Avant la prochaine guerre, Tsahal se prépare à des tirs de roquettes massifs
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‘Beaucoup de missiles voleront vers le front intérieur israélien’

Avant la prochaine guerre, Tsahal se prépare à des tirs de roquettes massifs

Une semaine après la frappe d’un jardin d’enfants à Sdérot par un missile tiré depuis Gaza, le Commandement de la Défense passive lance un exercice de grande ampleur pour se préparer à la prochaine attaque

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats des unités de recherche et sauvetage du Commandement de la Défense passive de l'armée israélienne courent sur la scène d'une fausse frappe de roquette pendant un exercice à grande échelle, à Zikim, près de la frontière de la bande de Gaza, le 3 juillet 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Des soldats des unités de recherche et sauvetage du Commandement de la Défense passive de l'armée israélienne courent sur la scène d'une fausse frappe de roquette pendant un exercice à grande échelle, à Zikim, près de la frontière de la bande de Gaza, le 3 juillet 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)

De la fumée, des explosions, de décombres, des cris, du sang. Loin dans le sud d’Israël, un immeuble résidentiel de Safed a été frappé par un missile porteur d’une tête d’une demi-tonne. Il n’y a pas eu de décompte immédiat des victimes, mais des vidéos ont été vues sur les réseaux sociaux de personnes bloquées dans l’immeuble effondré et sous les voitures.

Pas pour de vrai, bien sûr.

Il s’agissait d’un exercice de recherche et de secours du Commandement de la Défense passive de l’armée israélienne, sur leur base de Zikim, près de la frontière avec la bande de Gaza.

L’immeuble résidentiel frappé par un missile à « Safed » se trouve en réalité à plusieurs centaines de kilomètres de la vraie ville du nord d’Israël. Les explosions et la fumée ont été réalisées avec des moyens pyrotechniques. Le sang était faux, les cris aussi. Les décombres sont ici depuis des années, jouant le rôle de nombreuses villes israéliennes pour des exercices de recherche et de secours.

Des soldats des unités de recherche et sauvetage du Commandement de la Défense passive de l'armée israélienne nettoient des débris d'une fausse frappe de roquette pendant un exercice à grande échelle, à Zikim, près de la frontière de la bande de Gaza, le 3 juillet 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Des soldats des unités de recherche et sauvetage du Commandement de la Défense passive de l’armée israélienne nettoient des débris d’une fausse frappe de roquette pendant un exercice à grande échelle, à Zikim, près de la frontière de la bande de Gaza, le 3 juillet 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

L’exercice de dimanche était conçu à être aussi proche de la réalité que possible, avec de fausses alertes de sirènes de missiles hurlantes en bruit de fond, de faux journalistes interrogeant des secouristes, les moyens pyrotechniques déjà mentionnés et d’autres éléments utilisés pour reproduire une attaque.

« Cet exercice d’entraînement poussé comprenait aussi la participation d’officiers de l’armée, de la police, des pompiers et des services d’urgence du Magen David Adom », a déclaré au Times of Israël le général de brigade Dedi Simchi, chef du Commandement de la Défense passive, en marge de l’exercice.

Moins d’une semaine après qu’une vraie roquette tirée de Gaza a frappé un jardin d’enfants à Sdérot, des soldats ont pris part à un exercice important dimanche conçu pour imiter les conditions d’un tel accident.

Le jardin d'enfants de Sdérot touché par une frappe de roquette tirée depuis la bande de Gaza, le 1er juillet 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le jardin d’enfants de Sdérot touché par une frappe de roquette tirée depuis la bande de Gaza, le 1er juillet 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le calendrier était une coïncidence. L’exercice avait été planifié bien avant l’attaque de vendredi soir. Mais la frappe récente a démontré la nécessité de ce type d’entraînement.

A Gaza, au Liban, en Syrie ou en Iran, les menaces immédiates contre Israël viennent sous formes de roquettes, de missiles et d’obus de mortiers.

Alors qu’Israël possède l’un des meilleurs systèmes de défense anti-missile du monde, l’armée israélienne a souligné à plusieurs reprises que ces systèmes n’étaient pas une panacée, que pendant la prochaine guerre le pays devrait être prêt pour affronter des pertes civiles et des frappes sur les villes israéliennes.

« Pendant la prochaine guerre, nous avons déterminé que beaucoup de missiles de différents types et différentes tailles voleront vers le front intérieur israélien. Certains d’entre eux toucheront des zones résidentielles », a déclaré Simchi.

Le général de brigade Dedi Simchi, responsable du Commandement de la défense passive de l'armée israélienne, pendant une cérémonie militaire. Photographie non datée. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Le général de brigade Dedi Simchi, responsable du Commandement de la défense passive de l’armée israélienne, pendant une cérémonie militaire. Photographie non datée. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Israël peut être une société habituée à la guerre, la population civile israélienne n’a pas été sérieusement blessée pendant une guerre depuis des décennies.

Pendant la guerre de Gaza en 2014, six civils israéliens sont morts. Pendant la guerre de Kippour en 1973, probablement le moment où l’Etat juif a été le plus proche de la destruction, même si environ 2 500 soldats israéliens ont été tués pendant les combats, aucun civil israélien n’a été tué. La seule personne qui est morte loin des lignes de front pendant la guerre d’octobre était un pilote de l’armée de l’air qui a été tué quand un missile sol – sol syrien a touché la base de Ramat David, dans le nord d’Israël.

La plus grande guerre d’Israël où beaucoup de civils sont morts était en fait la première, 2 400 personnes non combattantes sont mortes pendant la guerre d’Indépendance.

Ces chiffres sont sans aucun doute un témoignage de la capacité de l’armée israélienne à protéger la population civile, mais ils peuvent aussi donner aux citoyens israéliens un faux sentiment de sécurité, un sentiment que le gratin de l’armée a cherché et cherche à modifier.

Devorah Israeli, de Nitzan, avec Idan, 8 ans, et Ron, 6 mois, dans un abri anti-bombes pendant l'opération Bordure protectrice, à l'été 2014. (Crédit : Mélanie Lidman/Times of Israël)
Devorah Israeli, de Nitzan, avec Idan, 8 ans, et Ron, 6 mois, dans un abri anti-bombes pendant l’opération Bordure protectrice, à l’été 2014. (Crédit : Mélanie Lidman/Times of Israël)

« Je ne pense pas que la population ne soit pas préparée. Mais je pense que nous devons ajuster les attentes des citoyens. Dans les trois guerres passées contre le Hamas à Gaza, les tirs de roquettes n’étaient pas si lourds », a-t-il déclaré.

Pendant un discours le mois dernier, le chef des renseignements militaires, le général Herzi Halevy a souligné l’importance de ces « attentes ».

« Pendant la guerre du Kippour, nous avons eu une personne [le pilote de l’armée de l’air] tuée sur le front intérieur par un missile syrien. La situation du prochain conflit sera complètement différente », a déclaré Halevy.

Ainsi, le chef d’Etat-major Gadi Eizenkot a ordonné au Commandement de la Défense passive de faire des efforts supplémentaires pour se préparer, lui-même et le pays, à des attaques, a déclaré Simchi.

« Nous savons que le front intérieur va être secondaire dans chaque guerre. S’il doit y avoir une guerre au nord ou au sud, le front intérieur israélien sera touché avec des roquettes », a déclaré Simchi.

Des soldats des unités de recherche et sauvetage du Commandement de la Défense passive de l'armée israélienne portent une civière pendant un exercice à grande échelle, à Zikim, près de la frontière de la bande de Gaza, le 3 juillet 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Des soldats des unités de recherche et sauvetage du Commandement de la Défense passive de l’armée israélienne portent une civière pendant un exercice à grande échelle, à Zikim, près de la frontière de la bande de Gaza, le 3 juillet 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

En plus des exercices à grande échelle, comme celui de dimanche, cela a entraîné un dialogue avec les services de secours du pays et ses agences gouvernementales pour assurer que tout le monde sache qui était responsable de quoi pendant une urgence, une situation à laquelle Israël n’a pas toujours excellé.

« Aujourd’hui il y a des accords, écrits et signés, entre le Commandement de la Défense passive et les Autorités d’urgence nationale, des accords écrits et signés entre le Commandement de la Défense passive et la police israélienne. Nous sommes prêts », a déclaré Simchi.

Des soldats des unités de recherche et sauvetage du Commandement de la Défense passive de l'armée israélienne nettoient des débris d'une fausse frappe de roquette pendant un exercice à grande échelle, à Zikim, près de la frontière de la bande de Gaza, le 3 juillet 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Des soldats des unités de recherche et sauvetage du Commandement de la Défense passive de l’armée israélienne nettoient des débris d’une fausse frappe de roquette pendant un exercice à grande échelle, à Zikim, près de la frontière de la bande de Gaza, le 3 juillet 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

« Il n’y a aucun doute que depuis la deuxième guerre du Liban, tout ce qui touche au front intérieur et la préparation en cas d’urgence s’est grandement amélioré. »

Par exemple, Simchi a cité, dans les 10 années écoulées depuis ce conflit, la précision du système d’alerte anti-missile d’Israël qui a augmenté d’un facteur 10. Alors que le pays était autrefois séparé en 25 zones d’alerte, il y en a à présent 250, a dit Simchi, et il y a des projets pour améliorer encore la précision du système.

En plus des améliorations militaires, les villes israéliennes elles-mêmes sont plus préparées aux attaques de roquettes, a noté le général de brigade.

« Environ 93 % des autorités locales sont en ‘bonne’ condition, ce qui est défini comme étant capable de gérer des menaces et de savoir comment fournir une réponse [au désastre] », a-t-il déclaré.

« Il y a beaucoup à faire, mais nous en avons fait beaucoup. Nous avons une très bonne tendance à l’amélioration. »

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