Assouplissement du confinement dans le pays et des restrictions à Bnei Brak
Rechercher

Assouplissement du confinement dans le pays et des restrictions à Bnei Brak

Un confinement partiel reste en place et la population est seulement autorisée à aller au travail et à mener des activités essentielles

Une femme est en poste à un point de contrôle improvisé dans le village Druze de Majdal Shams dans le plateau du Golan le 9 avril 2020. (JALAA MAREY / AFP)
Une femme est en poste à un point de contrôle improvisé dans le village Druze de Majdal Shams dans le plateau du Golan le 9 avril 2020. (JALAA MAREY / AFP)

Ce vendredi matin, à 6h, le confinement de quatre jours imposant aux Israéliens de rester chez eux s’est achevé. Les responsables appellent pourtant les citoyens à ne pas baisser la garde sur les efforts de distanciation sociale afin de limiter la propagation du coronavirus.

À Bnei Brak, les résidents ont vu un léger assouplissement des mesures de confinement encore plus drastiques qu’ailleurs dans le pays qui leur étaient imposées. Pour la première fois en une semaine, les habitants sont autorisés à sortir de la ville pour travailler et pour certaines activités essentielles.

De mardi soir à vendredi matin, tous les Israéliens ont eu l’interdiction de se déplacer d’une ville à l’autre. Le gouvernement craignait que la population ne se déplace pour la fête de Pessah, ce qui aurait pu conduire à une recrudescence des cas de virus alors que les chiffres semblaient diminuer. À Jérusalem, les résidents étaient confinés dans une des sept zones distinctes qui partageaient la ville.

On dénombre 10 000 cas confirmés de coronavirus dans le pays, dont 92 personnes qui en sont décédées, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Ces derniers jours, des officiels ont commencé à évoquer la possibilité de réduire les restrictions plus tard dans le mois, si le taux d’infection continuait à baisser.

Un couvre-feu très strict mis en place mercredi soir, qui imposait aux Israéliens de rester à 100 mètres de leur domicile, a été levé jeudi matin.

Des Israéliens jouent au tennis sur une route déserte lors du confinement décrété par le gouvernement afin d’aider à limiter la propagation du coronavirus à Ramat Gan, à côté de Tel Aviv, en Israël, le jeudi 9 avril 2020. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Ynet a indiqué que pendant la fête mercredi et jeudi, la police a distribué plusieurs centaines d’amendes aux personnes contrevenant aux restrictions de mouvement, selon les médias israéliens.

Dans un communiqué annonçant la levée prochaine du confinement et la décision du gouvernement d’assouplir la quarantaine de Bnei Brak, le ministère de la Santé a appelé les Israéliens à prolonger les régulations de distanciation sociale et à ne pas faire preuve de laxisme.

« Le danger du coronavirus n’a pas disparu. Nous avons tous vu ce qui se passait dans d’autres pays à travers le monde, a déclaré le ministre de la Santé dans un communiqué, faisant probablement référence aux pays d’Asie de l’Est qui ont vu une résurgence du virus après avoir assoupli les restrictions. « Une ouverture graduelle de l’économie ne sera possible que si nous respectons tous les règles, malgré les difficultés. »

Un Juif ultra-orthodoxe traverse une rue déserte après les mesures prises par le gouvernement pour limiter la propagation du coronavirus à Bnei Brak, le mercredi 8 avril 2020. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Le communiqué indiquait qu’une décision concernant des mesures spéciales pour Jérusalem, où la majorité des infections a été enregistrée dans les quartiers ultra-orthodoxes de la ville, serait bientôt annoncée.

Selon les règles en vigueur vendredi, les Israéliens peuvent se déplacer pour le travail ou des activités essentielles, comme acheter de la nourriture ou des médicaments, mais ils ne peuvent pas s’éloigner à plus de 100 mètres de leur domicile. Les rassemblements de plus de deux personnes sont interdits. Les gens sont aussi censés porter des masques quand ils sont dehors, mais l’application de cette mesure ne doit pas entrer en vigueur avant dimanche.

À Bnei Brak, les résidents seront désormais autorisés à sortir de la ville pour le travail, des traitements médicaux, transporter les enfants chez le conjoint pour les parents séparés, des enterrements de parents proches et « d’autres activités nécessaires approuvées à l’avance », a déclaré le ministère de la Santé dans un message envoyé tôt vendredi.

Des Juifs ultra-orthodoxes prient pendant le confinement décrété par le gouvernement pour aider à limiter la propagation du coronavirus à Bnei Brak, le 8 avril 2020. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

La ville ultra-orthodoxe de 200 000 habitants, la première en confinement total en Israël, a connu des taux d’infection plus élevés que nulle part ailleurs. Alors que la ville compte une démographie cinq fois moins élevée qu’à Jérusalem, elle a connu presque autant d’infections que dans la capitale, qui arrive en tête du pays avec 1 630 cas confirmés, selon les chiffres publiés jeudi.

Des responsables de la santé avaient préconisé que le confinement national soit prolongé jusqu’à la fin de Pessah, le 15 avril. Le ministère des Finances s’est opposé à cette mesure, en prévenant des dégâts durables pour l’économie si les restrictions restaient en place plus longtemps.

À Bnei Brak, les résidents avaient l’interdiction stricte de quitter la ville depuis vendredi dernier, avec une présence massive de policiers et de soldats pour faire appliquer les restrictions et pour aider les personnes dans le besoin.

Un agent israélien de la police des Frontières contrôle les documents d’un automobiliste à un barrage situé à la sortie de la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 3 avril 2020. (Crédit : Gili Yaari /Flash90)

Le maire Avraham Rubinstein et les résidents se sont plaints de ces restrictions, malgré le grand nombre de cas enregistrés dans le pays.

Certains membres des communautés ultra-orthodoxes dans le pays avaient au départ ignoré les directives imposant de fermer les écoles, les synagogues et d’éviter les rassemblements, conduisant à la création de larges foyers de contamination au sein de la communauté.

Des officiels estiment que le nombre réel de personnes infectées à Bnei Brak est de plusieurs fois le décompte officiel. Vendredi, une initiative a été lancée pour tester au hasard environ 1500 résidents et avoir une idée réelle de la situation sanitaire dans la ville.

La police contrôles des automobilistes sur un barrage improvisé sur la route 1 autour de Jérusalem, le 7 avril 2020. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Des officiels craignaient que les Israéliens ne puissent pas résister à la tentation de sortir pendant Pessah, conduisant potentiellement à une nouvelle vague d’infection alors que le pays cherche à limiter la propagation du virus.

Le ministère des Finances a rapidement publié un communiqué rejetant la possibilité d’une telle prolongation.

« Clarification : les limitations mises en place pendant la fête sur les lieux de travail seront levées demain comme prévu », a déclaré un porte-parole du ministère dans un communiqué. « La situation reviendra aux restrictions en place à la veille de Pessah. »

L’autoroute déserte d’Ayalon à Tel Aviv, le 8 avril 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« En ce qui concerne les informations au sujet d’une prolongation de la fermeture nationale actuelle : le chef du Conseil national de sécurité a informé le directeur-général du ministère des Finances que, pour l’instant, nous aurons demain un retour à la situation qui était en place avant la veille de Pessah, comme prévu. »

Ces derniers jours, Israël a enregistré un ralentissement du nombre de nouveaux cas confirmés et de patients nécessitant d’être placés sous respirateur. Lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que le gouvernement pourrait assouplir certains restrictions plus tard la semaine prochaine.

Une policière israélienne et des soldats israéliens portent des masques et des gants sur un barrage routier lors du confinement décrété par le gouvernement pour limiter la propagation du coronavirus à Tel Aviv, le jeudi 9 avril 2020. (Crédit : AP Photo / Oded Balilty)

Le plan de sortie, supervisé par le Conseil national de sécurité, verrait une levée graduelle des restrictions – tant que les taux d’infection resteraient sous contrôle, selon la Douzième chaîne. Cela pourrait inclure une augmentation du nombre d’employés autorisés à travailler en dehors de chez eux (différents modèles de travail par tours ou par jours alternatifs sont envisagés) ; un retour des enfants avec des besoins spéciaux vers des institutions éducatives, puis une réouverture des écoles maternelles ; une levée des restrictions pour les citoyens – selon la zone et l’âge ; et finalement un assouplissement des limites sur la distance des déplacements (fixée actuellement à 100 mètres des domiciles des citoyens).

Des gens attendent devant le supermarché Rami Levy à Jérusalem, le 7 avril 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les centres commerciaux, les lieux de divertissements et les événements ne devraient pas reprendre leurs activités dans la foulée, a annoncé la Douzième chaîne.

Point négatif, des officiels du ministère de la Santé estiment qu’Israël ne pourra pas tester 10 000 personnes par jour pour le virus à court terme en raison d’une pénurie de réactif.

Dans le monde, les virus a coûté la vie à plus de 95 000 personnes, avec plus de 1,6 millions de cas recensés, dont la plupart aux Etats-Unis et en Europe, selon le décompte de l’université Johns Hopkins.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...