Attentat de la rue des Rosiers : le Crif reçu par l’ambassadrice de Norvège
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Attentat de la rue des Rosiers : le Crif reçu par l’ambassadrice de Norvège

Actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt international, l’un des suspects de l’attentat vit aujourd’hui en Norvège

Le président du CRIF, Francis Kalifat, lors du 32e dîner du CRIF, en février 2017. (Crédit: CRIF)
Le président du CRIF, Francis Kalifat, lors du 32e dîner du CRIF, en février 2017. (Crédit: CRIF)

Francis Kalifat, président du Crif, a été reçu par l’ambassadrice de Norvège, Oda Helen Sletnes, « au sujet de la demande d’extradition par la France d’un des terroristes présumés de l’attentat de la rue des Rosiers », a annoncé ce lundi le Crif sur son site Internet.

Actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Walid Abdulrahman Abou Zayed, alias « Souhail Othman », vit à Skien, dans le sud-ouest d’Oslo, en Norvège. En raison de sa nationalité norvégienne acquise en 2002, la procédure est bloquée, son pays n’extradant pas ses ressortissants et refusant toute extradition ou arrestation du suspect. L’homme est âgé de 54 ans et est père de quatre enfants.

Selon le Crif, Francis Kalifat a ainsi exprimé à l’ambassadrice « la nécessité de justice et la vive émotion des familles des victimes de l’attentat ». « Il était accompagné par Guy Benarousse, blessé lors de l’attentat, qui a exprimé à l’ambassadrice sa frustration de savoir qu’un terroriste présumé peut vivre tranquillement dans un pays pourtant lui-même frappé par le terrorisme, et conscient de l’importance de juger les auteurs d’actes de terrorisme lorsque cela est possible. »

Les secours et la police rue des Rosiers, à Paris, après un attentat qui a fait six morts et 22 blessés, le 9 août 1982. (Crédit : Jacques Demarthon/AFP)

Le 9 août 1982, à la mi-journée, une grenade avait été jetée dans le restaurant de Jo Goldenberg, lieu emblématique de la rue des Rosiers dans le Marais, explosant au milieu d’une cinquantaine de clients.

Deux tueurs étaient ensuite entrés, ouvrant le feu, tuant six personnes : Mohamed Bennemou, André Hezkia Niego, Grace Cuter, Anne Van Zanten, Denise Guerche, Rossignol, et Georges Demeter. 22 autres personnes ont été blessées durant cette attaque.

L’opération avait été attribuée à un groupe palestinien dissident de l’OLP, le Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, décédé en 2002 dans des circonstances mystérieuses. Les suspects, identifiés grâce à des témoignages anonymes, sont soupçonnés d’avoir appartenu au groupe d’Abou Nidal.

Composé de trois à cinq hommes armés, le commando avait ensuite remonté la rue, vidant en direction des passants les chargeurs de leurs pistolets-mitrailleurs.

En 2017, à la veille du 35e anniversaire de l’attentat, des associations avaient demandé aux autorités françaises de se mobiliser pour obtenir l’extradition des suspects de l’attentat de la rue des Rosiers.

En 2015, le juge anti-terroriste Marc Trévidic avait délivré quatre mandats d’arrêts contre l’organisateur présumé de l’attentat et trois membres possibles du commando qui avait mené cet assaut dans le quartier juif historique de la capitale française le 9 août 1982.

« Ces demandes n’ont pas été satisfaites. 35 ans après les faits, les victimes restent donc dans l’attente d’un procès », regrettaient alors le Crif et l’Association française des victimes du terrorisme.

La justice jordanienne avait rejeté la demande d’extradition de ses deux ressortissants d’origine palestinienne, Souhair Mouhamed Hassan Khalid al-Abassi, alias « Amjad Atta », présenté comme le cerveau de cette attaque, et Nizar Tawfiq Mussa Hamada, membre présumé du commando.

La devanture du restaurant Chez Jo Goldenberg, deux jours après un attentat par des hommes armés palestiniens, le 11 août 1982. (Crédit : AFP/Joël Robine)

Outre Walid Abdulrahman Abou Zayed qui vit en Norvège, la justice française recherche aussi Mahmoud Khader Abed Adra, alias « Hicham Harb », qui vit aujourd’hui en Cisjordanie.

Les deux associations avaient appelé « les autorités françaises à tout mettre en œuvre auprès de leurs homologues norvégiens, jordaniens et palestiniens pour que les suspects soient entendus en France par le juge en charge du dossier et que la justice puisse travailler en toute indépendance et en dehors de toute considération politique. »

« Pendant ce temps, dans le quartier du Marais, les traces de l’attentat s’effacent », avait noté le Crif. « Le restaurant de Jo Goldenberg a fermé ses portes en 2006, remplacé par une boutique de vêtements en 2010. Seule une plaque commémorative, apposée en 2011 en remplacement de la précédente inaugurée en 1983 par François Mitterrand et disparue en 2007, conserve la mémoire de cet évènement tragique. Et, 36 ans après les faits, les victimes restent toujours dans l’attente d’un procès. »

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