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Cameron: Israël entrave l’acheminement de l’aide à Gaza et ferme le point de passage pour Shabbat

Le COGAT a démenti les affirmations du ministre britannique et l'a invité à venir sur place, justifiant la fermeture des points de passage le Shabbat pour que l'ONU rattrape son retard

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron au Palais du gouvernement, à Beyrouth, le 1er février 2024. (Crédit : Joseph Eid/AFP/Dossier)
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron au Palais du gouvernement, à Beyrouth, le 1er février 2024. (Crédit : Joseph Eid/AFP/Dossier)

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, accuse Israël d’entraver l’acheminement de l’aide à Gaza sur fond de querelle avec le porte-parole anglophone du gouvernement, Eylon Levy, depuis suspendu.

Dans une lettre adressée à la présidente de la commission des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Alicia Kearns – citée par The Guardian jeudi – Cameron a écrit que Gaza ne recevait pas assez d’aide humanitaire en raison du « refus arbitraire du gouvernement israélien et des longues procédures de contrôle et dédouanement, sans parler des créneaux d’ouverture réduits ».

Cameron a par ailleurs écrit qu’Israël fermait le point de passage de Kerem Shalom le samedi, pour Shabbat, refusant de croire l’explication israélienne, à savoir que l’ONU l’avait demandé à Israël pour permettre à ses personnels de traiter le flux d’aide.

Il a ajouté « qu’il se disait que les donateurs internationaux étaient invités à envoyer toute l’aide qu’ils voulaient et qu’Israël en faciliterait l’entrée. J’aimerais le croire. »

Il a conclu : « C’est très décevant de se dire que l’aide britannique à Gaza est retardée pour une question d’autorisations israéliennes. Je sais par exemple que de l’aide venue du Royaume-Uni s’est trouvée bloquée à la frontière pendant près de trois semaines, en attente d’autorisation. »

Le COGAT, organe du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles dans les territoires palestiniens, a rejeté ces accusations et invité Cameron à venir sur place pour se renseigner sur l’ampleur de l’opération humanitaire israélienne à Gaza.

Le COGAT a réagi en écrivant sur X, anciennement Twitter, qu’Israël n’empêchait pas arbitrairement l’entrée de l’aide à Gaza, mais « procédait à des inspections pour des raisons de sécurité, dans un souci d’efficacité ».

Il a ajouté être capable d’inspecter « 44 camions par heure dans les deux points de passage combinés » tout en niant que la fermeture des points de passage le samedi corresponde au jour de repos juif.

« Ils sont fermés pour sabbat, en accord avec l’ONU, pour lui permettre de rassembler l’aide autorisée au cours de la semaine et accumulée en raison de ses capacités logistiques limitées », a-t-il expliqué.

« Faites venir davantage d’aide à Gaza. Nous la ferons passer», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le Royaume-Uni aurait porté plainte contre le célèbre porte-parole anglophone Eylon Levy qui a, le premier, contesté les reproches de Cameron à propos de l’aide humanitaire.

Selon une information de la Douzième chaîne cette semaine, Levy aurait été suspendu suite à une plainte du ministère britannique des Affaires étrangères concernant sa réponse à un message de Cameron, le 8 mars dernier, dans lequel le chef de la diplomatie britannique demandait à Israël « de laisser davantage de camions entrer à Gaza pour acheminer l’aide à ceux qui en ont besoin ».

« J’espère que vous savez aussi que nous ne mettons AUCUNE limite à l’entrée dans Gaza de vivres, d’eau, de médicaments ou d’abris, et qu’en fait, les points de passage ont des capacités de traitement excédentaires », avait répondu Levy à Cameron sur X (ces propos ont depuis, été, supprimés).

« Essayez. Envoyez 100 camions de plus par jour à Kerem Shalom et nous les ferons entrer », avait ajouté Levy, en parlant du point de passage frontalier entre Israël et Gaza.

Eylon Levy, porte-parole du gouvernement israélien, en novembre 2023. (Crédit : Avner Hofstein)

Né et élevé en Angleterre, Levy avait également publié une réponse plus cinglante encore à un message de Cameron, la veille, affirmant : « Il est factuellement faux que le flux d’aide n’ait pas augmenté » et « Si le Royaume-Uni veut que davantage d’aide arrive à Gaza, qu’il commence à l’envoyer : nous ferons en sorte qu’elle arrive ».

Suite à l’article du 8 mars, Kearns, la présidente conservatrice de la commission des Affaires étrangères, avait annoncé s’être entretenue avec Cameron et lui avoir demandé d’examiner les déclarations de Levy selon lesquelles 100 camions de plus pourraient entrer à Gaza chaque jour.

Selon l’information de la Douzième chaîne, qui ne cite pas ses sources, le ministère des Affaires étrangères [britannique] avait adressé un courrier officiel au ministère des Affaires étrangères [israélien] pour dire « la surprise » des diplomates britanniques suite au message de Levy, lui demandant par ailleurs de préciser si ces propos « remettaient en question la position du ministre des Affaires étrangères Cameron et reflétaient la position officielle du gouvernement israélien ».

Levy ne s’est pas exprimé sur la nouvelle de sa suspension.

Selon les estimations, cette terrible guerre – qui a commencé le 7 octobre lorsque le groupe terroriste Hamas a lancé un assaut brutal contre les communautés du sud d’Israël – plonge près de la moitié des Gazaouis, soit 1,1 million de personnes, dans une famine « catastrophique ».

Des Palestiniens déplacés transportent une boîte de rations alimentaires fournies par le Programme alimentaire mondial (PAM) sur un marché de fortune à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 mars 2024(Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Le Hamas a massacré près de 1 200 personnes dans le sud d’Israël, majoritairement civils, sur fond de brutalités généralisées. Sur les 253 personnes prises en otages, 130 se trouveraient toujours à Gaza, 33 d’entre elles mortes.

Israël a riposté à ce massacre en déclenchant une offensive aérienne et terrestre destinée à éradiquer l’organisation terroriste à la tête de la bande de Gaza depuis 2007 et faire libérer les otages.

Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, plus de 31 800 personnes ont été tuées depuis le 7 octobre – chiffre invérifiable de manière indépendante et qui ne fait pas le distinguo entre civils et hommes armés-. Israël revendique la mort de plus de 13 000 de ces hommes armés, auxquels s’ajoute le millier de terroristes tués en territoire israélien le 7 octobre et après.

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