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Budget ou élections ? Premier test pour le nouveau gouvernement

Nuits blanches en vue à Jérusalem ? Les députés israéliens doivent lancer à partir de mercredi soir le débat en vue de l'adoption du premier budget de l'Etat en trois ans

Vue du bâtiment principal de la Knesset, le Parlement israélien, à Jérusalem, le 26 décembre 2018. (Hadas Parush/Flash90/via JTA)
Vue du bâtiment principal de la Knesset, le Parlement israélien, à Jérusalem, le 26 décembre 2018. (Hadas Parush/Flash90/via JTA)

Budget ou élections ? Ce vote, qui pourrait s’étirer sur plusieurs jours et qui pourrait déboucher sur de nouvelles élections en cas de rejet, est le premier test pour le gouvernement de Naftali Bennett.

En vertu de la législation israélienne, le gouvernement a jusqu’au 14 novembre pour faire adopter le budget sans quoi la Knesset, le Parlement israélien, se dissoudra et de nouvelles élections seront convoquées, les cinquièmes en moins de trois ans.

« Mes amis, adopter le budget est la plus grande priorité, notre seul défi dans les prochains jours. Il s’agit de notre mission », a déclaré M. Bennett lors d’une réunion du Conseil des ministres à Jérusalem, avant le début du vote en soirée.

« Nous dirigeons le pays vers la stabilité alors que d’autres cherchent le chaos, (de nouvelles) élections et le non-fonctionnement de (l’Etat). Nous sommes dans la dernière ligne droite, il y a encore des jours et des nuits blanches devant nous à la Knesset, mais ce budget sera adopté », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Naftali Bennett s’exprime lors de la conférence du Jerusalem Post, tenue à Jérusalem, le 12 octobre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Son adversaire, le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, a vu lui un budget « mauvais pour les citoyens israéliens et pour l’Etat d’Israël ».

Alors que les débats houleux débutaient dans l’enceinte du Parlement, M. Netanyahu a également dénoncé « les mensonges » du gouvernement qui selon lui avait promis « de baisser les prix et les impôts et ne font que les augmenter ».

« Il faut faire tomber ce gouvernement d’irresponsables », a-t-il ajouté.

De décembre 2018 à juin dernier, Israël était plongé dans une crise politique sans précédent qui a conduit à la tenue de quatre élections anticipées et empêché les parlementaires de s’entendre sur un budget.

La coalition menée par Naftali Bennett, chef du parti de droite radicale Yamina, et le chef de la diplomatie Yaïr Lapid, dirigeant du parti centriste Yesh Atid, a succédé en juin 2021 au dernier gouvernement de Benjamin Netanyahu pour mettre un coup d’arrêt à cette crise.

Le gouvernement Bennett a présenté un projet de budget pour 2021 et 2022 ayant fait l’objet le 2 septembre d’un premier vote, technique, permettant aux comités parlementaires de l’étudier avant de lancer la période cruciale des arbitrages.

La coalition dispose actuellement de 61 sièges sur les 120 du Parlement, une majorité d’un seul siège.

« Les tensions sont élevées au sein des membres de la coalition (…) qui dispose d’une infime majorité », résume mercredi le quotidien hébraïque Maariv.

Des militants de droite le gouvernement à Tel Aviv, le 2 novembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La presse locale évoque des tentatives de l’opposition, menée par le parti de droite Likud de Benjamin Netanyahu et des partis religieux, de convaincre un député du gouvernement de voter contre le budget ce qui aurait pour conséquences de provoquer de nouvelles élections.

Mardi soir, des centaines de manifestants de droite opposés au gouvernement de coalition ont protesté dans le centre de la métropole Tel-Aviv pour dénoncer un budget « corrompu ».

Soutien arabe israélien

Le gouvernement Bennett a présenté un projet de budget pour 2021 et 2022 ayant fait l’objet le 2 septembre d’un premier vote, technique, permettant aux commissions parlementaires de l’étudier avant de lancer la période cruciale des arbitrages.

Le budget prévoit des dépenses de 609 milliards de shekels en 2021 et de 573 milliards en 2022.

Au cours des derniers jours, le gouvernement a adopté un plan d’aide de plus de huit milliards d’euros sur cinq ans pour la minorité arabe israélienne (20 % de la population du pays) et une libéralisation de la certification « casher » dénoncée par les milieux religieux.

Le leader de Raam, Mansour Abbas, parle à la station de radio Kan durant une interview accordée depuis son domicile dans la ville de Maghar, au nord du pays, le 3 juin 2021. (Capture d’écran : YouTube)

D’ailleurs, pour la première fois de l’histoire d’Israël, un parti arabe – les islamistes modérés de la formation Raam de Mansour Abbas – soutient une coalition au pouvoir. Et cet appui est désormais essentiel au gouvernement pour faire adopter son budget.

Malgré les critiques contre l’aide à la minorité arabe et la réforme « casher » par l’opposition et les manifestants, le Likud s’attend, sauf surprise, à ce que le budget soit adopté, a déclaré à la radio de l’armée un député de cette formation, David Bitan.

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