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Un gynécologue arrêté après 15 plaintes pour viol et harcèlement

Trois victimes âgées d'une vingtaine d'années ont porté plainte contre Guy Rofe, populaire sur Instagram ; un autre gynécologue a été condamné pour avoir violé deux patientes

Le gynécologue Guy Rofe. (Crédit : Facebook)
Le gynécologue Guy Rofe. (Crédit : Facebook)

Un gynécologue réputé de Haïfa a été arrêté lundi soir pour suspicion de viols après que de multiples témoignages de femmes ont émergé la semaine dernière.

Guy Rofe, 44 ans, a été arrêté après que trois anciennes patientes âgées d’une vingtaine d’années ont déposé des plaintes pour viol, harcèlement sexuel et actes indécents, a indiqué la police israélienne dans un communiqué.

« En fonction de l’évolution de l’enquête et de ses conclusions, la police décidera s’il convient de prolonger la détention provisoire du suspect devant le tribunal de première instance de Haïfa », précise le communiqué.

Au moins 15 femmes ont récemment témoigné sur les réseaux sociaux ou dans les médias israéliens. Rofe procédait selon une tactique habituelle lors de laquelle il leur envoyait de manière obsessionnelle des messages privés à caractère sexuel, tout en franchissant par ailleurs les limites lors des consultations.

A pregnant woman gets an ultrasound checkup. Could rocket attacks have had an adverse effect on pregnancies in the cities hardest hit, raising stress levels and causing miscarriages? (photo credit: Shay Levy/Flash90)
Echographie d’une femme enceinte. Illustration. (Crédit : Shay Levy/Flash90)

Il touchait les patientes contre leur gré, leur insérait des doigts, les poussait à l’embrasser, à se déshabiller ou à subir des mammographies inutiles, leur faisait des avances sexuelles et, dans un cas, a proposé à une femme un poste de secrétaire qui l’obligeait à avoir régulièrement des rapports sexuels avec lui.

Rofe, qui cumule des dizaines de milliers de followers sur Instagram et qui a rédigé de nombreuses publications devenues virales dans le domaine de la gynécologie, a informé toutes ses patientes dimanche qu’il se retirait de la profession « pour circonstances personnelles. » Il n’a pas précisé s’il s’agissait d’une pause ou s’il cessait d’exercer indéfiniment.

L’avocat de Rofe, Zion Amir, a refusé de commenter l’arrestation. Il a précédemment décrié les « faux » témoignages comme une « chasse aux sorcières » contre son client.

L’une des femmes qui a porté plainte auprès de la police a déclaré se sentir « immensément soulagée » depuis l’arrestation.

La femme, qui a été nommée dans la presse sous le pseudonyme d’Avigail, a déclaré qu’elle était « agréablement surprise » du sérieux avec lequel la police traitait l’affaire, appelant davantage de victimes à déposer des plaintes officielles.

Dans une affaire distincte, un gynécologue de 63 ans de la ville de Yafa an-Naseriyye, en Galilée, près de Nazareth, a été condamné la semaine dernière pour deux chefs d’accusation de viol et un chef d’accusation d’actes indécents et de harcèlement sexuel commis en 2015-2016.

Elias Khoury, qui a 25 ans d’expérience, est l’ancien directeur-adjoint du service de gynécologie de l’hôpital Sainte-Famille de Nazareth et possède une clinique privée dans sa ville natale sous les auspices de la caisse de santé Clalit.

Deux femmes d’une vingtaine d’années ont déclaré que M. Khoury avait effectué des tests sans leur couvrir le corps et s’était livré à des actes abusifs, en posant des questions non pertinentes et indiscrètes et en faisant des commentaires non professionnels sur leur corps.

Les juges du tribunal de district de Haïfa ont noté la « grave mauvaise gestion » de l’affaire. En effet, Khoury a été autorisé à continuer à exercer après le dépôt de la première plainte contre lui. Certains enregistrements de Khoury et de ses victimes ont par ailleurs disparu.

Ils ont déclaré avoir été convaincus de la culpabilité de Khoury « au-delà de tout doute raisonnable » après qu’il eut fait des déclarations « absurdes » lors de son témoignage au tribunal.

L’avocat de Khoury, Avigdor Feldman, a accusé les juges d’avoir ignoré les « problèmes de crédibilité » des témoignages des accusatrices, d’avoir publié un résumé « unilatéral » du verdict dans la presse et d’avoir cru les femmes uniquement par crainte d’une réaction publique.

« La conclusion est que dans l’ère MeToo, il n’y a aucune chance que le tribunal le croie et décide que la plaignante a menti », a-t-il déclaré.

Les deux victimes ont déclaré au site d’information Walla qu’elles n’étaient pas venues au tribunal pour entendre le verdict car c’était trop difficile émotionnellement pour elles et qu’elles se battent depuis des années pour pouvoir passer à autre chose.

L’une d’entre elles a déclaré que l’affaire les avait même amenés, elle et son mari, au bord du divorce, après qu’elle a porté plainte auprès de la police, malgré les pressions exercées par son mari pour qu’elle ne le fasse pas.

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