Gantz : des élections sont préférables à l’absence de budget
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Gantz : des élections sont préférables à l’absence de budget

Le chef de Kakhol lavan n'exclut pas de former une autre coalition car en bloquant le budget, Netanyahu commet "un crime contre l'Etat"

Le ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du plénum de la Knesset, le 24 août 2020. (Bureau du porte-parole de la Knesset)
Le ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du plénum de la Knesset, le 24 août 2020. (Bureau du porte-parole de la Knesset)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a intensifié ses attaques contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour son blocage du budget de l’Etat couvrant 2020 et 2021, affirmant que cet échec serait « un crime contre l’Etat et contre les citoyens ».

Gantz a même déclaré que de nouvelles élections seraient préférables à la situation actuelle, suggérant qu’il pourrait tenter de former un gouvernement d’alternance avec les partis de l’opposition.

Cela fait longtemps que Kakhol lavan de Gantz et le Likud de Netanyahu ont des désaccords – cela a été le cas pratiquement depuis la formation du gouvernement d’unité, au mois de mai – mais ces différences sont devenues plus aiguës ces dernières semaines alors que la date de l’échéance de l’approbation d’un budget gouvernemental – qui avait déjà été repoussée – se rapproche.

Netanyahu aurait empêché les responsables du ministère des Finances d’en présenter un nouveau. Et Gantz accuse le chef du Likud d’avoir pris le budget en otage en raison d’une clause figurant dans l’accord de coalition qui lui permet de rester à la tête du gouvernement de transition si le gouvernement venait à s’effondrer en raison d’une incapacité à adopter un budget. En revanche, si un budget 2021 est approuvé, Gantz a la garantie d’occuper le poste de Premier ministre – tel que le prévoit l’accord de coalition – au mois de novembre 2021.

Mercredi, Gantz, dont le tempérament est habituellement réservé et calme, a lancé une attaque féroce contre son partenaire de coalition alors qu’il s’entretenait avec le quotidien Yedioth Ahronoth.

« Netanyahu met en péril l’avenir économique d’Israël », a-t-il accusé. « S’il n’adopte pas de budget, ce serait un crime commis contre l’Etat et contre ses citoyens ».

« Tous les économistes israéliens – parmi lesquels le directeur de la Banque d’Israël, les hauts-responsables des Finances et les anciens hauts-responsables du ministère des Finances – disent d’une même voix qu’il n’y a pas d’autres options que d’adopter un budget pour 2021 », a continué Gantz. « Si le budget, pour l’année prochaine, n’est pas présenté, le Likud ne pourra pas expliquer aux citoyens pourquoi il ne s’est pas préoccupé de leur avenir, mais bien du sien ».

Le Yedioth a fait savoir qu’au cours de discussions récentes avec ses proches, Gantz n’avait pas exclu de former une coalition d’alternance pour éviter un quatrième scrutin, même si cela impliquait de nommer temporairement Moshe Yaalon, issu des rangs du parti d’opposition Yesh Atid-Telem, au poste de Premier ministre.

« Tout est sur la table. Il y a des choses qui se passent en coulisses et il y a également des opportunités au sein même de cette Knesset », aurait dit Gantz, des propos rapportés par ses proches sous couvert d’anonymat.

« Une chose est sûre : Nous, au sein de Kakhol lavan, nous savons que continuer ce gouvernement sans budget est à l’origine de dégâts plus importants pour la nation israélienne que de nouvelles élections », aurait-il ajouté.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’adresse aux soldats du Commandement du Front Intérieur de l’armée israélienne, lors d’une visite dans la ville d’Ashdod, dans le sud du pays, le 14 septembre 2020. (FLASH90)

Les deux parties avaient formé un gouvernement d’unité, cette année, pour prendre en charge le pays alors en lutte contre la pandémie de coronavirus après trois élections non-concluantes. Le mandat du gouvernement s’est néanmoins depuis distingué par des querelles constantes et des dysfonctionnements.

Les dirigeants de Kakhol lavan ont indiqué que de nouvelles élections auraient lieu si un budget d’Etat n’était pas adopté d’ici la fin octobre, même s’il reste à voir si la formation respectera elle-même cet ultimatum.

Les députés de Kakhol lavan ont lancé, au début de la semaine, une campagne coordonnée accusant le parti de Netanyahu de bloquer des réformes pourtant désespérément nécessaires et de refuser l’adoption du budget annuel.

Le Likud a répondu en affirmant que les membres de Kakhol lavan se prêtaient à un jeu de « politique politicienne ».

L’Etat juif a traversé 2020 sans budget d’Etat, même si l’accord de coalition qui avait été signé entre le Likud et Kakhol lavan prévoyait l’adoption, cet été, d’un budget couvrant 2020 et 2021.

Kakhol lavan aurait déjà averti que si un tel dysfonctionnement continuait et qu’un budget d’Etat pour l’année 2021 ne devait pas être avancé devant le Knesset d’ici la fin octobre, il prendrait le rôle d’une « opposition » au sein même du gouvernement.

Le Premier ministre est actuellement traduit en justice pour fraude et abus de confiance dans trois dossiers et pour pots-de-vin dans l’un d’entre eux. Il ne cesse de clamer son innocence, affirmant être victime d’une tentative de coup d’Etat impliquant la police, les procureurs de l’Etat placés sous l’autorité du procureur-général Avichai Mandelblit, l’opposition de gauche et les médias.

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