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Cessez-le-feu : Des habitants du sud, soutenus par l’opposition, manifestent

Certains manifestants à Sderot auraient affronté la police ; Des manifestants, scandant "Bibi rentre chez toi", ont annoncé la préparation d'un rassemblement à Tel Aviv mercredi

Des habitants du sud manifestent après l’annonce du cessez-le-feu (Crédit : capture d'écran Hadashot)
Des habitants du sud manifestent après l’annonce du cessez-le-feu (Crédit : capture d'écran Hadashot)

Des centaines de résidents du sud d’Israël ont protesté après l’annonce mardi soir d’un accord de cessez-le-feu avec le Hamas conclu sous l’égide de l’Égypte et de l’ONU, dans un contexte d’intense recrudescence de la violence dans la bande de Gaza.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées à l’entrée de la ville de Sdérot, brûlant des pneus et bloquant la route menant à la ville du sud du pays. Certains ont scandé « Bibi rentre chez toi », en utilisant le surnom du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Des affrontements auraient eu lieu entre manifestants et policiers.

« Ce n’est pas possible (…) ils (les Palestiniens) nous tirent dessus, nous les civils, et nous devrions nous en tenir aux règles internationales ! », a déclaré Bar Tamari, habitante d’Ashkélon. « Qu’on nous laisse violer nous aussi les règles internationales. Qu’on me donne une roquette pour tirer sur leurs maison ! »

Pendant près de 25 heures, les multiples groupes terroristes palestiniens de l’enclave ont tiré au moins 460 roquettes et obus de mortiers sur les communautés israéliennes.

Israël a fait face « sans aucun doute aux tirs de roquettes les plus intenses depuis l’été 2014 » et « à la plus grave attaque de la part d’organisations terroristes contre les populations civiles israéliennes », a dit un porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

La police a déclaré qu’elle travaillait à rétablir l’ordre, affirmant qu’elle « autoriserait la liberté d’expression et des manifestations légitimes », mais pas « une perturbation de l’ordre public, des violences à l’encontre de policiers et de civils et des émeutes sur les routes principales ».

Quelque 500 personnes auraient pris part à la manifestation.

Selon Hadashot TV, certains habitants du sud du pays ont prévu de nouvelles manifestations et des barrages routiers à Tel Aviv mercredi pour protester contre l’accord.

Le dirigeant de l’Union sioniste, Avi Gabbay, a exprimé son soutien aux manifestants, affirmant qu’il s’agissait d’une réponse « justifiée » à la « négligence » du gouvernement.

Il a ajouté que le gouvernement avait échoué dans le sud en « abandonnant » le problème de Gaza depuis la guerre de 2014.

Le président de l’Union sioniste Avi Gabbay à Ashkelon, le mardi 12 novembre 2018. (Crédit : Ra’anan Cohen)

« Ce n’est pas le moment de faire une autre trêve fragile », a-t-il déclaré. « Le moment est venu pour une véritable initiative diplomatique à Gaza, qui s’appuiera sur les recommandations de l’establishment sécuritaire ».

Le Hamas et d’autres groupes terroristes à Gaza ont déclaré mardi avoir accepté un cessez-le-feu avec Israël sous l’égide de l’Égypte et de l’ONU. Les termes de l’accord n’ont pas été dévoilés jusqu’ici et Israël n’a fait aucun commentaire. Mais un haut responsable diplomatique israélien a semblé confirmer l’armistice annoncé.

« Israël maintient son droit d’agir. Les demandes de cessez-le-feu émanant du Hamas ont été adressées à quatre médiateurs différents. Israël a répondu que les événements sur le terrain décideraient [si un cessez-le-feu entrerait en vigueur] », a déclaré le responsable, sous couvert d’anonymat.

De nombreux résidents du sud étaient manifestement mécontents de la décision.

« C’est mieux que nous souffrions dans des abris et qu’ils y mettent fin une fois pour toutes », a déclaré Reut Bassis de Sderot à Hadashot. « Dans un mois, la même chose va se passer… Cela n’a aucun sens que nos vies soient comme ça. »

Miri, une autre habitante de Sderot, a déclaré : « L’armée israélienne frappe des bâtiments vides, tout en leur envoyant des camions remplis de ciment et de matériaux de construction. Où est notre amour-propre ? Nous sommes en guerre depuis 17 ans. »

Un autre homme, Yohanan Cohen, a déclaré qu’il avait perdu confiance dans le Premier ministre. « Je suis un homme du Likud depuis 40 ans, mais je promets de ne plus voter pour le Likud. Nous sommes des otages du Hamas. »

Un porte-parole de la région de Shaar Hanegev, dans le sud d’Israël, a déclaré mardi qu’une soixantaine de familles ont quitté la région de leur plein gré. Le site d’information Ynet a rapporté que 90 autres familles d’autres régions de la périphérie de Gaza sont également parties vers des régions plus calmes du pays, de nombreux parents étant préoccupés par la sécurité et la santé mentale de leurs enfants.

Le Conseil régional de Shaar Hanegev a ouvert une ligne téléphonique permettant aux habitants du centre et du nord d’Israël d’ouvrir leurs maisons aux familles à la recherche d’un répit temporaire après les tirs de roquettes.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman rencontre le chef de l’armée israélienne Gadi Eizenkot, le chef des services de sécurité du Shin Bet et autres hauts responsables de la Défense au siège de l’armée à Tel Aviv, le 11 novembre 2018 (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

La Dixième chaîne d’information a rapporté mardi soir qu’au moins quatre ministres de haut rang s’étaient opposés à la décision.

Selon la chaîne, le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, le ministre de la Protection de l’Environnement, Zeev Elkin, et le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett, ont proposé une autre solution, qui a été rejetée par les autres ministres.

Un ministre non nommé et qui a assisté à la réunion de sept heures mardi a déclaré aux médias qu’aucun vote n’avait eu lieu pour déterminer les prochaines étapes. Une autre source a confirmé au Times of Israel qu’il n’y avait pas eu de vote.

Cette source a confirmé l’existence de plusieurs désaccords entre les membres du cabinet, dont certains ont été au centre du débat pendant plusieurs heures. Ils ne feraient aucun commentaire sur le contenu des différends.

À la fin de la réunion, le cabinet de sécurité a publié une déclaration dans laquelle il était écrit : « Le cabinet de sécurité a discuté de la situation dans le sud. Le cabinet a reçu des informations de l’armée israélienne et des représentants de la défense au sujet des frappes [de l’armée] et les opérations à grande échelle contre des cibles terroristes à Gaza. Le cabinet a demandé à Tsahal de poursuivre ses frappes si besoin. »

Le système de défense antimissile du Dôme de fer en a intercepté plus de 100. La plupart des autres ont atterri dans des champs ouverts non peuplés, mais des dizaines ont atterri à l’intérieur de villes israéliennes, tuant une personne, faisant plusieurs blessés et causant des dommages matériels importants.

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