Benny Gantz dénonce le manque de dissuasion de Netanyahu à l’égard de Gaza
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Benny Gantz dénonce le manque de dissuasion de Netanyahu à l’égard de Gaza

Pour le rival du Premier ministre, il faut faire usage de la force après le tir de missile et la vague de ballons incendiaires, alors qu'un cadre du Hamas menace d'une escalade

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la Knesset, le 3 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la Knesset, le 3 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Benny Gantz, le principal rival de Benjamin Netanyahu aux prochaines élections, a critiqué jeudi le Premier ministre pour son manque de réponse ferme aux groupes terroristes de Gaza à la suite d’un tir de roquette sur le sud d’Israël et une vague d’attaques incendiaires, alors qu’un officiel du Hamas a menacé d’une escalade supplémentaire.

Des avions israéliens ont frappé des installations souterraines du Hamas à Gaza dans la nuit, après qu’une roquette a été abattue par le système de défense aérienne du Dôme de fer dans ce qui a été la première attaque du genre depuis le conflit de deux jours entre Israël et des groupes terroristes dans l’enclave côtière au début du mois dernier.

Le projectile entrant a déclenché les sirènes dans la communauté de Nirim de la région d’Eskhol, à l’est de Gaza, vers 12 heures 45 jeudi. Les résidents de la zone ont entendu la détonation mais la roquette n’a pas fait de blessé ni de dégâts.

« Netanyahu n’est dur qu’en paroles », a déclaré Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan, dans un communiqué. « Les tirs continus de roquettes du Hamas sont la preuve que nous avons perdu notre capacité de dissuasion ».

« C’est seulement en faisant payer le prix fort au Hamas que nous ferons clairement passer le message qu’Israël ne fait pas que parler, mais sait aussi utiliser la force ».

Des roquettes lancées vers Israël depuis Gaza City, le 5 mai 2019. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Dans le même temps, un officiel du Hamas aurait menacé que la situation pourrait aller vers l’escalade si Israël n’appliquait pas pleinement l’accord non officiel de cessez-le-feu, et Jérusalem a accusé les groupes terroristes de l’enfreindre.

Ces propos faisaient référence à l’annonce par Israël de la fermeture totale de la zone de pêche au large de Gaza, bloquant l’accès à la mer aux pêcheurs, en réaction à une série d’attaques depuis l’enclave côtière dans la journée.

Au moins six incendies ont été attribués à des attaques de ballons incendiaires lancés depuis la bande de Gaza, et un ballon lesté d’une bombe a explosé sur une ville israélienne. Aucun blessé n’est à déplorer, mais les pâturages et champs ont été endommagés.

Ces attaques incendiaires enfreignent le cessez-le-feu officieux conclu en mai entre Israël et les dirigeants du Hamas, au terme de deux jours d’intenses combats entre l’armée israélienne et les groupes terroristes palestiniens.

Selon la Douzième chaîne israélienne, l’accord négocié par l’Egypte et qui avait mis un terme à la flambée des violences avait compris, pour le Hamas, l’obligation de mettre un terme aux incidents violents le long de la clôture frontalière, l’établissement d’une zone-tampon de 300 mètres à la frontière, la fin du lancement de ballons incendiaires vers les communautés israéliennes et des affrontements nocturnes entre les Gazaouis et les forces de sécurité, ainsi que l’arrêt des flottilles qui tentent de traverser la frontière maritime entre Gaza et Israël.

Des jeunes Palestiniens préparent des ballons incendiaires à envoyer en Israël à l’est du camp de réfugiés de Bureij, dans la bande de Gaza, le 31 mai 2019 (Crédit : Hassan Jedi/ Flash90)

En échange, l’Etat juif aurait accepté d’élargir la zone de pêche, de permettre la mise en œuvre des programmes « argent liquide contre travail » des Nations unies, d’autoriser l’arrivée d’aide médicale et humanitaire dans l’enclave et d’ouvrir des négociations sur des dossiers relatifs à l’électricité, aux postes-frontières, à la santé et au financement.

« La situation connaîtra une escalade progressive » si l’accord est violé, a été cité l’officiel du Hamas non identifié par la chaîne Kan. « Si l’accord est appliqué, la situation se calmera ».

« Nous ne tentons pas de minimiser ce que nous avons réussi, mais les troupes à Gaza n’ont pas l’impression qu’Israël honore l’accord », a-t-il ajouté.

« Il ne fait que retarder et retarder ses engagements et ne laisse pas l’argent [qatari] entrer dans Gaza, ne veut pas étendre la zone de pêche et autoriser l’entrée d’équipements à double-emploi ».

Des bateaux de pêche palestiniens sur la mer Méditerranée dans le port de Gaza, le 10 mai 2019. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

En revanche, Daoud Shehab, un porte-parole de l’organisation terroriste du Jihad islamique, a fait savoir jeudi que son mouvement était « déterminé à appliquer les clauses du cessez-le-feu », malgré « les efforts de l’occupation de bloquer leur mise en œuvre ».

Dans le même temps, le président du syndicat des pêcheurs des gazaouis, Nizar Ayyash, s’est entretenu avec plusieurs médias israéliens jeudi matin pour dénoncer la mesure qu’il qualifie de « sanction collective ».

« C’est une plaisanterie », estime Nizar Ayyash. « Quel est le lien entre ceux qui lancent des ballons incendiaires et les pêcheurs en mer ? Quand quelqu’un vous cause des ennuis, vous punissez aussi ceux qui n’ont aucun lien avec lui ? C’est une sanction collective ».

Il a également déploré que le lien fait par Israël entre la zone de pêche à la situation sécuritaire perturbait une industrie gazaouïe relativement stable, causant des millions de shekels de perte pour chaque jour de fermeture et le « désespoir » des pêcheurs. Il a néanmoins indiqué qu’il ne pousserait pas le syndicat à faire pression sur le Hamas et lui demander de faire des concessions, expliquant qu’il n’interviendrait pas dans ce qu’il estime être la responsabilité des dirigeants.

Judah Ari Gross et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

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