Certains comparaient au nazisme la politique migratoire de Theresa May
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Certains comparaient au nazisme la politique migratoire de Theresa May

Le gouvernement de David Cameron avait décidé de créer "un environnement hostile" aux immigrants illégaux, exigeant des documents d'identité pour travailler ou louer un appartement

Ancien fonctionnaire britannique, Lord Robert Kerslake, lors d'une interview à la BBC, le 18 avril 2018. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Ancien fonctionnaire britannique, Lord Robert Kerslake, lors d'une interview à la BBC, le 18 avril 2018. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Certains membres du gouvernement allaient jusqu’à comparer à « l’Allemagne nazie » la politique destinée à créer un « environnement hostile » à l’immigration illégale suivie lorsque la Première ministre britannique Theresa May était à la tête du ministère de l’Intérieur, a déclaré l’ancien patron de la fonction publique.

Selon Bob Kerslake, aujourd’hui un membre indépendant de la chambre des Lords, la stratégie appliquée par Mme May à partir de 2010 rendait certains de ses collègues « très malheureux ».

Cette politique est sous les feux des projecteurs depuis qu’il a été révélé cette semaine que des immigrés arrivés des Caraïbes dans les années 1950-1960 de manière parfaitement légale ont fait l’objet d’une procédure d’expulsion faute de pouvoir produire les pièces justificatives qui leur ont été demandées ces dernières années.

« Cette législation était très contestée au sein du gouvernement », a affirmé sur la BBC M. Kerslake, à la tête du la fonction publique de 2012 à 2014. « Certains y voyaient presque un rappel des procédures de l’Allemagne nazie ».

Cependant, le ministre de l’Environnement Michael Gove a affirmé n’avoir « jamais entendu quelqu’un faire la comparaison avant Lord Kerslake », jeudi sur la BBC. « Il ne m’appartient pas de critiquer un ancien fonctionnaire distingué mais je suis respectueusement en désaccord ».

Le gouvernement conservateur de l’ancien Premier ministre David Cameron, constitué en 2010, avait décidé de créer « un environnement hostile » aux immigrants illégaux, obligeant notamment employeurs et propriétaires à exiger des documents d’identité pour embaucher ou louer un appartement. Mais des dizaines de milliers de migrants légaux se sont retrouvés pris dans les mailles du filet tendu, faute de disposer d’une pièce d’identité et des documents nécessaires pour prouver leurs dizaines d’années de présence sur le territoire britannique.

Le Premier ministre britannique Theresa May à la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth à Buckingham Palace, à Londre, le 19 avril 2018. (Crédi :; AFP / POOL / Jonathan Brady)

Theresa May a été contrainte de présenter ses excuses mardi auprès des dirigeants des dirigeants des pays des Caraïbes présents pour assister au sommet du Commonwealth à Londres. Mercredi, elle a cependant mis en cause les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, affirmant qu’ils avaient pris la décision de détruire une partie des cartes d’enregistrement stipulant la date d’arrivée de ces migrants au Royaume-Uni.

Une mise en cause qualifiée de « totalement ridicule » par M. Kerslake. « Vous ne pouvez pas créer un climat et vous attendre à ce qu’il n’y ait pas de conséquences », a-t-il dit.

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