Israël en guerre - Jour 282

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Ben Gvir, Smotrich fustigent Halevi pour l’humanitaire à Gaza et la conscription des haredim

Selon des fuites du cabinet de sécurité, le chef de Tsahal, accusé d'ingérence dans les affaires politiques, défend son appel à la conscription en invoquant le besoin d'effectifs de Tsahal

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Herzl Halevi, procédant à une évaluation de la situation dans le centre de la bande de Gaza, sur une photo publiée le 16 juin 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Herzl Halevi, procédant à une évaluation de la situation dans le centre de la bande de Gaza, sur une photo publiée le 16 juin 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, aurait été critiqué dimanche soir par les ministres d’extrême droite du cabinet de la Sécurité pour ses efforts visant à enrôler des hommes ultra-orthodoxes dans l’armée, ainsi que pour sa gestion de la guerre à Gaza.

Des extraits de la réunion divulgués à la presse israélienne révèlent que le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a réprimandé Halevi pour ce qu’il considère comme une ingérence dans les affaires politiques en raison des propos du chef de Tsahal qui encourageait les haredim à s’enrôler dans l’armée. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a critiqué Halevi pour avoir instauré des pauses ponctuelles destinées à assurer une meilleure distribution de l’aide humanitaire aux Palestiniens.

Selon plusieurs articles de presse, Smotrich a reproché à Halevi d’avoir « publié des messages et des vidéos sur les haredim ».

« Il s’agit d’une question politique et un chef de cabinet n’est pas censé en parler. Je trouve les propos du chef d’état-major déplacée », aurait-il ajouté.

« Tsahal a reçu de vous l’ordre d’enrôler les haredim immédiatement. Prenez vos responsabilités. Même si je comprends que le mot est inusité ici », a rétorqué Halevi, dans une allusion manifeste au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à d’autres dirigeants politiques israéliens qui se sont gardés d’assumer leur responsabilité dans les échecs qui ont conduit aux massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre dernier. « D’ici là, je continuerai à recruter dans toutes les couches de la société israélienne. Tsahal a besoin de soldats. »

Smotrich a ensuite ajouté à Halevi que ce dernier « s’immisçait dans une affaire politique ».

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s’exprimant, à la Knesset, à Jérusalem, le 10 juillet 2023. (Crédit : Maya Alleruzzo/AP)

« Vous vous trompez et vous trompez les gens », a rétorqué Halevi. « Je ne m’ingère pas, je m’efforce d’encourager les ultra-orthodoxes à s’enrôler. Tsahal en a besoin pour veiller à la sécurité. »

Réagissant aux informations parues, le bureau de Smotrich a indiqué qu’il condamnait ceux qui divulguent « semaine après semaine » ce qui se dit dans les réunions du cabinet.

L’armée a indiqué qu’elle ne faisait pas de commentaires sur les conversations privées.

Les hommes ultra-orthodoxes en âge de servir dans l’armée bénéficient depuis des dizaines d’années d’une exemption de service dans l’armée israélienne ; ils s’inscrivent dans des yeshivot pour étudier la Torah et obtiennent des reports de service répétés d’un an jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de l’exemption de service militaire. En 2017, la Haute Cour a statué que les exemptions collectives du service militaire étaient illégales et discriminatoires. Depuis lors, les gouvernements successifs ont tenté en vain de formuler une nouvelle législation pour résoudre le problème, tout en demandant à la Cour des reports répétés.

Les juges ont toutefois fait preuve de moins de patience et la nécessité de combler le manque d’effectifs de l’armée s’est faite plus pressante depuis le déclenchement de la guerre à Gaza et la menace d’une guerre à la frontière libanaise.

Tout en prenant soin de ne pas se prononcer sur la législation en vigueur et de ne pas s’immiscer dans la politique, Halevi a approuvé l’intégration des ultra-orthodoxes dans l’armée dimanche, faisant état d’un « besoin évident » de soldats haredim.

Lors de la réunion du cabinet de sécurité de dimanche, Ben Gvir aurait critiqué Halevi parce que Tsahal menait des combats dans une partie de la bande de Gaza alors que d’autres parties étaient considérées comme des zones humanitaires : « C’est une erreur. Ce n’est pas une façon de faire la guerre ».

Plus tôt dans la journée, Ben Gvir et Smotrich ont dénoncé l’annonce par l’armée de « pauses tactiques » pendant les combats de jour le long des routes menant d’un point de passage principal pour les marchandises à une autoroute nord-sud, afin d’assurer l’acheminement de l’aide humanitaire.

« J’ai déjà expliqué que Tsahal élimine, nettoie et conquiert des zones afin d’établir une zone humanitaire pour la population civile », a répondu Halevi.

« Je sais qu’au cours des opérations que vous avez commandées, vous n’avez pas jugé bon de définir des zones humanitaires », a ajouté Halevi, dans une allusion au fait que Ben Gvir n’a pas fait de service militaire en raison de son implication dans des activités extrémistes dans sa jeunesse.

Le ministre de l’Agriculture, Avi Dichter, a alors dit à Ben Gvir qu’il devrait essayer de comprendre Halevi lorsqu’il parle.

« Avec toute votre expérience, j’avais probablement raison et vous avez tort. Je vous ai dit de bombarder Gaza. Un peu moins d’arrogance serait souhaitable », a répondu Ben Gvir.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant, au centre, parle avec le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir à la Knesset, le 15 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Par ailleurs, de nombreux médias ont rapporté que le ministre de la Défense Yoav Gallant a décidé qu’il quitterait les réunions du cabinet chaque fois que Ben Gvir prendrait la parole, en signe de protestation contre le ministre d’extrême-droite.

Selon la Douzième chaîne, la ministre des Transports Miri Regev aurait critiqué Gallant lors de la réunion de dimanche, lorsqu’il s’est levé pour partir : « Je trouve cela inacceptable. Ben Gvir est un membre du cabinet, à quoi cela rime-t-il qu’un ministre de la Défense l’ignore et sorte alors qu’il est en train de parler ? »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait également exprimé sa déception face au comportement de Gallant lorsqu’il est revenu dans la salle : « Pourquoi êtes-vous parti lorsque le ministre Ben Gvir s’est exprimé ? Ils me disent beaucoup de choses que je n’aime pas entendre, mais je ne me suis jamais levé pour quitter la salle. Vous avez quelque chose à dire ? »

« Pas de commentaire », aurait répondu Gallant.

Gallant et Ben Gvir ont eu de nombreux différends cette année. Le ministre de la Sécurité nationale a appelé à plusieurs reprises le Premier ministre à limoger Gallant.

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