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Centre juif AMIA: pour une porte-parole du président argentin, c’est à Israël d’enquêter

L'attentat à la bombe perpétré en 1994 contre un centre juif a fait 85 morts. La communauté juive locale attend toujours que justice soit rendue

Sur cette photo du 18 juillet 1994, un homme marche sur les décombres de l'immeuble de l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, après qu'il ait été la cible d'un attentat à la bombe meurtrier. (Ali Burafi/AFP)
Sur cette photo du 18 juillet 1994, un homme marche sur les décombres de l'immeuble de l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, après qu'il ait été la cible d'un attentat à la bombe meurtrier. (Ali Burafi/AFP)

JTA – Une porte-parole du président argentin s’est attiré des critiques en affirmant qu’Israël devrait enquêter sur l’attentat à la bombe perpétré en 1994 contre le centre juif AMIA à Buenos Aires, qui a tué 85 personnes et fait des centaines de blessés.

Israël n’était pas la cible de cet attentat perpétré par un membre du groupe terroriste chiite du Hezbollah et soutenu par l’Iran.

Sur Twitter, dimanche, Gabriela Cerruti, porte-parole du président argentin Alberto Fernandez, a écrit que Mohsen Rezaï, actuel vice-président iranien chargé des affaires économiques et principal suspect dans l’enquête sur l’AMIA, aurait dû être arrêté par Interpol lors d’une récente visite controversée au Nicaragua. L’Argentine a lancé un mandat international pour l’arrestation de Rezaï en 2006.

Le législateur argentin juif Waldo Wolff a rapidement critiqué la déclaration de Gabriela Cerruti, affirmant que le gouvernement argentin avait laissé Rezaï s’en tirer à bon compte et n’avait pas respecté son objectif déclaré de rendre justice dans l’enquête sur l’AMIA. Une investigation, qui dure depuis des décennies, et qui a donné lieu à de multiples procès et entraîné la mort du procureur juif Alberto Nisman.

En 2015, Nisman a été retrouvé mort dans son appartement quelques heures avant qu’il ne présente des preuves contre la présidente de l’époque, aujourd’hui vice-présidente, Cristina Fernandez Kirchner, pour avoir ignoré et couvert le rôle de l’Iran dans l’attentat. Elle a été absoute des accusations l’année dernière.

Des personnes tiennent des pancartes lors de la commémoration du cinquième anniversaire de la mort du procureur spécial dans l’affaire AMIA, Alberto Nisman, le 18 janvier 2020, à Buenos Aires. (RONALDO SCHEMIDT/AFP)

L’ambassadeur d’Argentine au Nicaragua a assisté, aux côtés de Rezaï, à la récente investiture du président Daniel Ortega.

« Dans chaque pays, Interpol fonctionne selon les directives politiques locales », a écrit Waldo Wolff à Gabriela Cerruti sur Twitter. « Il n’est pas autonome. Le Nicaragua a pris Rezaï dans ses bras. Notre gouvernement n’a rien fait… Complicité évidente. »

En réponse, Gabriela Cerruti a déclaré que Mohsen Rezaï est « recherché par Interpol et le Mossad », l’agence de renseignement d’Israël. Ces deux groupes « disposent de bien plus de ressources en matière de renseignement qu’une ambassade d’Amérique latine dans un pays des Caraïbes ».

Wolff et d’autres ont condamné Cerruti, arguant qu’Israël n’a aucun intérêt dans cette affaire, puisqu’aucun Israélien n’a été visé ou tué.

Le groupe juif AMIA a publié une déclaration disant que « C’est le pouvoir judiciaire argentin qui accuse les responsables iraniens d’avoir planifié et exécuté l’attentat… L’enquête sur le pire attentat terroriste perpétré dans notre pays, dont la cible était une institution argentine, concerne les autorités argentines. »

L’ancien chef des Gardiens de la Révolution iranienne Mohsen Rezai participe à une manifestation contre les crimes américains dans la capitale Téhéran le 3 janvier 2020 après l’assassinat de Qassem Soleimani, un haut commandant des Gardiens de la Révolution, dans une frappe américaine sur son convoi à l’aéroport international de Baghdad. (Photo par ATTA KENARE / AFP)

Wolff a qualifié les commentaires de Cerruti d’ « aliénants » pour les Juifs argentins, a rapporté The Daily Beast, et un journaliste argentin basé à Paris a dit avec ironie que « les Argentins doivent être occupés par d’autres questions. »

« Toute cette affaire est objectivement un scandale », a déclaré une source judiciaire argentine anonyme au Daily Beast.

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