Rechercher

Aubervilliers : L’EHESS vandalisé, notamment avec des inscriptions antisémites

Des portes ont été défoncées, des casiers forcés, du matériel informatique volé ou endommagé, des vitrines brisées, et des tags et des inscriptions antisémites ont été constatés

Des dégradations à l’EHESS, à Aubervilliers, en avril 2022. (Crédit : EHESS 2022)
Des dégradations à l’EHESS, à Aubervilliers, en avril 2022. (Crédit : EHESS 2022)

L’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), a été occupée plusieurs jours ce mois-ci par des individus se présentant comme des étudiants, jusqu’à leur départ le week-end dernier.

Suite à cette occupation, L’Express a rapporté que les locaux du campus Condorcet avaient été gravement dégradés, avec notamment des portes défoncées, des casiers forcés, du matériel informatique volé ou endommagé, des vitrines brisées, des livres et dossiers éparpillés, ainsi que des tags et des inscriptions antisémites.

« Mon bureau de chercheur a été entièrement dévasté et deux graffitis affichant le mot ‘youtre’ ont été relevés. Ce qui nous renvoie aux heures sombres de notre pays », a déclaré à L’Express Christophe Prochasson, président de l’EHESS.

« Je ne sais pas si on peut qualifier tous ces individus d’étudiants », a-t-il ajouté. « Je parlerais plutôt d’un mouvement de vandales qui vise à détruire l’intelligence, la recherche et la formation avec une espèce de nihilisme proprement sidérant. »

Le montant des dégradations s’élèverait à plusieurs centaines de milliers d’euros, selon la direction de l’EHESS.

Selon Caroline Callard, directrice d’études à l’EHESS, l’occupation du campus « se passait bien » jusqu’au 20 avril quand, lors d’une assemblée générale rassemblant une cinquantaine d’étudiants, « des personnes, venues de l’extérieur, ont investi brutalement l’AG et fait voter l’occupation ».

« Certains jeunes, cagoulés et masqués, ont incité les personnels à sortir du bâtiment. Il y a eu un petit moment de flottement lorsque, dans la panique, les grilles ont été fermées. Finalement, celles-ci ont été rouvertes et ceux qui le souhaitaient ont pu partir », explique-t-elle.

Le mouvement étudiant se donnait comme objectif de dénoncer la montée de l’extrême droite en France et la situation précaire de l’enseignement supérieur.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...