Avant le nouveau confinement, 3 182 nouveaux cas de COVID-19 en Israël, lundi
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Avant le nouveau confinement, 3 182 nouveaux cas de COVID-19 en Israël, lundi

Pour le chef du ministère de la Santé, une sortie de confinement pourra être envisageable lorsque le nombre de nouveaux malades sera descendu à 1 000 par jour

Des agents du Magen David Adom portant des vêtements de protection comme mesure préventive contre le coronavirus, vus lors de l'évacuation d'un homme suspecté de coronavirus à l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 30 mars 2020. (Yossi Zamir/Flash90)
Des agents du Magen David Adom portant des vêtements de protection comme mesure préventive contre le coronavirus, vus lors de l'évacuation d'un homme suspecté de coronavirus à l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 30 mars 2020. (Yossi Zamir/Flash90)

Selon les chiffres du ministère de la Santé rendus publics lundi matin, le pays a enregistré 3 182 nouveaux cas de coronavirus et neuf personnes ont succombé des suites de la maladie dans la journée de dimanche. Le bilan des décès du coronavirus s’élève à 1 126 alors que le pays se prépare à connaître un nouveau confinement national pour la seconde fois.

Le nombre total de cas, depuis le début de la pandémie, est de 158 823.

115 128 personnes ont guéri.

Il y a actuellement 40 561 cas actifs du virus au sein de l’Etat juif. Le nombre de malades dans un état grave est de 529. 135 personnes ont été placées sous respirateur, 214 sont dans un état modéré et les autres personnes atteintes présentent des symptômes légers, voire une version asymptomatique de la maladie.

Le nombre de tests effectués dimanche a été le même que samedi – 28 156 – mais il est en baisse par rapport à la moyenne d’environ 40 000 tests par jour, la semaine dernière.

L’échec israélien à contenir une recrudescence de l’épidémie de coronavirus a entraîné le cabinet à approuver un confinement national de trois semaines au cours des prochaines fêtes juives.

Le police vue à l’entrée du quartier ultra-orthodoxe de Ramot à Jérusalem alors qu’Israël a commencé à appliquer un couvre-feu nocturne, le 8 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le confinement entrera en vigueur dès vendredi à 14 heures – quelques heures avant le début de Rosh HaShana.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué que, selon les nouvelles restrictions, les Israéliens ne pourront se déplacer dans un périmètre de plus de 500 mètres de chez eux, sauf pour répondre à des besoins essentiels – comme l’achat de produits alimentaires et de médicaments. Les écoles fermeront leurs portes dès vendredi et les employés des secteurs privé et public seront également soumis à des limitations.

Les supermarchés, les pharmacies et autres commerces essentiels pourront continuer leurs activités et les livraisons seront autorisées.

Pour sa part, l’armée israélienne a annoncé, dimanche soir, que plusieurs éminents généraux – dont le général de division Yitzhak Turgeman, à la tête de l’administration technologique et logistique de Tsahal, et le général de brigade Tarif Bader, médecin en chef – avaient été placés en quatorzaine après avoir été en contact avec un officier qui, depuis, a été testé positif au coronavirus.

Un rapport émis par le ministère de la Santé, samedi, a indiqué que 978 personnes avaient reçu l’ordre de se mettre à l’isolement depuis le 1er juillet après avoir développé des symptômes ou après avoir été en contact avec des porteurs connus du COVID-19 (la quarantaine dure habituellement de 12 à 14 jours après le dernier contact avec un malade identifié ou 48 heures après la disparition d’une température élevée dont l’origine n’a pas été diagnostiquée).

Selon un reportage diffusé samedi par la Douzième chaîne, des responsables du ministère de la Santé cherchent actuellement à modifier les critères des diagnostics positifs dans un contexte d’inquiétudes portant sur l’interprétation actuelle des tests PCR – excessivement sensible et susceptible de fournir trop souvent des faux positifs.

Une technicienne effectue un test de diagnostic pour le coronavirus dans un laboratoire de l’hôpital Ichilov, à Tel Aviv, le 3 août 2020. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Ces critères créent une image déformée et inexacte des niveaux d’infection, craignent les responsables de la Santé qui réexaminent les possibilités de modification des procédures.

Deux ministres – Chili Tropper, à la Culture, et Yoaz Hendel, aux Communications – se sont placés à l’isolement samedi après avoir été exposés à des porteurs confirmés du coronavirus.

Vendredi, d’importantes personnalités des affaires ont averti Netanyahu qu’un nouveau confinement national serait un désastre pour l’économie locale et de nombreuses entreprises ont menacé de défier les ordonnances de fermeture et de continuer leurs activités quoi qu’il arrive.

Le directeur-général du ministère de la Santé, Chezy Levy, a déclaré lundi que le gouvernement pourrait alléger le confinement national lorsque le nombre quotidien d’infections au coronavirus baisserait à 1 000 par jour, tout en reconnaissant que les critères définitifs concernant un assouplissement des mesures devaient encore être finalisés.

S’exprimant devant les caméras de la chaîne Kan, Levy a expliqué que le confinement du pays se terminerait lorsqu’il y aurait une baisse notable du taux de morbidité.

« Nous voudrions arriver à 500 cas par jour, mais il est clair que cela n’arrivera pas à l’heure actuelle », a dit Levy.

« Si nous constatons une baisse à 1 000 malades et des comportements appropriés de la part du public, accompagnés d’une tendance au déclin de la morbidité et d’une stabilisation simultanée du système hospitalier, cela sera un signal positif pour envisager une sortie du confinement. Nous allons assembler ces critères dans les prochaines jours », a-t-il ajouté.

S’exprimant dimanche, Netanyahu a reconnu la souffrance économique causée par les mesures de confinement, insistant toutefois sur le fait que l’économie israélienne se portait mieux que dans d’autres pays – ce qu’il a attribué au fait que l’Etat juif avait été l’un des premiers à décider d’un confinement, au début du printemps, puis à rouvrir son économie au mois de mai. Il a présenté un graphique montrant le déclin du PIB israélien pendant le deuxième trimestre 2020, ajoutant que cette chute avait été moins nette que dans d’autres pays – aux Etats-Unis et en Allemagne, notamment. Il a promis de verser des indemnisations financières aux personnes frappées de plein fouet par le nouveau confinement.

Benjamin Netanyahu annonce un nouveau confinement en raison du coronavirus, le 13 septembre 2020. (Yoav Dudkevitch / POOL / AFP)

Selon des informations parues dans les médias israéliens, le ministère des Finances estime que le confinement entraînera une perte de 6,5 milliards de shekels pour l’économie. La précédente fermeture du pays, aux mois de mars et avril, avait plongé Israël dans la récession.

La proposition est hautement controversée parmi le public israélien et de nombreux chefs d’entreprises menacent de ne pas s’y soumettre. Les hôtels sont furieux de devoir annuler des réservations à quelques jours seulement des grandes fêtes – ayant embauché du personnel et fait d’importantes provisions alimentaires et autres pour recevoir leurs clients.

Certains déplorent également une fermeture injustifiable du pays tout entier plutôt que des seules zones dites « rouges », dénonçant un parti-pris politique alors que le gouvernement semble se montrer réticent à singulariser les secteurs ultra-orthodoxes et arabes qui présentent les plus forts taux de contagion. Netanyahu, dans sa conférence de presse, a démenti avoir adopté ces nouvelles mesures après avoir capitulé face aux pressions des Haredim, affirmant qu’il ne faisait que prendre les décisions nécessaires pour le bien de la nation.

Il y a également une opposition au sein même du gouvernement. Le ministre des Ressources de l’eau, Zeev Elkin, qui s’est prononcé contre le confinement, a estimé que le gouvernement naviguait à vue, sans cible clairement établie ni stratégie de sortie de crise.

Il a averti qu’il n’était pas certain que les restrictions soient levées dans trois semaines, comme cela a été annoncé.

Lundi, devant les caméras de la Douzième chaîne, Elkin a confié que « quelque chose d’important me perturbe dans cette décision et j’ai donc voté contre ».

Il a ajouté que le responsable de la lutte contre le coronavirus dans le pays, Ronni Gamzu, n’avait pas fourni d’informations sur les objectifs de la fermeture du pays, ni sur la stratégie qui sera mise en œuvre pour lever les restrictions tout en contenant le nombre d’infections.

« J’ai posé des questions à Gamzu et à son équipe sur une stratégie de sortie de crise, sur les cibles définies qui nous permettront de sortir du confinement, et je n’ai pas reçu de réponses claires », a noté Elkin. « Le nombre de malades, le nombre de personnes gravement atteintes, le nombre de personnes placées sous respirateur : Vers quoi devons-nous nous diriger ? J’attends de Gamzu et de son équipe des objectifs clairs dont ils endosseront la responsabilité. »

Elkin a averti qu’en l’absence de chiffres définissant des objectifs à atteindre, « personne ne voudra assumer une responsabilité ».

« Il est clair que le confinement continuera au moins jusqu’à la fin de Simhat Torah mais, à l’heure actuelle, personne ne peut dire si nous en sortirons après Simhat Torah et quels seront les critères qui permettront cette sortie », a déclaré Elkin.

Toutefois, Elkin a salué le ministère des Finances qui, a-t-il dit, est parvenu à faire abandonner un plan de confinement au gouvernement qui aurait coûté à l’économie 30 milliards de shekels, le persuadant de seulement mettre en œuvre les mesures qui ont été approuvées – et qui, selon le Trésor, coûteront la somme moindre de dix milliards de shekels.

« Le ministère des Finances a agi de manière résolue et est parvenu à assouplir cette fermeture en lui donnant le format économique approprié, à environ un tiers des dégâts qui avaient été envisagés dans un premier temps », a dit Elkin.

Ronni Gamzu a en outre déclaré que le taux élevé de positivité aux tests de dépistage du coronavirus montrait que la maladie se propageait très largement. Evoquant le confinement, il a estimé « qu’entre deux maux, il faut choisir le moindre ».

Il a expliqué « perdre le sommeil » en raison de la pandémie, et il a maintenu que le gouvernement était contraint de passer à l’action après des mises en garde des hôpitaux contre une éventuelle surcharge de leurs services.

Le gouvernement « ne vaincra pas le coronavirus », a noté Gamzu.

« Seuls les Israéliens, vous seuls, êtes en mesure de vaincre le coronavirus », a-t-il ajouté, recommandant vivement l’adhésion aux règles.

« Si nous agissons de manière avisée, nous pouvons mettre un terme à tout cela d’ici deux ou trois semaines », a-t-il poursuivi en référence aux mesures de confinement.

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