C. Levy: un tiers des infections en Israël est recensé chez les ultra-orthodoxes
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C. Levy: un tiers des infections en Israël est recensé chez les ultra-orthodoxes

Selon le directeur du ministère de la Santé, la communauté enregistre une "forte augmentation" du nombre de décès ; les écoles ne rouvriront pas "normalement" après les fêtes

Des Juifs prient pour le pardon (Selichot) sur le lieu de sépulture du rabbin Shimon bar Yochai à Meron, dans le nord d'Israël, le 12 septembre 2020, avant le Nouvel an juif (David Cohen/Flash90)
Des Juifs prient pour le pardon (Selichot) sur le lieu de sépulture du rabbin Shimon bar Yochai à Meron, dans le nord d'Israël, le 12 septembre 2020, avant le Nouvel an juif (David Cohen/Flash90)

Le directeur général du ministère de la Santé, Chezy Levy, a déclaré mercredi aux journalistes que 34 % des personnes ayant été infectés en Israël étaient ultra-orthodoxes, bien que la communauté ne constitue qu’environ 12 % de la population.

« La communauté ultra-orthodoxe, en raison de la surpopulation et des prières qui enfreignent parfois les règles de conduite, a atteint un niveau de mortalité élevé. Il faut le traiter et trouver une solution, car il affecte la société ultra-orthodoxe, le taux d’infection en général et les hôpitaux », a souligné M. Levy, sans donner de détails sur les dates des statistiques de contamination.

Il n’a pas non plus précisé comment les patients avaient été classés comme ultra-orthodoxes. Selon un rapport de 2019 de l’Institut israélien pour la démocratie, environ 12 % de la population générale sont considérés comme appartenant à cette communauté.

Chezy Levy a indiqué que bien que le taux de mortalité dans la communauté ultra-orthodoxe reste relativement faible par rapport à la population générale et à la communauté arabe – probablement en raison de l’âge relativement jeune des personnes infectées – il connaît une « forte augmentation ».

Le directeur général du ministère de la Santé, Chezy Levy, lors d’une conférence de presse à Jérusalem sur le coronavirus, le 13 juillet 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Il a également souligné que certaines yeshivas ultra-orthodoxes avaient des taux d’infection « considérables ». Plus d’une dizaine de yeshivot avaient été transformées en centres d’hébergement pour les patients atteints de COVID-19 ces derniers jours après avoir constaté de graves épidémies.

Les yeshivot ont réouvert à la mi-août, deux semaines avant le système scolaire général.

M. Levy a noté que les responsables de la santé s’inquiétaient de la prochaine fête de Souccot, avec ses grandes célébrations qui se déroulent généralement en contact étroit, ainsi que du retour des étudiants du séminaire chez eux.

« Ce qui nous inquiète, c’est Souccot, qui comprend des événements pouvant avoir un impact sur l’épidémie : Simhat Torah, hakafot, ventes des quatre épices, Ushpizin, retour des étudiants de yeshiva chez eux », a expliqué M. Levy.

Le chef du ministère de la Santé a également répondu à une question d’un journaliste concernant des informations récentes suggérant que certaines parties de la communauté ultra-orthodoxe avaient décidé qu’elles chercheraient à développé une immunité collective.

« L’immunité collective n’est pas une chose que nous voulons – ni dans le secteur ultra-orthodoxe, ni ailleurs », a commenté M. Levy. « elle ne s’est pas avérée efficace dans le pays qui l’a adoptée – elle n’a pas réduit la mortalité », a-t-il souligné, se référant probablement à la Suède.

Le responsable de la santé a également fait savoir qu’à son avis, le système scolaire ne rouvrirait pas le 11 octobre. Alors que le gouvernement avait initialement indiqué que le confinement durerait deux à trois semaines, les hauts fonctionnaires et le Premier ministre ont indiqué ces derniers jours qu’il pourrait durer beaucoup plus longtemps.

« Il est clair que le système éducatif ne pourra pas reprendre normalement, et il n’est pas certain qu’il reprenne du tout », a annoncé M. Levy. « Nous sommes à 15 % de résultats positifs – c’est fou ».

Des enfants Haredi portent des masques faciaux pour lutter contre l’infection par le coronavirus, à Bnei Brak, le 6 septembre 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)

Le ministère de la Santé a fait état mercredi d’un taux de tests positifs record de 15 %, quelques heures avant que le cabinet du coronavirus ne discute de la fixation d’objectifs et d’indicateurs pour une sortie progressive du confinement national, le deuxième d’Israël cette année.

Dans le but de faire baisser les taux de nouvelles infections quotidiennes, qui ont dépassé les 8 000 sur plusieurs jours la semaine dernière, de nouvelles mesures radicales sont entrées en vigueur vendredi.

Cependant, des médias ont rapporté mardi un certain nombre d’incidents au cours desquels les restrictions sanitaires avaient été enfreintes dans diverses villes et quartiers ultra-orthodoxes.

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