Beaucoup d’Iraniens demandent de l’aide sur les réseaux sociaux israéliens
Rechercher

Beaucoup d’Iraniens demandent de l’aide sur les réseaux sociaux israéliens

Même avant la pandémie, des milliers d'Iraniens s'étaient tournés vers les comptes du gouvernement, affirment des diplomates

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Une femme portant un masque et des gants pour empêcher la propagation du coronavirus fait ses courses pendant le mois sacré du Ramadan à Téhéran, le 27 avril 2020 (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
Une femme portant un masque et des gants pour empêcher la propagation du coronavirus fait ses courses pendant le mois sacré du Ramadan à Téhéran, le 27 avril 2020 (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Le nombre d’Iraniens réclamant de l’aide à Israël – incarnés notamment par les nombreux citoyens de la République islamique désireux de s’installer au sein de l’État juif – a augmenté de manière significative dans le contexte de la pandémie de coronavirus, a fait savoir mardi le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem.

Même avant la crise sanitaire actuelle qui a frappé l’Iran de manière particulièrement dure, des milliers d’Iraniens se tournaient tous les mois vers le gouvernement israélien par le biais de ses comptes variés sur les réseaux sociaux, selon Yiftah Curiel, à la tête du département du ministère des Affaires étrangères en charge de la diplomatie numérique.

« Ils demandent toutes sortes d’aide : des conseils médicaux, des informations sur l’immigration en Israël ou dans d’autres pays ; ils veulent savoir comment faire des affaires ou simplement nous dire qu’ils espèrent que leur pays établira un jour des relations diplomatiques avec nous », a-t-il raconté mardi au Times of Israel.

« Depuis le début de la crise du coronavirus, le nombre d’Iraniens étant entrés en contact avec nous a connu une forte hausse », a-t-il ajouté.

Ces Iraniens n’appartiennent pas nécessairement à la communauté juive de la République islamique dont les membres peuvent réclamer la citoyenneté selon les dispositions du droit au retour. Ils incluent des dissidents, des demandeurs d’emploi et autres personnes cherchant à fuir le régime.

L’Iran a été l’un des pays les plus durement touchés par la pandémie de coronavirus, enregistrant des milliers de morts, et est aussi frappé par les sanctions appliquées en raison de son programme sur le nucléaire – des sanctions qui ont gravement endommagé l’économie. La colère contre le régime s’est exprimée à travers des manifestations d’ampleur, l’année dernière, qui ont été rapidement réprimées.

Un dissident a récemment demandé l’asile, selon Ynet, le site qui a été le premier à rapporter cette augmentation du nombre d’Iraniens se tournant vers l’État juif.

« Moi aussi, je suis trop souvent incarcéré pour des raisons politiques et je voudrais échapper à cette mort lente. Israël est mon rêve », a-t-il écrit dans un message adressé à Jérusalem.

« J’ai répondu à toutes les demandes personnellement, mais je n’ai plus été en mesure de suivre récemment. Nous n’avons aucun moyen d’aider ces gens », commente Sharona Avginsaz, responsable des comptes en perse sur les réseaux sociaux du ministère des Affaires étrangères. « Il y a eu une hausse constante des demandes d’Iraniens désireux de venir s’installer en Israël », a-t-elle expliqué à Ynet.

Tandis que le ministère est heureux de s’engager auprès des Iraniens en ligne, il n’est pas en mesure de fournir une aide concrète à ceux qui veulent venir vivre au sein de l’État juif ou qui demandent de l’aide pour émigrer dans un pays-tiers, ajoute Yiftah Curiel.

« Nous donnons des informations. Nous ne pouvons pas faire plus », s’exclame-t-elle.

Le ministère des Affaires étrangères est présent sur les réseaux sociaux en six langues (anglais, hébreu, espagnol, russe, arabe, perse) sur cinq plateformes différentes (Twitter, Facebook, Instagram, Telegram, YouTube), selon Yiftah Curiel. Le compte Twitter en perse du ministère recense 220 000 abonnés, son compte Instagram en possède un demi-million.

« Les plateformes de notre ministère sur les réseaux sociaux nous permettent d’être en contact direct avec des millions de personnes de toute la région – et notamment avec de nombreux Iraniens. La population iranienne n’est pas notre ennemie. Elle est avant tout la victime immédiate du régime radical des ayatollahs », a commenté mardi le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Yuval Rotem.

« Au lieu de s’occuper de son peuple, le régime iranien livre encore des efforts illimités dans l’obtention d’armes nucléaires illégales ; dans le soutien du terrorisme sur toute la planète et dans la promotion d’activités subversives à travers tout le Moyen-Orient », ajoute-t-il.

Jusqu’à cette semaine, plus de 124 200 Iraniens avaient contracté le Covid-19 depuis l’apparition de l’épidémie, qui a fait 7 100 morts dans le pays.

Une personne en combinaison de protection traverse un hôpital temporaire de 2000 lits pour les malades du coronavirus, un hôpital mis en place par l’armée israélienne au centre international des expositions de Téhéran, en Iran, le 26 mars 2020 (Crédit : AP Photo/Ebrahim Noroozi)

Alors que le régime iranien considère l’État juif comme son ennemi juré, les Israéliens et les Iraniens entretenaient des relations très amicales avant la Révolution islamique de 1979.

Les responsables occidentaux disent que des milliers d’Iraniens déposent chaque année des demandes d’asile, même si les chiffres réels restent inconnus, un grand nombre d’entre eux cachant leur pays d’origine.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...