Bnei Brak : 28 ultra-orthodoxes manifestant contre le service militaire arrêtés
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Bnei Brak : 28 ultra-orthodoxes manifestant contre le service militaire arrêtés

Les manifestants ont bloqué la rue principale, exigeant qu'aucun changement ne soit apporté à la législation accordant une exemption à tous les étudiants de yeshiva

Des Israéliens ultra-orthodoxes affrontent la police lors d'une manifestation contre le service militaire à Bnei Brak, le 10 décembre 2018 (Roy Alima/Flash90)
Des Israéliens ultra-orthodoxes affrontent la police lors d'une manifestation contre le service militaire à Bnei Brak, le 10 décembre 2018 (Roy Alima/Flash90)

La police a appréhendé lundi 28 manifestants ultra-orthodoxes qui bloquaient la circulation et causaient des perturbations à Bnei Brak pour protester contre le projet de service militaire et l’arrestation d’un étudiant de yeshiva qui s’y était soustrait, le mois dernier.

Dans un communiqué, la police a fait savoir que les manifestants causaient des perturbations et jetaient des bouteille d’eau sur les agents qui s’efforçaient alors de disperser ce mouvement de protestation illégal.

La circulation dans la ville et aux alentours de Bnei Brak, dans le centre du pays, a été très fortement ralentie.

Les manifestants se sont assis au milieu de la rue Jabotinsky et ont scandé des slogans contre l’enrôlement des membres de la communauté ultra-orthodoxe dans l’armée, disant : « Plutôt mourir que de se faire enrôler ».

La manifestation était organisée par le mouvement extrémiste de la ‘faction de Jérusalem’, qui a été le fer de lance de protestations contre le refus du service militaire, et avait pour thème la libération de l’étudiant Yitzhak Aryeh, qui avait été arrêté par la police pour désertion à la fin novembre et se trouve depuis dans une prison militaire. Une manifestation contre l’arrestation d’Aryeh a eu lieu à Jérusalem il y a deux semaines.

Les manifestants ont également exigé qu’aucun changement ne soit apporté aux lois actuelles accordant de vastes exemptions de l’armée aux membres de la communauté ultra-orthodoxe qui étudient dans les séminaires religieux, appelés yeshivot.

La police a déclaré avant la manifestation qu’elle laisserait l’événement se dérouler tant qu’il ne causerait pas de perturbations déraisonnables.

« La police israélienne n’empêchera pas la tenue de la manifestation dans le but de défendre la liberté d’expression et de protestation des citoyens », a déclaré la police, dans un communiqué. « En même temps, nous ne permettrons aucune perturbation de l’ordre public et agirons résolument contre toute forme de violence. »

La police a préparé des plans d’urgence au cas où la route 4, une artère importante qui passe à côté de Bnei Brak, serait bloquée. La circulation devait être déviée le long de la route 471 et par la jonction Aluf Sade.

Affrontements entre Juifs ultra-orthodoxes et policiers lors d’une manifestation contre le projet de conscription de l’armée à Jérusalem, le 28 novembre 2018. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

La semaine dernière, la Cour suprême de justice a accordé au gouvernement une prolongation d’un mois et demi pour adopter un nouveau projet de loi controversé sur le service militaire des hommes ultra-orthodoxes.

Les règlements actuels qui permettent aux étudiants des séminaires ultra-orthodoxes de reporter leur service obligatoire dans Tsahal devaient expirer au début du mois, et sans cette prolongation, des milliers d’étudiants de yeshiva auraient été éligibles pour être incorporés.

Le gouvernement Netanyahu avait demandé une prolongation de quatre mois à la Cour suprême, affirmant qu’il avait besoin de plus de temps pour adopter la loi sur le recrutement suite à la démission soudaine d’Avigdor Liberman comme ministre de la Défense. Liberman a également retiré son parti Yisrael Beytenu de la coalition de Netanyahu, le laissant avec une majorité minimale de 61 sièges sur un total de 120 à la Knesset.

Le projet de loi rédigé par le ministère de la Défense fixerait des objectifs annuels minimaux pour la conscription ultra-orthodoxe qui, s’ils ne sont pas atteints, entraîneraient des sanctions financières pour les établissements religieux où ils étudient. En même temps, il officialiserait également les exemptions pour la grande majorité des étudiants de yeshiva.

La plupart des membres de la communauté ultra-orthodoxe échappent au service militaire obligatoire qui s’applique aux Israéliens, et la communauté a toujours bénéficié d’exemptions générales de l’armée en faveur des études religieuses au séminaire.

En septembre dernier, la Cour suprême a statué qu’une version 2015 du projet de loi israélien accordant à la plupart des étudiants de yeshiva des exemptions de service militaire était inconstitutionnelle et a donné aux législateurs un an pour instituer de nouvelles directives pour le recrutement des ultra-Orthodoxes. Le tribunal a par la suite prolongé le délai, donnant au gouvernement jusqu’au 2 décembre pour adopter une version modifiée du projet de loi sur l’enrôlement.

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