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Ben Barak : « Je ne compare pas, mais Hitler est arrivé au pouvoir démocratiquement »

Le député Yesh Atid a qualifié HaTzionout HaDatit de "raciste et d'anti-démocratique" à l’approche des élections législatives ; Ben Gvir a appelé Lapid à le "chasser du parti"

Le député Ram Ben Barak à la Knesset, à Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Ram Ben Barak à la Knesset, à Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un législateur du parti Yesh Atid du Premier ministre Yair Lapid a évoqué samedi le dictateur allemand nazi Adolf Hitler en s’en prenant à un éventuel gouvernement que le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu pourrait former avec l’extrême droite, suscitant de vives réactions de la part de l’opposition.

« Il y a mille différences et je ne fais pas de comparaison mais… Hitler est arrivé au pouvoir démocratiquement », a déclaré le député de Yesh Atid, Ram Ben Barak, lors d’un discours dans la ville de Beer Sheva, dans le sud du pays.

Ben Barak a mis en garde contre les ramifications potentielles pour le système judiciaire israélien si le bloc religieux de droite de Netanyahu – qui comprend le parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit – remportait les élections législatives de mardi.

Il a ensuite insisté sur le fait qu’il ne comparait aucune personnalité politique israélienne à Hitler. « Je ne comparerai jamais personne dans l’État d’Israël ou dans le monde à Hitler. »

« La tentative de présenter cela comme une comparaison est incorrecte et il est regrettable que quiconque ne le suggère », a-t-il tweeté.

HaTzionout HaDatit, qui se présente sur une liste commune avec le parti extrémiste Otzma Yehudit du député Itamar Ben Gvir, a proposé des réformes qui réduiraient considérablement les pouvoirs du système judiciaire et pourraient entraîner la fin du procès en cours de Netanyahu pour corruption, dans lequel il continue de nier toute faute.

Ses dirigeants ont également été accusés, à plusieurs reprises, de faire preuve de racisme à l’égard de la population arabe d’Israël.

« Nous devons sauvegarder notre démocratie », a déclaré Ben Barak, mettant en garde contre « cette alliance entre Ben Gvir et le parti raciste et antidémocratique de [Bezelel] Smotrich, leader du parti HaTzionout HaDatit, et une personne qui, comme nous l’avons vu au fil du temps, est prête à faire presque n’importe quoi pour échapper à un procès, et à les laisser faire n’importe quoi ».

« Cette alliance est dangereuse », a-t-il ajouté.

En réponse, Netanyahu s’est exprimé dans une déclaration vidéo. « Ben Barak me compare à Hitler, et les partisans du Likud aux partisans du parti nazi. Quelle honte, que d’incitation. »

Ben Gvir a tweeté que Ben Barak avait « franchi la dernière ligne rouge » et a exigé que Lapid « annonce instamment l’exclusion de Ram Ben Barak de son parti ».

De gauche à droite : le leader d’Otzma Yehudit, le député Itamar Ben Gvir, le chef de l’opposition et président du Likud, Benjamin Netanyahu, et le chef de HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Cependant, il n’y a pas eu de réponse samedi de la part de Lapid, fils de survivant de la Shoah, qui avait lui-même critiqué le mois dernier le ministre des Finances, Avigdor Liberman, pour avoir dit que Netanyahu employait les « méthodes exactes » du chef de la propagande nazie Joseph Goebbels.

Ben Barak s’est exprimé alors que plusieurs factions, opposées à l’ancien Premier ministre, cherchaient à motiver leurs électeurs, en les avertissant des conséquences possibles s’ils ne les soutenaient pas lors des prochaines  élections législatives.

S’exprimant lors du même événement, Liberman s’en est pris à Lapid et au ministre de la Défense, Benny Gantz, et a promis que son parti laïc de droite, Yisrael Beytenu, ne se joindrait à aucun gouvernement comprenant des factions ultra-orthodoxes.

« Pour moi, la chose la plus irritante est la compétition sauvage entre Gantz et Lapid pour les voix de Shas et de Yahadout HaTorah », a déclaré Liberman.

Lorsqu’on lui a demandé s’il croyait vraiment que Lapid et Gantz donneraient aux partis haredim « tout ce qu’ils veulent » pour les amener à former une coalition, Liberman a répondu « certainement ».

« Ils le disent officiellement », a-t-il affirmé.

Shas et Yahadout HaTorah, qui sont alignés sur le Likud et HaTzionout HaDatit, ont régulièrement promis de ne rejoindre qu’une coalition composée de leur bloc, bien que les partisans de Gantz et de Lapid affirment régulièrement qu’ils pourraient changer d’avis si Netanyahu ne parvenait pas à obtenir une majorité à la Knesset lors du vote de mardi.

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, annonçant sa liste pour les prochaines élections lors d’un événement de campagne à Tel Aviv, le 12 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Pendant ce temps, la cheffe du Meretz, Zehava Galon, a déclaré que Netanyahu et ses alliés obtiendraient une majorité claire si son parti de gauche ne parvenait pas à entrer à la Knesset.

« Le Meretz est proche du seuil électoral et s’il tombe [en dessous], Netanyahu obtiendra 63 à 64 sièges », a-t-elle déclaré.

Galon a accusé Netanyahu d’essayer de faire baisser la participation des électeurs arabes afin d’améliorer ses chances.

« Il n’a qu’un seul objectif : supprimer le vote de la communauté arabe, car il est clair que si le public arabe vote, les chances de victoire du bloc du changement sont plus grandes », a-t-elle déclaré, faisant référence à la coalition sortante.

Le numéro 2 de l’alliance Hadash-Taal, à prédominance arabe, a appelé samedi au soutien des électeurs juifs de gauche.

« Votre vote est important », a déclaré député Ahmad Tibi lors d’un rassemblement à Shfaram.

Le député de la Liste arabe unie, Ahmad Tibi, s’exprimant lors de la conférence Haaretz au Centre Peres pour la paix et l’innovation à Jaffa, le 16 juin 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

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