Avec la fin de la guerre, fin de l’opération militaire « Bon voisin » en Syrie
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12 000 syriens ont bénéficié de soins médicaux par Israël

Avec la fin de la guerre, fin de l’opération militaire « Bon voisin » en Syrie

Alors que le dictateur Bashar al-Assad s'est établi dans la zone qui borde Israël, l'Etat juif a fermé les dispensaires frontaliers et cessé les approvisionnements alimentaires

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les soldats israéliens mettent un terme à l'opération "Bon voisin" qui a aidé des milliers de Syriens après que le dictateur syrien Bashar al-Assad a repris le contrôle du secteur bordant le plateau du Golan (Crédit : Armée israélienne)
Les soldats israéliens mettent un terme à l'opération "Bon voisin" qui a aidé des milliers de Syriens après que le dictateur syrien Bashar al-Assad a repris le contrôle du secteur bordant le plateau du Golan (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a annoncé jeudi qu’elle mettait officiellement un terme à son programme de « l’Opération bon voisin », mettant fin à cinq ans d’assistance humanitaire offerte aux ressortissants syriens de l’autre côté de la frontière.

« Cet important effort au long court vient de s’achever avec le retour du régime syrien dans le sud de la Syrie », a dit l’armée dans un communiqué.

Les militaires avaient commencé à autoriser les Syriens blessés à entrer en Israël pour y être pris en charge au niveau médical au début de l’année 2013, les soignant dans un premier temps dans des dispensaires de campagne puis dans les hôpitaux israéliens.

Un petit nombre de groupes israéliens non-gouvernementaux ont également été autorisés à livrer de l’aide humanitaire à travers la frontière.

Cette assistance s’est considérablement élargie en 2016 avec la création de « l’Opération bon voisin », qui a permis le transport de davantage d’aide sur le territoire syriens ainsi que la création d’un hôpital de jour sur la frontière et un programme permettant aux Syriens de se rendre dans les hôpitaux israéliens pour des maladies sans lien avec le conflit, notamment pour des pathologies comme la surdité.

Un enfant syrien joue dans un hôpital israélien dans le cadre du programme « Bon voisin » qui a aidé des milliers de Syriens avant sa fermeture par les Israéliens, après que le dictateur syrien Bashar al-Assad a repris le contrôle du secteur bordant le plateau du Golan (Crédit : Armée israélienne)

La semaine dernière, le magazine Foreign Policy – qui n’est pas soumis au censeur israélien – a fait savoir que l’Etat juif avait également apporté une aide militaire aux groupes rebelles du sud de la Syrie. Il aurait demandé en contrepartie que ces derniers tiennent les groupes soutenus par l’Iran à l’écart de la région.

Selon l’armée israélienne, depuis 2013, plus de 4 900 Syriens ont été amenés dans les hôpitaux américains pour y être pris en charge, parmi lesquels 1 300 enfants.

Si Dieu le veut, ce que vous avez fait ne sera pas oublié et nous le raconterons à nos fils

De plus, 7 000 personnes ont été soignées dans le dispensaire situé le long de la frontière, connu sous le nom de Mazor Ladach, qui signifie « le soulagement du souffrant ».

Un enfant syrien joue dans un hôpital israélien dans le cadre du programme « Bon voisin » qui a aidé des milliers de Syriens avant sa fermeture par les Israéliens, après que le dictateur syrien Bashar al-Assad a repris le contrôle du secteur bordant le plateau du Golan (Crédit : Armée israélienne)

De plus, en l’espace de cinq ans, Israël a transporté en Syrie 1700 tonnes de nourriture, 1,1 million de litres de carburant, 26 000 caisses d’équipement médical et de médicaments, 20 groupes électrogènes, 40 véhicules, 630 tentes, 350 tonnes de vêtements, 8200 paquets de couches et 49 000 caisses d’alimentation pour bébé.

En plus de ces statistiques, l’armée israélienne a également diffusé jeudi un certain nombre de témoignages de Syriens qui ont bénéficié de ce programme.

« Je vous souhaite le meilleur et je veux grandement vous remercier pour l’aide donnée et pour être restés à nos côtés. Si Dieu le veut, ce que vous avez fait ne sera pas oublié et nous le raconterons à nos fils » , a ainsi dit un homme en arabe dans l’un des enregistrements (pour des raisons sécuritaires, l’armée n’a pas divulgué son identité).

L’armée a également reçu un courrier de remerciement de l’un des groupe de défense civile opérant dans le sud-ouest du pays.

La lettre d’un groupe de défense civile remerciant l’armée israélienne pour l’opération « Bon voisin », qui a aidé des milliers de Syriens avant sa fermeture par les Israéliens, après que le dictateur syrien Bashar al-Assad a repris le contrôle du secteur bordant le plateau du Golan (Crédit : Armée israélienne)

Les militaires israéliens ont expliqué que malgré les problèmes humanitaires qui persistent dans le sud de la Syrie, ils mettaient un terme au programme maintenant que le dictateur Bashar al-Assad avait repris le contrôle de la zone après une offensive lancée au début de l’été qui avait entraîné la reddition des rebelles.

« L’armée israélienne considère que le régime syrien est responsable de tout ce qui se produit sur le territoire syrien », ont fait savoir les militaires dans un communiqué, le 6 septembre, lorsqu’ils ont gelé le programme humanitaire.

Avec le gel de cette opération, l’armée a commencé au début du mois à démanteler l’hôpital de campagne Mazor Ladach avec l’aide des groupes non-gouvernementaux qui y travaillaient depuis plus d’un an.

En plus de ce programme, les militaires ont pris part à un effort multinational pour venir en aide à des centaines de membres des secours syriens connus sous le nom de « casques blancs » ainsi qu’à leurs familles.

Dans une opération menée à l’aube, Israël avait aidé à transporter ces humanitaires de la Syrie à la Jordanie à la demande des pays occidentaux.

L’armée israélienne avait indiqué s’être impliquée dans cette initiative « sortant de l’ordinaire » en raison du « risque immédiat » posé pour la vie de ces civils alors que les forces du régime, soutenues par la Russie, avaient fermé le secteur. Elle avait souligné qu’elle n’intervenait pas dans les combats en cours.

Des soldats de Tsahal donnent de l’eau aux secouristes de l’organisation « Casques Blancs » et à leurs familles, qu’Israël a acheminés de Syrie en Jordanie, alors qu’ils fuyaient le régime d’Assad, le 22 juillet 2018. (Armée israélienne)

Cet été, le gouvernement syrien a repris le contrôle de la frontière du plateau de Golan pour la première fois en sept ans, après que les djihadistes liés à l’Etat islamique ont abandonné leur dernière poche de territoire dans la zone.

Cette avancée, rapportée par les médias d’Etat syriens et un observatoire de la guerre lié à l’opposition, était venue couronner une campagne sanglante de six semaines visant à reprendre l’angle sud-ouest du pays.

En réponse, Israël aurait demandé à la Russie de s’assurer que les forces gouvernementales syriennes ne blessent ni ne tuent de civils pendant les combats.

Les soldats israéliens mettent un terme à l’opération « Bon voisin » qui a aidé des milliers de Syriens après que le dictateur syrien Bashar al-Assad a repris le contrôle du secteur bordant le plateau du Golan (Crédit : Armée israélienne)

Les rebelles avaient capturé la région du plateau du Golan après un soulèvement populaire contre le président syrien Bashar al-Assad en 2011. Un groupe lié à l’EI, connu sous le nom d’armée Khaled bin Al-Waleed, avait pris plus tard la zone aux mains des combattants de l’opposition.

Israël avait pris le contrôle de 1 200 kilomètres-carrés du Golan à la Syrie durant la guerre des Six jours, annexant ultérieurement le secteur lors d’une initiative qui n’avait jamais été reconnue à l’international.

La région est importante au niveau stratégique pour la Syrie parce qu’elle contrôle également une autoroute déterminante reliant la frontière jordanienne à la capitale de Damas.

Les forces de maintien de la paix de l’ONU s’étaient pour la première fois déployées le long de la frontière en 1974 pour séparer les Syriens et les forces israéliennes.

Tout en restant largement en marge de la guerre civile syrienne, Israël a fait savoir que le pays ne permettrait pas à l’Iran ou au groupe terroriste libanais du Hezbollah d’établir une présence militaire permanente le long de la frontière. Les deux sont des alliés d’Assad et ils ont fourni un soutien militaire crucial à ses forces.

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