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Brésil: Un pasteur condamné à 18 ans de prison pour incitation à la haine antisémite

"Massacre les Juifs, Seigneur, frappe-les avec ton épée, car ils ont quitté Dieu, ils ont quitté les nations", avait déclaré l'homme dans un sermon en 2020

Le pasteur Tupirani da Hora Lores prêche dans son église de Rio de Janeiro au mois de juin 2020. (Autorisation : Sinagoga Sem Fronteiras via JTA)
Le pasteur Tupirani da Hora Lores prêche dans son église de Rio de Janeiro au mois de juin 2020. (Autorisation : Sinagoga Sem Fronteiras via JTA)

Tupirani da Hora Lores, pasteur de l’église pentecôtiste « génération Jésus-Christ » à Rio de Janeiro au Brésil, a été condamné à 18 ans et six mois de prison le 30 juin dernier pour incitation à la haine antisémite, ont rapporté la presse brésilienne et le site francophone Info Chrétienne. Le pasteur avait été filmé il y a deux ans priant pour qu’une seconde Shoah ait lieu.

« Massacre les Juifs, Seigneur, frappe-les avec ton épée, car ils ont quitté Dieu, ils ont quitté les nations », déclarait-il. Ses fidèles répétaient en fond ses propos.

« Ils se sont arrangés, sont allés avec des prostituées, et quand on leur a dit de se repentir, ils ont dit qu’ils le feraient mais ils ont menti. Dieu, ce que tu as fait pendant la Seconde Guerre mondiale, tu dois le refaire, c’est ce que nous te demandons dans nos prières : justice, justice, justice ! », poursuivait-il.

Ricardo Sidi, directeur juridique de la Confédération israélite brésilienne, qui a participé à l’accusation pendant le procès, s’est félicité de la décision de justice.

« C’est la peine la plus lourde appliquée au Brésil pour ce type de crime, ce qui contribuera à inhiber cette pratique odieuse », a-t-il déclaré, a rapporté la Jewish Telegraph Agency.

Tupirani da Hora Lores est incarcéré depuis son arrestation en février dernier par la police fédérale. Lors du jugement rendu le 30 juin, Valéria Caldi Magalhães, juge du 8e Tribunal pénal fédéral de Rio de Janeiro, a déclaré que « le prévenu avait utilisé sa condition de pasteur d’une communauté religieuse pour commettre un crime, ce qui augmente la possibilité d’inciter les fidèles à agir de la même manière ».

« Les circonstances du crime sont graves car la violence du discours est répétée avec la mention du massacre des Juifs, un massacre que, selon l’accusé, ‘ils méritent’ », a-t-elle ajouté.

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