Au moins 11 morts dans les frappes sur la Syrie, dont peut-être 7 Iraniens
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Au moins 11 morts dans les frappes sur la Syrie, dont peut-être 7 Iraniens

L'identité des étrangers tués dans les frappes n'a pas été encore formellement confirmée : la Russie dénonce les actions israéliennes, les qualifiant de "mauvaise décision"

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un tank M109 israélien stationné près de la frontière avec la Syrie dans les hauteurs du Golan, annexées par Israël, le 19 novembre 2019, après que les défenses aériennes israéliennes ont intercepté quatre roquettes tirées de la Syrie voisine. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)
Un tank M109 israélien stationné près de la frontière avec la Syrie dans les hauteurs du Golan, annexées par Israël, le 19 novembre 2019, après que les défenses aériennes israéliennes ont intercepté quatre roquettes tirées de la Syrie voisine. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

Au moins 11 « combattants » ont été tués dans des frappes aériennes menées par Israël sur la Syrie avant l’aube mercredi. Sept d’entre eux seraient Iraniens, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’aviation militaire israélienne a frappé des cibles iraniennes et syriennes autour de Damas et du plateau du Golan syrien en riposte à un tir de roquettes mardi matin.

L’armée a indiqué avoir pris pour cible des dizaines de sites liés aux forces al-Quds de la République islamique, dont un situé près de l’aéroport international de Damas, qui servait à coordonner l’acheminement d’équipements militaires de l’Iran vers la Syrie, puis d’autres pays de la région.

« Nous avons frappé un bâtiment occupé par des Iraniens à l’aéroport de Damas. Nous estimons que des Iraniens ont été tués et blessés », a ainsi déclaré un cadre de la défense s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Il a ajouté qu’Israël avait détruit six batteries de défense aérienne syrienne, et aussi de nombreux bâtiments sur des bases militaires syriennes qui sont contrôlés par la force al-Quds des Gardiens de la Révolution islamique iranienne.

On peut voir une grande explosion qui frappe Damas. Les images auraient été enregistrées dans la nuit de mardi à mercredi, le 20 novembre 2020. (Capture d’écran)

Israël a souvent conseillé au dictateur syrien Bachar al-Assad de ne pas intervenir lors des frappes israéliennes sur des cibles iraniennes dans son pays, ou sinon son armée serait également visée, comme cela a été le cas mercredi.

D’après l’OSDH, basé au Royaume-Uni, 11 personnes ont été tués dans cette frappe, dont sept étaient des étrangers. Même si l’on présume qu’il s’agit d’Iraniens, l’Observatoire n’a pas été en mesure de le confirmer pour l’instant.

Quatre civils ont été blessés, a-t-il ajouté.

Des images vidéos provenant de Syrie montrent un missile de défense aérienne syrien s’écraser dans une zone fortement peuplée peu après son lancement, ce qui pourrait expliquer certaines des victimes blessées.

Mercredi, la Russie a condamné Jérusalem pour ces frappes. Moscou soutient le régime Assad et a déjà critiqué les attaques aériennes israéliennes dans le pays par le passé, notamment celles visant les bases militaires syriennes en plus des sites iraniens.

Le vice-ministre des Affaires étrangères russe, Mikhail Bogdanov, les a qualifiées de « mauvaise décision » en « contradiction totale » avec le droit international, a rapporté Interfax.

Il a ajouté que Moscou avait contacté ses alliés concernant cet incident.

Mercredi matin, l’armée israélienne a indiqué avoir coordonné ses frappes avec la Russie.

L’armée a également déclaré qu’elle se préparait à d’éventuelles ripostes iraniennes.

« Nous nous préparons aussi bien à nous défendre qu’à attaquer. Nous répondrons à toute tentative de riposte », a déclaré Hidai Zilberman, un porte-parole de l’armée, aux journalistes mercredi matin.

« Nous nous sommes préparés à trois scénarios : aucune réponse, une réponse mineure et une réponse plus importante », a-t-il précisé.

Israël a répété, à de nombreuses reprises, qu’il n’acceptera pas une implantation militaire iranienne en Syrie et qu’il ripostera à toute attaque sur l’Etat juif depuis le territoire syrien.

D’après Hidai Zilberman, l’armée israélienne avait ciblé aussi bien « l’hôte, la Syrie, que l’invité, l’Iran ».

« Notre message aux responsables iraniens est simple : vous n’êtes plus immunisés. Dès que vous avancerez vos tentacules de pieuvre, nous les couperons », a menacé le nouveau ministre de la Défense, Naftali Bennett.

De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir au sujet des frappes : « J’ai clairement fait savoir que nous attaquerons toute personne qui nous attaque. C’est ce que nous avons fait dans la nuit sur des cibles militaires iraniennes de la force al-Quds et des cibles militaires syriennes. »

Le commandant des forces Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Soleimani. (Crédit : Wikipedia / CC BY 4.0)

La force al-Quds fait partie du corps des Gardiens de la Révolution iranienne responsable des opérations extérieures. Il s’agit d’un acteur clef en Syrie – à la fois contre les rebelles et dans l’effort de Téhéran de s’implanter le long de la frontière israélienne et d’y menacer l’Etat juif depuis cette position.

Tôt mardi matin, le système de défense anti-aérienne d’Israël a intercepté quatre roquettes tirées depuis la Syrie vers le plateau du Golan.

Les roquettes ont déclenché les sirènes d’alerte dans le nord du plateau du Golan et la région de Galilée à 4 heures 52. Les habitants se sont précipités vers les abris anti-bombe.

La semaine dernière, des médias syriens officiels ont rapporté qu’une frappe israélienne avait frappé la maison d’un haut responsable du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien à Damas, Akram al-Ajouri, tuant son fils et une autre personne. Le Jihad islamique a accusé Israël d’être à l’origine de la frappe à Damas. L’armée israélienne a refusé de commenter l’information.

Le même jour, une frappe israélienne a tué le commandant militaire du Jihad islamique Baha Abu Al-Ata, qu’Israël considérait comme responsable de récents tirs de roquettes sur son territoire, dans une frappe sur sa maison à Gaza. Environ 450 roquettes ont été tirées sur Israël depuis la bande de Gaza en représailles de l’opération militaire contre Abu Al-Ata, selon l’armée israélienne. À son tour, Tsahal a visé des cibles du Jihad islamique. Un cessez-le-feu entre Israël et le Jihad islamique a été obtenu après 50 heures d’affrontements, mais l’accord reste fragile.

Israël a mené des centaines de frappes aériennes en Syrie contre des cibles iraniennes au cours des dernières années, mais ne les a généralement pas commentées. L’Iran a des forces basées en Syrie, le voisin nord d’Israël, et soutient le Hezbollah et des groupes terroristes à Gaza.

En août, dans une rare annonce, l’armée israélienne a reconnu avoir ciblé des sites à Aqrabah, dans le sud-est de Damas, à proximité de l’aéroport de la ville. Les frappes visaient à empêcher ce qui devait être une attaque imminente de drones armés sur Israël. Des combattants soutenus par l’Iran avaient été chargés de mener l’attaque.

En janvier, Israël aurait mené une attaque de missile en plein jour sur des cibles iraniennes cachées dans l’aéroport. L’Iran avait riposté par un tir de missile sol-sol sur le plateau du Golan, lequel avait été intercepté par le système de défense du Dôme de Fer au-dessus de la station de ski du Mont Hermon, selon l’armée.

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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