Aux funérailles d’Adiel Kolman, Israël promet de construire davantage
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Aux funérailles d’Adiel Kolman, Israël promet de construire davantage

Le ministre de l’Agriculture et le maire de Jérusalem ont souligné son travail sur le site archéologique de la Cité de Davis tandis que ses proches ont évoqué sa nature aimante

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

  • Famille et amis assistent aux funérailles d'Adiel Kolman, 32 ans, père de quatre enfants dans l'implantation de Kochav HaShahar en Cisjordanie le 19 mars 2018 (Hadas Parush/Flash90).
    Famille et amis assistent aux funérailles d'Adiel Kolman, 32 ans, père de quatre enfants dans l'implantation de Kochav HaShahar en Cisjordanie le 19 mars 2018 (Hadas Parush/Flash90).
  • Famille et amis assistent aux funérailles d'Adiel Kolman, 32 ans, père de quatre enfants dans l'implantation de Kochav HaShahar en Cisjordanie le 19 mars 2018 (Hadas Parush/Flash90).
    Famille et amis assistent aux funérailles d'Adiel Kolman, 32 ans, père de quatre enfants dans l'implantation de Kochav HaShahar en Cisjordanie le 19 mars 2018 (Hadas Parush/Flash90).
  • Des personnes en deuil assistent aux funérailles d'Adiel Kolman dans l'implantation de Kochav HaShahar, en Cisjordanie, le 19 mars 2018. (Hadas Parush/Flash90)
    Des personnes en deuil assistent aux funérailles d'Adiel Kolman dans l'implantation de Kochav HaShahar, en Cisjordanie, le 19 mars 2018. (Hadas Parush/Flash90)
  • Des personnes en deuil assistent aux funérailles d'Adiel Kolman dans l'implantation de Kochav HaShahar, en Cisjordanie, le 19 mars 2018. (Hadas Parush/Flash90)
    Des personnes en deuil assistent aux funérailles d'Adiel Kolman dans l'implantation de Kochav HaShahar, en Cisjordanie, le 19 mars 2018. (Hadas Parush/Flash90)

KOCHAV HASHAHAR, Cisjordanie — Des centaines de personnes se sont réunies lundi dans l’implantation de Kochav HaShahar, dans le centre de la Cisjordanie, lors des funérailles d’Adiel Kolman, assassiné lors d’un attentat à l’arme blanche dans la Vieille Ville de Jérusalem il y a vingt-quatre heures.

En plus des éloges funèbres prononcés par les membres de la famille, ce père de quatre enfants, âgé de 32 ans, a également été commémoré par le ministre de l’Agriculture Uri Ariel et le maire de Jérusalem Nir Barkat, qui ont mis en exergue le travail de Kolman sur le site archéologique de la Cité de David, à Jérusalem-est.

« Notre revanche, c’est l’implantation et c’est notre attachement ferme à la terre », a déclaré Ariel.

« J’espère que nous continuerons à faire avancer les constructions à Jérusalem et en Judée et Samarie et que nous prendrons une décision claire, celle qu’il n’y aura qu’un seul Etat souverain entre le fleuve Jourdain et la mer méditerranée – l’Etat d’Israël ».

« Cette terre est la nôtre. Nous l’avons reçue de Dieu, béni soit-il », a ajouté le ministre issu du parti HaBayit HaYehudi.

Adiel Kolman, qui a été tué lors d’une attaque au couteau dans la vieille ville de Jérusalem le 19 mars 2018 (Autorisation).

Le maire de Jérusalem a promis, de même, à continuer les constructions en réponse à l’attentat terroriste.

« Ils ont réussi hier à faire du mal à Adiel. Notre chagrin est profond et dur mais ils ne réussiront jamais à nous détourner de notre chemin », a commenté Barkat. « Nous, à Jérusalem, sommes déterminés à ne rien changer à notre quotidien et à continuer à construire à Jérusalem comme sur la terre d’Israël ».

Pour sa part, la famille de Kolman a souligné ses qualités personnelles, racontant des histoires sur sa manière de chercher à aider les autres.

« Nous aurions aimé plus. Nous voulons plus de tout ce qui est bon… Profiter encore de ta douceur – plus. Mais non. Dieu donne et Dieu reprend. C’était le moment pour toi », a dit la mère de Kolma, Yael.

« Mais tu vas manquer aux enfants », a-t-elle ajouté.

« Les enfants ! » a crié cette mère en deuil une deuxième fois, fondant en larmes ainsi que de nombreuses personnes présentes.

Assise à côté de l’une de ses filles, la mère de Kolman a rappelé que cette dernière devait se marier dans un mois. « Nous ne nous laisserons pas abattre par eux. La nuit dernière, nous avons décidé que nous continuerions », a-t-elle dit.

La mère de Kolman, Yael Kolman, a expliqué à la chaîne Hadashot que son fils, qui travaillait sur des fouilles archéologiques, n’avait pas peur de travailler dans le quartier musulman de la Vieille Ville malgré les dangers.

« Même s’il travaillait dans un endroit dangereux, il n’exprimait aucune crainte, aucune inquiétude », a-t-elle dit. Elle a ajouté que même si Adiel avait été formé dans l’éducation spécialisée, il participait à des fouilles dans la Vieille Ville.

« Il nous a beaucoup parlé récemment comme s’il savait qu’il allait partir », a-t-elle ajouté.

La mère en deuil s’est souvenue comment, en entendant parler de l’attentat à l’arme blanche à la radio, elle a tourné le bouton parce qu’elle avait connu d’autres victimes du terrorisme et qu’elle trouvait trop bouleversant d’écouter les informations.

Ce n’est que plus tard dans la journée que son époux l’a informée que son fils avait été poignardé.

« C’était une grande âme, nous l’appelions ‘le joyau’ », a-t-elle continué. « Il était social, aimant et chaleureux. Dieu cueille les plus belles fleurs ».

« Nous essaierons de nous tenir aux côtés des enfants et de compenser l’absence de leur père », a-t-elle dit, évoquant ses petits-enfants.

Yael Kolman a expliqué qu’elle tirait son inspiration de Miriam Peretz, éminente éducatrice et lauréate, lundi, du Prix d’Israël. Peretz a perdu deux de ses fils au combat au cours d’événements séparés lorsqu’ils étaient dans l’armée israélienne.

S’exprimant au micro de la radio militaire, Meir Kolman, frère de la victime, a déclaré que cette attaque au couteau était un rappel de la situation sécuritaire générale d’Israël.

« C’est ici un incident qui raconte notre histoire en tant que peuple – ils sont venus et ils ont tué un homme adorable – il ne faut pas oublier que nous sommes en guerre contre eux », a-t-il dit.

Ephraim Cohen s’est souvenu de son beau-fils comme d’un « mensch » et l’a comparé à une « offrande » sacrificielle amenée pour la fête de Pessah, à la fin du mois.

Famille et amis assistent aux funérailles d’Adiel Kolman, 32 ans, père de quatre enfants dans l’implantation de Kochav HaShachar en Cisjordanie le 19 mars 2018 (Hadas Parush/Flash90).

« Tu montais depuis la cité de David (quand tu as été tué) et maintenant encore, tu montes là-bas comme une offrande sacrificielle », a-t-il dit.

Tzofiah, la sœur de Kolman, s’est souvenue avoir dansé avec son frère lors de son mariage, parlant de son sourire et de son rire contagieux.

« Dis à Dieu : ‘C’est assez’, », a-t-elle déclaré en s’adressant à feu son frère. « Cela ne correspond pas à la famille Kolman d’être une famille en deuil… Demandons tous la rédemption ».

Cet habitant de Kochav HaShahar avait été grièvement blessé lors de l’attentat terroriste survenu dans l’après-midi de dimanche. Des témoins ont déclaré qu’il avait lutté contre son agresseur jusqu’à l’arrivée de la police.

Le tueur a été identifié sous le nom d’Abd al-Rahman Bani Fadel, un homme de 28 ans et père de deux enfants qui habitait le village d’Aqraba, à proximité de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, a fait savoir le Shin Bet. Il a essuyé les tirs mortels des agents de police arrivés sur les lieux de l’attentat, rue Hagai, dans le quartier musulman de la Vieille Ville.

Kolman avait été évacué vers l’hôpital Shaare Zedek, dans la capitale. Il a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

Les agents de sécurité sur les lieux où un garde de sécurité a été attaqué et grièvement blessé lors d’un attentat terroriste dans la vieille ville de Jérusalem, le 18 mars 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Kolman avait initialement été identifié comme étant un garde de la sécurité dans la Vieille Ville. Néanmoins, des amis avaient déclaré plus tard qu’il travaillait à des fouilles archéologiques lancées dans la Cité de David depuis cinq ans.

Dans la nuit de dimanche, les services de sécurité du Shin Bet ont révélé que Fadel était entré en Israël avec un permis de cinq jours qui lui avait été octroyé pour trouver un travail.

Le père palestinien de deux enfants n’avait pas de liens connus avec les organisations terroristes palestiniennes – si tel avait été le cas, il n’aurait pas bénéficié d’un permis de travail – mais, au vu de l’attentat, le Shin Bet a indiqué qu’il avait rouvert une enquête.

Banales dans la Vieille Ville dans le passé, les attaques au couteau sont devenues plus rares ces derniers mois. Toutefois, les tensions n’ont cessé de s’accroître autour de Jérusalem depuis que le président américain Donald Trump a reconnu la ville en tant que capitale israélienne au mois de décembre. Ce mois-ci, il a également fait savoir que l’ambassade américaine serait transférée de Tel Aviv à Jérusalem, le 14 mai.

Vendredi, deux soldats israéliens — Ziv Daos, 21 ans et Netanel Kahalani, 20 ans — ont été tués et deux autres militaires ont été blessés après qu’un Palestinien a projeté sa voiture dans le groupe qu’ils formaient alors qu’ils se tenaient aux abords d’un poste d’observation militaire, le long de l’autoroute, à proximité de l’implantation de Mevo Dotan dans le nord de la Cisjordanie.

Le sergent Netanel Kahalani, à gauche, et le capitaine Ziv Daos, à droite, sont les soldats tués dans une attaque terroriste présumée le 16 mars 2018. (Courtoisie)

Alexander Fulbright a contribué à cet article.

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