Avion dérouté : « vous avez une bombe à bord », a dit Minsk à l’équipage
Rechercher

Avion dérouté : « vous avez une bombe à bord », a dit Minsk à l’équipage

Le ministère bélarusse des Transports a évoqué un email se proclamant du Hamas disant que la bombe exploserait au-dessus de Vilnius si l'UE continuait de soutenir Israël

Un Boeing 737-800 (EI-EKR) de la compagnie aérienne irlandaise Ryanair à Belfast. (Crédit : Ardfern, CC, via Wikimedia Commons)
Un Boeing 737-800 (EI-EKR) de la compagnie aérienne irlandaise Ryanair à Belfast. (Crédit : Ardfern, CC, via Wikimedia Commons)

Les autorités bélarusse ont dit à l’équipage du vol Ryanair que leur avion était piégé et lui ont « recommandé » de se poser à Minsk, selon la transcription des échanges entre le pilote et la tour de contrôle publiée mardi.

« Nous avons des informations des services spéciaux disant qu’une bombe est à bord et qu’elle peut être activée au-dessus de Vilnius », indique cette transcription en anglais diffusée par le département du transport aérien au ministère bélarusse des Transports.

« Pouvez-vous répéter ce message? », répond le pilote, qui se voit ensuite confirmer la même information.

Lors de l’échange, le contrôleur précise que l’indication sur la présence d’une bombe a été envoyée « par email » et que ce message a été partagé avec « plusieurs aéroports ».

Dans un communiqué, le ministère bélarusse des Transports a répété mardi qu’il s’agissait d’un email se proclamant du groupe terroriste palestinien du Hamas disant que la bombe exploserait au-dessus de Vilnius si l’Union européenne continuait de soutenir Israël.

La transcription de l’échange avec la tour de contrôle établit que c’est la tour de contrôle qui a recommandé avec insistance un atterrissage à Minsk.

Lorsque le pilote a demandé de qui venait la « recommandation », le tour répond « ce sont nos recommandations ».

Le chef de l’armée de l’air bélarusse, qui a intercepté le vol avec un chasseur Mig-29, a pour sa part soutenu lundi que l’équipage avait pris sa décision « sans ingérence extérieure » et que le vol de Ryanair aurait pu se poser en Ukraine ou en Pologne.

Les autorités bélarusses sont accusées d’avoir détourné ce vol commercial Athènes-Vilnius sur Minsk pour pouvoir arrêter le dissident Roman Protassevitch, un journaliste d’opposition de 26 ans qui était à bord.

Le président du Bélarus, Alexandre Loukachenko assiste à un rassemblement de requiem à l’occasion du 35e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl dans la ville de Bragin, au sud-est de Minsk, au Bélarus, le 26 avril 2021. (Crédit : Sergei Sheleg/BelTA Pool Photo via AP, File)

Le déroutage a déclenché un tollé international et l’Union européenne a décidé de fermer son espace aérien aux avions bélarusses pour punir le régime du président Alexandre Loukachenko.

Le Bélarus a invité plusieurs organisations internationales à venir établir « les circonstances » du déroutage.

Le département chargé de l’aérien au ministère bélarusse des Transports a dit avoir invité des représentants de l’Association internationale du transport aérien (IATA), de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), dépendante de l’Onu, des autorités américaines et de l’Union européenne.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...