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Arrestation du leader de Massive Attack pour son soutien à un groupe anti-Israël interdit

Robert Del Naja dénonce un "autoritarisme burlesque" lors d'une manifestation en faveur de Palestine Action, interdite au Royaume-Uni

Le leader de Massive Attack, Robert Del Naja, tient une pancarte sur laquelle on peut lire « Je m'oppose au génocide, je soutiens Palestine Action », le 11 avril 2026, en solidarité avec le groupe anti-israélien interdit car répertorié comme organisation terroriste après avoir pénétré dans des usines de défense et une base de la Royal Air Force en faisant des millions de livres de dégâts et en agressant un policier. (Capture d'écran via La Jornada sur YouTube)
Le leader de Massive Attack, Robert Del Naja, tient une pancarte sur laquelle on peut lire « Je m'oppose au génocide, je soutiens Palestine Action », le 11 avril 2026, en solidarité avec le groupe anti-israélien interdit car répertorié comme organisation terroriste après avoir pénétré dans des usines de défense et une base de la Royal Air Force en faisant des millions de livres de dégâts et en agressant un policier. (Capture d'écran via La Jornada sur YouTube)

Le leader du groupe britannique de trip-hop Massive Attack, Robert Del Naja, fait partie des personnes interpelées lors d’une manifestation londonienne, samedi dernier, pour avoir témoigné de son soutien à Palestine Action, le groupe anti-Israël désigné organisation terroriste par les autorités du Royaume-Uni suite à ses intrusions dans des usines de Défense.

« Je suis témoin d’abus autoritaristes burlesques », a-t-il dit. « C’est du vandalisme — pas un crime, pas comme ceux commis contre le peuple palestinien, et aujourd’hui le peuple libanais, le peuple iranien, et ainsi de suite. »

« Nous estimons être de bonnes personnes. Mais nous sommes aussi du côté de ceux qui tirent des missiles, pas de celui sur lesquels les missiles sont pointés », a ajouté Del Naja, alors même que les guerres à Gaza et au Liban ont toutes deux commencé du fait d’organisations soutenues par l’Iran qui ont tiré des roquettes sur Israël, et que l’Iran a tiré près de 650 missiles balistiques sur Israël lors de la dernière guerre, avant l’actuel cessez-le-feu.

Le groupe Palestine Action est interdit par les autorités du Royaume-Uni depuis juillet dernier, depuis que le groupe a fait irruption dans des usines de Défense et une base de la Royal Air Force, en faisant des millions de livres de dégâts et en agressant un policier à coups de marteau. Depuis cette interdiction, il est criminel et passible d’un maximum de 14 années de prison d’appartenir ou de soutenir ce groupe.

À la mi-février, la High Court [NDLT : Cour suprême] de Londres a contesté l’interdiction suite à un recours contre la décision des autorités, au motif qu’elle portait atteinte à la liberté d’expression. La police métropolitaine de Londres a suspendu les arrestations suite à la décision de la Cour avant d’annoncer leur reprise, fin mars, le gouvernement ayant fait appel de cette dernière décision.

« Je pense que les actions de Palestine Action sont on ne peut plus patriotiques car elles entendent protéger notre pays contre les crimes de guerre graves et autres violations du droit international », a déclaré Del Naja à la Press Association avant son arrestation, selon The Guardian. « Peut-on être plus patriote que ça ? »

Suite à leur acquittement du chef d’accusation de cambriolage aggravé, six militants de Palestine Action font face à un nouveau procès pour plusieurs chefs d’accusation liés à leur intrusion, en 2024, dans les locaux de l’usine d’Elbit au Royaume-Uni. Ce nouveau procès, qui devrait avoir lieu en février 2027, portera sur des accusations pénales au sujet desquelles le jury n’est pas parvenu à un verdict.

Le premier verdict s’est attiré de nombreuses critiques de la part de la police, des parlementaires et des groupes communautaires juifs.

Des manifestants anti-Israël brandissant une banderole en soutien au groupe Palestine Action devant le Royal Courts of Justice, la Haute Cour britannique, à Londres, le 13 février 2026. (Crédit : Ben Stansall/AFP)

Dans une déclaration publiée lundi sur son compte Instagram, Del Naja a écrit : « Tout au long du génocide israélien à Gaza, la plupart des gens, moi y compris, ont eu l’impression de sombrer peu à peu dans la folie. Comment le monde, à commencer par le gouvernement britannique, a-t-il pu laisser faire une chose pareille ? »

Israël rejette vigoureusement toute accusation de « génocide » ou de crimes de guerre dans son action militaire : elle affirme ne jamais cibler de civils et faire au contraire en sorte de minimiser les pertes civiles, sans compter l’entrée de l’aide humanitaire pendant une grande partie de la guerre à Gaza.

Del Naja a poursuivi : « Ce sentiment de folie a été aggravé par l’attitude inexplicable de nombreux médias britanniques (y compris de la BBC) qui ont refusé de dire qui commettait toutes ces atrocités. C’est Israël, tout le monde sait que c’est Israël. Pourquoi ne pas l’avoir dénoncé ? »

On ignore à ce stade à quelle attitude se réfère précisément Del Naja.

Un homme — sur le sweat-shirt duquel on peut voir l’État d’Israël avec des territoires disputés, rassemblés sous le terme générique de « Palestine » — est escorté par la police alors que des manifestants se rassemblent pour réclamer la levée de l’interdiction du groupe anti-Israël Palestine Action lors d’une manifestation à Trafalgar Square, dans le centre de Londres, le 11 avril 2026. (CARLOS JASSO / AFP)

« Au sujet de cette folie, en Grande-Bretagne en 2026 on peut se faire arrêter en vertu de la loi sur le terrorisme pour avoir gardé le silence et tenu une pancarte en carton indiquant que vous vous opposez au génocide et que vous soutenez des actions non violentes pour l’empêcher », a-t-il déclaré.

« Evidemment, tout le monde sait que c’est de la folie (à commencer par nombre de policiers qui ont procédé à des interpellations et les juges de la Cour qui les ont récemment déclarées illégales), et pourtant, d’une manière ou d’une autre, cela continue », a poursuivi Del Naja.

« Tout le monde sait aussi que le profond désespoir des militants de ‘Palestine Action’ qui ont vandalisé des matériels militaires n’est en rien du terrorisme. Personne n’y croit », a-t-il estimé.

Cela fait maintenant des années que le groupe de Del Naja, Massive Attack, prend ouvertement position contre Israël. Il s’est d’ailleurs joint l’an dernier à une initiative visant à s’opposer à la diffusion de leurs morceaux en Israël et à les faire retirer de Spotify en raison des investissements dans une start-up européenne de Défense de la part du fondateur de la plateforme de streaming.

Le groupe, formé à Bristol en 1988, a prévu une tournée en Europe cet été.

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