Bennett enquêtera sur le « sabotage de l’enrôlement des ultra-orthodoxes » s’il est élu
L'ex-Premier ministre fustige la coalition pour avoir augmenté les fonds alloués aux institutions haredim, affirmant que le budget de l'État "pille" les "actifs", alors que Tsahal manque de main-d’œuvre
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Lundi, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que, s’il remportait les élections législatives de cette année, il ouvrirait une enquête sur « le sabotage de l’enrôlement des Haredim ».
Dans une allocution télévisée, il a fustigé le gouvernement pour avoir inséré, la veille au soir, de nouvelles dotations destinées aux institutions ultra-orthodoxes dans le budget de l’État 2026.
« Au sein du nouveau gouvernement, je mettrai en place une commission d’enquête spéciale sur le sabotage de l’enrôlement des Haredim, en temps de guerre, qui a porté atteinte à la sécurité d’Israël », a déclaré Bennett, qui cherche à évincer le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
L’enquête promise « déterminera qui, exactement, a agi pour nous priver des dizaines de milliers de soldats dont Tsahal a besoin pour gagner. Toute personne ayant sciemment pris part à la violation de la loi sur les services de sécurité en temps de guerre fera l’objet d’une enquête », a-t-il ajouté.
Bennett a fait cette promesse lors d’une brève allocution qui a été diffusée en direct le soir de l’adoption du budget 2026 par la Knesset, dans la nuit de dimanche à lundi.
Cette loi a été adoptée à la suite d’une manœuvre politique de dernière minute au cours de laquelle des dizaines de députés de l’opposition ont, par erreur, soutenu un amendement visant à allouer 800 millions de shekels aux établissements d’enseignement ultra-orthodoxes.
Cette allocation de dernière minute, que la procureure générale a ensuite suspendue, est intervenue après que les partis ultra-orthodoxes ont accepté de soutenir le budget, malgré l’échec de la coalition à faire adopter un projet de loi consacrant le système des exemptions généralisées du service militaire obligatoire pour les Haredim étudiant en yeshiva.
« Au milieu de la nuit, le gouvernement Netanyahu et les Haredim ont orchestré une manœuvre sournoise », a accusé Bennett.
« Ils nous ont pris, à nous, citoyens qui servons et travaillons, 800 millions de shekels supplémentaires pour les transférer à des institutions haredim qui apprennent à ‘préférer la mort à l’enrôlement’ », a-t-il poursuivi, faisant référence à un slogan fréquemment utilisé lors des manifestations des ultra-orthodoxes s’opposant à la répression des réfractaires.
Il a souligné que ces fonds alloués à la dernière minute s’ajoutaient « à ce budget irresponsable, un budget qui punit ceux qui servent et qui travaillent, et qui récompense ceux qui choisissent de se soustraire à la conscription et qui choisissent de ne pas travailler ».
« À qui profite cette victoire ? Aux propriétaires d’entreprises en faillite ? Aux réservistes qui, depuis deux ans et demi, se sont donnés corps et âme, au prix fort, pour leur famille et leurs finances ? », a demandé Bennett dans son allocution de trois minutes.
« Vous réjouissez-vous d’avoir laissé les personnes âgées de Kiryat Shmona sans abris antiatomiques ? D’avoir laissé les parents chez eux sans aucune structure [scolaire] pour leurs enfants ? Vous nous avez tous causé du tort », a-t-il accusé.
Cette référence à la ville du nord d’Israël a été faite alors que l’Iran et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah continuent de bombarder le pays, avec des enfants qui sont dans l’incapacité d’aller à l’école en raison de la guerre en cours.
« Alors que [le chef d’état-major de Tsahal, Eyal Zamir] crie : ‘Je n’ai pas de soldats’, vous avez sciemment œuvré pour empêcher la conscription de dizaines de milliers de personnes », a poursuivi Bennett.
La semaine dernière, il a été rapporté que Zamir avait exhorté le cabinet de sécurité à adopter une loi sur la conscription massive et qu’il avait averti que, si la pénurie d’effectifs n’était pas résolue, l’armée finirait par « s’effondrer sur elle-même ».
« Mais je vous le dis ce soir, citoyens d’Israël, gardez la tête haute ; ce sont les derniers jours de ce gouvernement – ils paieront pour ce pillage aux urnes », a promis Bennett, à l’approche des élections prévues pour octobre.
On estime actuellement à environ 80 000 le nombre d’hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans qui sont aptes au service militaire mais ne se sont pas enrôlés. Tsahal a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 recrues, en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve dans le contexte de la guerre en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et d’autres défis militaires.
En juin 2024, la Haute Cour a rendu un arrêt ordonnant au gouvernement de commencer à enrôler les Haredim. Depuis lors, les yeshivot hébergeant des réfractaires ont vu leurs budgets réduits, les objecteurs de conscience ont perdu l’accès aux subventions pour la garde d’enfants et à d’autres avantages, et Tsahal a commencé à arrêter un petit nombre de fugitifs, dont certains tentaient de quitter le pays.
Cependant, dans le même temps, la coalition a fait pression pour adopter une législation qui codifierait des exemptions générales du service militaire pour les étudiants à temps plein des yeshivot, tout en fixant des objectifs de conscription modestes pour l’ensemble des Haredim. Ce projet de loi, vivement critiqué par un large éventail de détracteurs, a récemment été mis de côté, mais il pourrait être relancé ultérieurement.
La procureure générale, Gali Baharav-Miara, a récemment déclaré devant la Haute Cour que le gouvernement Netanyahu n’avait pas respecté une ordonnance de justice lui enjoignant d’élaborer des sanctions à l’encontre des Haredim réfractaires à la conscription.
Dans le même temps, l’armée s’est plainte que la police israélienne l’empêchait systématiquement d’arrêter les réfractaires dans les quartiers ultra-orthodoxes.
Ni le bureau de la procureure générale ni la police n’ont pris de mesures contre un réseau de lignes d’assistance téléphonique qui aide les réfractaires, dont une fondée par l’ancien ministre Meïr Porush.
Ce réseau encourage les Haredim étudiant en yeshiva à ignorer les ordres de conscription et mobilise activement des manifestants pour empêcher l’arrestation des réfractaires.
Des groupes haredim radicaux ont également versé des subventions aux réfractaires libérés de prison militaire.
Leon Kraiem a contribué à cet article.
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