuel depuis 2013, son économie ayant été considérablement affectée par la chute des prix de l’or noir à partir de l’année suivante.

En 2022, l’excédent s’est élevé à 102 milliards de riyals saoudiens (environ 26 milliards d’euros), soit 2,6 % du PIB, a indiqué le ministère saoudien des Finances.

L’année dernière, les autorités avaient dit escompter pour 2022 un excédent de 90 milliards de riyals saoudiens.

Une flamme de gaz à proximité de l’usine de traitement de pétrole Khurais dans une zone où des opérations sont élargies, à environ 95 kilomètres au sud est de Riyad, en Arabie saoudite, le 23 juin 2008 (AP Photo/Hasan Jamali)

Le premier exportateur mondial de pétrole brut a également enregistré une croissance annuelle du PIB de 8,5 %, supérieure aux 7,6 % prévus par le Fonds monétaire international (FMI), a précisé le ministère.

Le budget approuvé pour 2023 prévoit un excédent retombant à 16 milliards de riyals saoudiens (environ 4 milliards de dollars) et une croissance du PIB de 3,1 %, selon des chiffres officiels.

Cette annonce est survenue au moment où le reste du monde fait face à de nombreux défis avec des poussées inflationnistes généralisées et des craintes de récession.

L’Arabie saoudite a grandement bénéficié de la flambée des cours du pétrole dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février dernier. Au deuxième trimestre de 2022, les revenus de l’or noir avaient bondi de 90 % par rapport à la même période de 2021.

Les prix du pétrole ont depuis considérablement baissé malgré la décision prise en octobre par les pays exportateurs de l’Opep+, menés par Ryad et Moscou, de réduire la production de deux millions de barils par jour.

Mardi, le baril de référence américain West Texas Intermediate a terminé à 74,25 dollars, en baisse de 3,5%, soit son plus bas niveau à la clôture cette année.

Selon les économistes, l’Arabie saoudite a besoin d’un cours du brut d’environ 80 dollars le baril pour équilibrer son budget.

« Risque »

Mercredi, le ministre des Finances, Mohammed al-Jadaan, a rejeté l’idée que l’Arabie saoudite ait bénéficié de la guerre en Ukraine.

Lors d’une rencontre avec des journalistes à Ryad, il a expliqué que l’excédent budgétaire reflétait plutôt les investissements réalisés par le royaume dans ses secteurs pétrolier et gazier, ainsi que la croissance des secteurs non pétroliers.

Barils de pétrole. Illustration (Crédit : Wikipédia)

« Nous avons investi beaucoup d’argent contrairement à d’autres », a-t-il déclaré.

« Nous avons travaillé pour réduire nos dépenses, pour augmenter nos revenus non pétroliers », a-t-il ajouté.

Ces dernières années, l’Arabie saoudite a adopté des mesures exceptionnelles pour réduire ses dépenses, en limitant certaines subventions et en augmentant la TVA. Le pays a également investi en masse pour diversifier son économie, trop dépendante du pétrole.

Mais l’excédent budgétaire et la croissance économique reste « bien sûr directement liés aux prix élevés de l’énergie », souligne Robert Mogielnicki du centre de réflexion Arab Gulf States Institute, basé à Washington.

« Mais il faut reconnaître à l’Arabie saoudite son assainissement budgétaire et ses réformes économiques », ajoute-t-il.

Les chiffres annoncés mercredi restent « proches du niveau initialement prévu dans le budget », fait remarquer Justin Alexander, directeur du cabinet de conseil Khalij Economics.

« Par conséquent, presque toutes les recettes exceptionnelles provenant de la hausse des prix du pétrole ont été dépensées », observe-t-il.

Selon lui, les projections des autorités suggèrent que « ces niveaux de dépenses vont se poursuivre dans les années à venir, ce qui crée un risque si les prix du pétrole déçoivent ».

Selon le ministre des Finances, l’excédent sera distribué au cours du premier trimestre de 2023, la majorité étant destinée à augmenter les réserves du royaume.

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