Rechercher

Bennett vante la coalition sortante dans une Opinion parue dans le New York Times

L'ancien Premier ministre affirme avoir trouvé des terrains d'entente avec Mansour Abbas, le chef arabe de Raam - un "mensch", dit-il - en tant "qu'homme de foi"

Le Premier ministre par alternance, Naftali Bennett, lors d'une allocution à Lod, le 14 septembre 2022. (Crédit :  Flash90)
Le Premier ministre par alternance, Naftali Bennett, lors d'une allocution à Lod, le 14 septembre 2022. (Crédit : Flash90)

L’ex-Premier ministre Naftali Bennett a salué le chef de Raam, Mansour Abbas, pour son « courage » et pour avoir rejoint son gouvernement, et il a déclaré espérer que la prochaine coalition réussirait à unir la société israélienne dans une Opinion publiée dimanche dans le New York Times.

« Nous nous étions donné le nom du ‘gouvernement de la bonne volonté’. Nous nous sommes prouvés et nous avons prouvé aux autres, hors de notre coalition, que des personnalités ayant des opinions politiques radicalement différentes sont en mesure de travailler incroyablement bien ensemble. Le monde est plus polarisé que jamais. Le modèle que nous avons su présenter était un modèle de coopération et d’unité. Dépassant les tribus auxquelles nous appartenions dans l’intérêt de notre nation », écrit Bennett dans son Opinion.

Le politicien de droite salue en particulier Mansour Abbas, le chef du parti islamiste Raam, en disant que s’il avait initialement une mauvaise opinion de ce dernier, les choses ont rapidement changé.

« J’ai découvert un dirigeant courageux d’à peu près mon âge qui s’est avéré être un mensch, » note Bennett dans le New York Times.

« Nous sommes tous les deux des hommes de foi et nous avons rapidement convenu que nous laisserions Dieu gérer les désaccords théologiques qui peuvent exister entre le Judaïsme et l’Islam. Nous avons décidé que nous travaillerions ensemble, ici et maintenant, de manière à offrir une meilleure éducation, de meilleurs emplois et des rues plus sûres aux Israéliens et aux Arabes », poursuit-il.

« Un nouveau gouvernement est sur le point de se former en Israël et j’espère que ses leaders comprennent que le plus gros défi à relever pour le pays est de continuer à rassembler et à unir tous les segments de la société israélienne », continue-t-il.

Le nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett (G) discute avec Mansour Abbas, chef du parti islamiste Raam, lors d’une session spéciale de vote pour le nouveau gouvernement à la Knesset, à Jérusalem, le 13 juin 2021. (Crédit : EMMANUEL DUNAND/AFP)

Bennett explique également que la raison pour laquelle son gouvernement a été en mesure d’adopter des législations a été la « règle des 70/70 » qui, selon lui, reflète le fait qu’environ 70 % des Israéliens s’accordent sur 70 % des problématiques qui se posent dans le pays.

« Nous sommes tous d’accord sur le fait que nous avons besoin de meilleurs trains, de meilleures routes, d’une meilleure éducation, d’une plus grande sécurité et d’un coût de la vie moins élevé. Nous restons néanmoins en désaccord sur le conflit israélo-palestinien, sur les questions de religion et d’État et sur la nature désirée de notre système judiciaire », écrit-il.

« Mon gouvernement s’est ainsi focalisé sur ces 70 % à réaliser, en opposition aux querelles éternelles sur les questions sur lesquelles nous sommes en désaccord. Nous avons tous reconnu que ce gouvernement n’insisterait pas sur la souveraineté israélienne dans les Territoires et qu’il ne rendrait pas de territoires aux Palestiniens », selon Bennett. « De la même manière, nous avons décidé que nous n’adopterions aucune loi dans des dossiers religieux ou judiciaires litigieux ».

Il affirme également qu’en laissant de côté les questions les plus politiquement sensibles, son gouvernement formé de députés issus de tout le spectre politique ont pu commencer à se considérer les uns les autres « comme des personnalités respectables qui travaillaient ensemble dans l’intérêt d’Israël, laissant derrière nous les qualificatifs démoniaques et les interpellations insultantes du passé ».

L’ancien Premier ministre reconnaît que ce sont les dysfonctionnements de son gouvernement qui ont entraîné sa chute, sans pour autant mentionner la campagne électorale manquée.

« Mon gouvernement n’a que médiocrement travaillé dans la nécessité de repousser la quantité énorme de désinformation qui se propageait en Israël et pour lutter contre le sectarisme aveugle. Une campagne qui a réussi et qui a entraîné la chute du gouvernement », dit-il dans son Opinion.

« Même si mon gouvernement n’a été au pouvoir que pendant un an, je pense que nous sommes parvenus à donner une image unique, un modèle de la manière dont une société hautement polarisée peut coopérer », a-t-il écrit. « Cette belle image, une fois gravée dans les cœurs et dans les esprits, ne pourra être facilement effacée ».

Bennett a officiellement présenté sa démission du poste de Premier ministre d’alternance au début du mois.

Une démission qui met un terme à une décennie de carrière politique dont le point d’orgue aura été une ascension surprise au poste de Premier ministre, l’année dernière – une nomination qui aura aussi précipité sa fin.

(De gauche à droite) : le leader de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman, le dirigeant de Yesh Atid Yair Lapid, le chef de Yamina Naftali Bennett, le responsable de Tikva Hadasha Gideon Saar, celui de Benny Gantz, le leader de Raam Mansour Abbas, la présidente du parti Travailliste Merav Michaeli et celui du Meretz, Nitzan Horowitz, lors d’une réunion à Tel Aviv, le 6 juin 2021. (Crédit : Raanan Cohen)

Bennett avait cédé, au mois de juin, le poste de Premier ministre au Premier ministre sortant Yair Lapid – honorant l’accord de partage du pouvoir signé entre les deux hommes – et annoncé qu’il quitterait la politique après l’effondrement de la coalition et l’annonce de l’organisation de nouvelles élections.

Dans une déclaration faite lors de son départ, Bennett a appelé le gouvernement de droite qui devrait prendre le pouvoir « à ne pas piétiner la gauche », recommandant aussi vivement aux Israéliens de gauche de ne pas désespérer de l’issue des élections qui a permis au bloc de droite du Likud de remporter une majorité de 64 sièges.

« Ces résultats ne signent pas la fin du pays », a dit Bennett, ajoutant qu’il pensait que les prochains ministres travailleraient au service de l’intérêt général « et non pour une communauté spécifique ».

Il a aussi fait appel au bloc de droite, d’extrême-droite et religieux ayant remporté la victoire, en lui demandant : « Respectez les perdants. Pas besoin de piétiner qui que ce soit ».

Depuis sa démission, Bennett a donné des conférences non-rémunérées devant les étudiants et devant les soldats.

Il devrait aussi donner plusieurs conférences au sein du groupe United Israel Appeal, en Australie, dans le cadre de la campagne de gala qui devrait avoir lieu dans tout le pays pendant tout le mois de février, a noté le Australian Jewish News, la semaine dernière.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.