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Bennett : Israël s’est « endormi » après l’accord sur le nucléaire de 2015

S'exprimant lors d'une conférence à l'université Reichman, le Premier ministre reproche implicitement à Netanyahu d'avoir permis à l'Iran de développer sa menace contre Israël

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors de la conférence de l'IPS à l'université Reichman, le 23 novembre 2021 (Amos Ben Gershom/GPO).
Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors de la conférence de l'IPS à l'université Reichman, le 23 novembre 2021 (Amos Ben Gershom/GPO).

Israël s’est « endormi » après la signature de l’accord sur le nucléaire entre l’Iran et les puissances mondiales, a déclaré mardi matin le Premier ministre Naftali Bennett à l’Université Reichman d’Herzliya, dans un clin d’œil à son prédécesseur.

« L’erreur que nous avons commise après le premier accord nucléaire en 2015 ne se répétera pas », a déclaré Bennett. « Avec tout le bruit fait au préalable, à partir du moment où l’accord a été signé, il nous a affectés comme un somnifère. Israël s’est tout simplement endormi. Nous nous sommes occupés d’autres choses. »

« Nous apprendrons de cette erreur », a-t-il promis. « Nous maintiendrons notre liberté d’action ».

L’accord de 2015 entre l’Iran et les pays du P5+1 a été signé alors que l’actuel leader de l’opposition Benjamin Netanyahu était Premier ministre.

« Même s’il y a un retour à un accord, Israël n’en est évidemment pas partie prenante et n’est pas lié par lui », a déclaré Bennett.

Il a souligné qu’Israël doit se concentrer sur la défaite de la République islamique elle-même au lieu de courir après des cellules terroristes par procuration au Liban.

Bennett a relaté le processus de révision de la politique qu’il a initié dès son entrée en fonction. Il a énoncé quatre conclusions principales : permettre à l’Iran de développer une stratégie d’asymétrie était une « erreur stratégique israélienne » ; Israël devait utiliser ses avantages, notamment son économie, ses prouesses informatiques, sa démocratie et sa légitimité internationale ; Israël devait accroître son avantage sur ses adversaires, grâce à une économie forte ; et Israël devait maintenir l’initiative.

M. Bennett a déclaré que lorsqu’il est entré en fonction en juin, il a été choqué par « l’écart entre la rhétorique et l’action concernant les préparatifs et les capacités d’Israël contre le programme nucléaire iranien. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle de l’Iran lors d’une réunion conjointe du Congrès des États-Unis dans la salle de la Chambre au Capitole américain, le 3 mars 2015 à Washington, DC. (Win McNamee/Getty Images/AFP)

« L’Iran est à un stade très avancé de son programme nucléaire, a-t-il averti, car sa machine d’enrichissement est plus large et plus sophistiquée que jamais. »

Cette semaine, alors que l’Iran doit entamer des négociations avec les puissances mondiales à Vienne à partir du 29 novembre, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré que Téhéran avait de nouveau augmenté ses stocks d’uranium hautement enrichi.

Selon le rapport de l’AIEA, ce stock, au 6 novembre, dépassait de plusieurs fois la limite fixée dans l’accord avec les puissances mondiales. Cet uranium hautement enrichi peut être facilement raffiné pour fabriquer des armes atomiques.

Le Premier ministre a également émis une note positive dans son discours d’ouverture de la conférence de l’Institut de politique et de stratégie de l’université.

« Israël est fort, prospère et ouvert sur le monde », a-t-il déclaré.

En revanche, Bennett a dressé le portrait d’un Iran fragile.

« Le régime est à son point le plus extrême depuis 1979 », a-t-il déclaré. « C’est un régime qui ne peut pas fournir de l’eau à ses citoyens. De l’eau. Un régime dont l’économie est faible et dont le gouvernement est corrompu, et qui gouverne par la force et la peur. »

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