Biden et les normalisations avec Israël : économiquement crucial – expert
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Biden et les normalisations avec Israël : économiquement crucial – expert

Selon un expert de la banque Hapoalim, les relations avec les ÉAU et Bahreïn changent la donne, car elles créent de nouveaux marchés ; il espère que Ryad et Ramallah suivront

Le président désigné des États-Unis Joe Biden, rejoint par la vice-présidente désignée Kamala Harris, s'exprime au Queen Theater, le 9 novembre 2020, à Wilmington, Delaware. (AP Photo/Carolyn Kaster)
Le président désigné des États-Unis Joe Biden, rejoint par la vice-présidente désignée Kamala Harris, s'exprime au Queen Theater, le 9 novembre 2020, à Wilmington, Delaware. (AP Photo/Carolyn Kaster)

L’impact potentiel de la nouvelle administration de Joe Biden sur l’économie israélienne dépend en grande partie de la normalisation des relations de l’État juif avec les pays du Golfe et d’autres pays arabes, qui doit s’étendre à d’autres partenaires, a déclaré Nadav Ophir, conseiller en stratégie des marchés mondiaux à l’Hapoalim Bank Ltd, dans une interview au Times of Israel.

« Le processus de paix [qui a commencé] avec les EAU et d’autres pays va-t-il se poursuivre ou s’arrêter ? », a-t-il interrogé. « Les changements qui se sont produits ces derniers mois ont vraiment changé la donne pour l’économie israélienne, car ils ont ouvert la voie à de nouveaux marchés, de nouveaux clients, des importations et des exportations ».

La normalisation des relations entre Israël et les EAU, et entre Israël et Bahreïn, en septembre, sous l’impulsion de l’administration Trump et du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a provoqué un regain d’activité, les entreprises, les investisseurs et les start-ups s’efforçant de tisser des liens entre les pays.

Même avant l’accord de paix historique, il existait des liens informels entre Israël et les EAU. Aujourd’hui, ces relations s’expriment au grand jour, ce qui laisse espérer une coopération commerciale plus intense et plus poussée, notamment dans les domaines de la cybersécurité, des équipements médicaux, de la technologie agricole et de l’agriculture du désert, de l’énergie solaire, du dessalement et de la qualité de l’eau et des produits pharmaceutiques.

Nadav Ophir, stratégiste des marchés mondiaux à la Bank Hapoalim Ltd. (Aviv Gotlib)

Des organismes commerciaux israéliens ont estimé que le volume des échanges entre les deux nations pourrait atteindre des milliards de dollars par an dans un « avenir proche ».

En octobre, le président Trump a annoncé que le Soudan avait accepté de faire la paix avec Israël et que d’autres pays étaient sur la même voie. Les investisseurs et les économistes se demandent si ces accords de normalisation vont maintenant se concrétiser et, si oui, à quel rythme, alors que l’administration américaine semble changer, a expliqué Ophir.

D’anciens et d’actuels responsables de l’administration Trump qui se sont entretenus avec le Times of Israel ont fait savoir qu’il était très peu probable que la liste des participants aux Accords Abraham s’allonge avant l’intronisation officielle de Joe Biden.

En ce qui concerne l’Asie, l’expert pense que les relations tendues entre les États-Unis et la Chine sous Trump n’ont pas affecté directement Israël, bien qu’une position américaine plus souple pourrait « aider à stimuler nos relations commerciales avec la Chine et les pays d’Extrême-Orient ».

Une administration Biden ne devrait pas affecter le secteur technologique, qui a largement prospéré alors que le monde lutte contre la pandémie de coronavirus et recourt à la communication numérique pour les interactions commerciales et sociales, a ajouté M. Ophir.

Le secteur technologique aux États-Unis, et indirectement en Israël, « ne ressentira aucun impact de la nouvelle présidence », a-t-il prédit. « Il a trouvé de nouvelles opportunités dans la pandémie, en proposant des solutions de travail à domicile et des solutions de cloud computing ».

L’économie et la bourse israéliennes seront très probablement affectées non pas par l’évolution de la situation politique aux Etats-Unis, mais par les développements politiques, économiques et sanitaires locaux : par le rythme de la propagation continue de la pandémie, les niveaux de chômage et le déficit budgétaire, a-t-il dit, sans oublier l’adoption espérée d’un budget pour 2021 et la menace de nouvelles élections.

« Les investisseurs sont à la recherche de certitudes politiques », a-t-il souligné.

L’impact à long-terme de la victoire présumée de Biden sur l’économie israélienne sera principalement lié aux politiques de la nouvelle administration au Moyen-Orient.

« Cela dépend de la direction que nous prenons et de la réaction de l’administration américaine au Moyen-Orient », a déclaré M. Ophir. « En temps de paix, les dépenses de sécurité diminuent, et c’est bon pour la croissance. Un traité de paix avec l’Arabie Saoudite, par exemple, serait excellent pour la croissance économique, tout comme la reprise des pourparlers avec les Palestiniens, sous la direction de M. Biden ».

« La paix est bonne pour l’économie », a indiqué l’expert. « Ce serait formidable pour nous. »

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