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Bennett a proposé de rouvrir le consulat américain à Ramallah ou à Abu Dis

Cette suggestion, qui avait déjà été faite par le prédécesseur du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a été rejetée par la Maison Blanche

Shalom Yerushalmi est analyste politique pour Zman Israël, le site en hébreu du Times of Israël sur l'actualité israélienne.

Le président américain Joe Biden rencontre le Premier ministre Naftali Bennett dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le vendredi 27 août 2021, à Washington, DC. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)
Le président américain Joe Biden rencontre le Premier ministre Naftali Bennett dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le vendredi 27 août 2021, à Washington, DC. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Le Premier ministre Naftali Bennett a proposé au président américain Joe Biden que le consulat américain réouvre ses portes aux abords de Ramallah ou dans la ville d’Abu Dis, en Cisjordanie, à l’est de Jérusalem. Mais les États-Unis ont indiqué ne pas être favorables à cette idée.

Quand l’administration Trump avait transféré l’ambassade américaine à Jérusalem, le consulat s’était fondu dans l’ambassade, devenant l’Unité des affaires palestiniennes – une initiative qui avait été considérée par les Palestiniens et d’autres comme un coup porté à leur statut diplomatique. L’État juif s’oppose à la réouverture du consulat.

Une idée similaire de rouvrir la mission hors des frontières de Jérusalem avait été vantée par le prédécesseur de Bennett, Benjamin Netanyahu — Abu Dis était, selon le plan de l’administration Donald Trump, une partie de la capitale d’un futur État palestinien.

Le Premier ministre Naftali Bennett a récemment confié aux dirigeants du mouvement pro-implantations qu’il s’était opposé au président des États-Unis Joe Biden au cours de leur rencontre à la Maison Blanche au mois d’août sur les questions du programme nucléaire iranien, de la réouverture du consulat américain à Jérusalem-Est et des constructions dans les implantations.

« J’ai dit ‘non’ à Biden à trois reprises », avait-il déclaré durant cette réunion en date du 9 septembre avec les responsables de l’organisation-cadre des implantations, le Conseil de Yesha, selon des sources présentes lors de ces entretiens qui se sont exprimées auprès de Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel.

Le bâtiment du consulat général des États-Unis à Jérusalem, le 4 mars 2019. (Crédit : Ariel Schalit / AP)

L’administration américaine a annoncé son projet de réouverture du consulat américain à Jérusalem, qui servait auparavant de mission de facto aux Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Toutefois, l’administration Biden a accepté de ne pas retransformer en consulat l’Unité des affaires palestiniennes pour le moment – ses employés travaillent encore dans l’ancien bâtiment du consulat, dans la rue Agron, près du centre-ville – jusqu’à l’adoption potentielle d’un budget par le gouvernement de Bennett, adoption qui doit avoir lieu au plus tard à la fin du mois de novembre. Les responsables américains s’inquiètent de ce que l’ouverture du consulat n’entraîne des fractures au sein de la nouvelle coalition diversifiée et qu’elle ne déstabilise, voire qu’elle ne renverse le gouvernement de Bennett.

La semaine dernière, Nir Barkat, député du Likud, se trouvait à Washington, où il a demandé avec ferveur aux députés américains démocrates et républicains de s’opposer à la réouverture d’une mission diplomatique pour les Palestiniens à Jérusalem.

Si le législateur, qui se trouve dorénavant dans l’opposition, n’a jamais vraiment dénoncé la présence du consulat – dont l’existence est antérieure à Israël – pendant ses dix années passées à la tête de la mairie de la ville sainte, il explique maintenant que ce consulat n’est pas nécessaire avec la présence de l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem, faisant sien le raisonnement qui avait amené l’administration Trump à le fermer.

Bennett se trouve actuellement aux États-Unis, après son premier discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies lundi – une allocution dans laquelle il n’a pas mentionné les Palestiniens.

Lazar Berman a contribué à cet article.

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