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Ben Gvir veut expulser les députés « déloyaux » et les Arabes qui attaquent l’armée

Le législateur d'extrême-droite veut bannir les députés qu'il considère comme des "traîtres" à l'État, affirmant simultanément être favorable à la liberté d'expression

Le leader du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, s'exprimant lors d'une conférence de presse en vue des prochaines élections, à Jérusalem, le 11 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, s'exprimant lors d'une conférence de presse en vue des prochaines élections, à Jérusalem, le 11 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député d’extrême-droite Itamar Ben Gvir a déclaré, mardi, qu’il souhaitait introduire un projet de loi offrant aux tribunaux l’option d’expulser les citoyens arabes qui s’en prennent aux soldats pour des raisons nationalistes, ainsi que les politiciens qu’il considère comme manquant de loyauté à l’égard de l’État d’Israël.

Interrogé au micro de la radio militaire sur la punition qui, selon lui, devrait sanctionner les personnes qui lancent des cocktails Molotov ou des pierres en direction des troupes israéliennes, Ben Gvir a répondu : « Ces individus doivent être expulsés ; la citoyenneté doit leur être retirée et ils doivent partir. » Il a ensuite fait la différence entre les Arabes et les Juifs israéliens, affirmant que les Juifs reconnus coupables de jets de pierre sur les militaires devraient être condamnés « à la prison pour de nombreuses années » plutôt qu’être expulsés.

Il a affirmé qu’au cours de sa carrière d’avocat, il n’avait jamais connu de situation où un Juif s’était rendu coupable d’un jet de cocktail Molotov sur les soldats.

« Il y a une différence entre ceux qui veulent éliminer l’État juif et ceux qui ne le veulent pas », a dit Ben Gvir.

Alors qu’il lui était demandé où ces individus prétendument indésirables devaient être expulsés, Ben Gvir a rétorqué qu’il « y a beaucoup de pays qui recherchent de la main-d’œuvre », suggérant que l’Europe pouvait être une option mais qu’un ministère chargé « de promouvoir l’immigration » serait établi pour garantir que des destinations appropriées soient trouvées.

Ben Gvir a ajouté que les expulsés partiraient « en train, en avion, tout ce que vous voulez ».

Capture d’écran de la vidéo d’une altercation entre le leader du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, le député Itamar Ben Gvir (centre-gauche), et le député Ayman Odeh, leader du parti prédominant arabe-israélien de la Liste arabe unie, à l’hôpital Kaplan à Rehovot, le 19 octobre 2021. (Crédit : Twitter)

Pendant l’interview, Ben Gvir a estimé que les députés de la Liste arabe unie Ayman Odeh et Ofer Cassif faisaient partie des individus à expulser du territoire. Il a indiqué que les deux hommes œuvraient activement à détruire l’État d’Israël, sans donner de détail.

Odeh et Cassif sont membres de la faction Hadash au sein de la Liste arabe unie, un parti de gauche à l’agenda communiste. Odeh est musulman et Cassif est Juif.

Ben Gvir a déclaré que les membres de Neturei Karta, un mouvement ultra-orthodoxe marginal, qui est antisioniste, pourraient aussi être pris pour cible dans cette politique d’expulsion en raison de leur opposition à l’État israélien.

En même temps, Ben Gvir a affirmé soutenir la liberté d’expression. Les personnes qui écrivent des posts critiquant le pays sur Internet ne doivent pas, a-t-il dit, risquer l’expulsion.

Ben Gvir a fait savoir, lundi soir, que sa formation d’extrême-droite Otzma Yehudit se présenterait en indépendante lors des élections du 1er novembre après s’être intégrée dans la liste du parti Sionisme religieux. Il a accusé le leader du parti Sionisme religieux, Bezalel Smotrich, d’avoir été dans l’incapacité de négocier de bonne foi la mise en place d’une liste commune qui aurait permis de maintenir le partenariat entre les deux factions d’extrême-droite.

Ben Gvir aurait demandé, selon de nombreuses informations, des places mieux situées sur la liste commune au vu des sondages qui révèlent un soutien croissant pour sa formation.

Otzma Yehudit est une faction constituée par des disciples de feu le rabbin extrémiste Meir Kahane, dont le parti Kach avait été interdit de représentation à la Knesset en raison de ses principes racistes.

Malgré la déclaration de séparation entre les deux partis, il reste encore un mois avant la date-limite de soumission des listes électorales – cette date a été fixée au 15 septembre – ce qui signifie qu’il reste du temps pour d’éventuelles négociations concernant la mise en place d’une liste commune.

Ben Gvir a encore évoqué la scission avec Smotrich, mardi, affirmant que les divisions avaient été entraînées par des points de vue différents sur la liste électorale idéale.

« Je me sépare de Smotrich après avoir tout essayé, vraiment tout, pour arriver à l’unité. J’ai retourné toutes les pierres », a-t-il déclaré.

Le député Itamar Ben Gvir, à gauche, s’exprimant lors d’une conférence de presse avant les prochaines élections, à Jérusalem, le 11 juillet 2022 ; le député Bezalel Smotrich, à droite, dirigeant une réunion de faction à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Bezalel, [la parlementaire Michal] Woldiger, et tous, là-bas, veulent un sionisme religieux ‘classique' », a-t-il affirmé, notant que Smotrich voulait courtiser les électeurs traditionnels de la formation alors que Ben Gvir appelait de ses vœux une liste, selon lui, plus « diversifiée ».

« Sur ma liste, je veux des haredim, des laïcs, des soldats venant de quitter l’armée et des jeunes », a-t-il souligné.

Le parti Otzma Yehudit de Ben Gvir a dernièrement été dynamisé par une série de sondages favorables, certains montrant qu’une liste commune bénéficierait d’un plus grand nombre de sièges si elle était dirigée non pas par Smotrich mais par Ben Gvir. D’autres ont prédit qu’Otzma Yehudit raflerait un plus grand nombre de sièges que le parti Sionisme religieux d’extrême-droite de Smotrich si les deux factions devaient se présenter séparément.

Par exemple, un sondage dont les résultats ont été révélés dimanche par la Douzième chaîne a établi qu’Otzma Yehudit remporterait huit sièges et le parti Sionisme religieux seulement cinq si les deux formations devaient se présenter de manière indépendante.

Jeremy Sharon a contribué à la rédaction de cet article.

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