Chercheurs israéliens : La COVID nuit au sperme et fait craindre l’infertilité
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Chercheurs israéliens : La COVID nuit au sperme et fait craindre l’infertilité

Après examen d'études mondiales, des médecins en Israël notent une baisse de 50 % de la quantité de sperme et de sa mobilité chez les patients atteints de façon modérée ou grave

Illustration 3D de spermatozoïdes se déplaçant vers la droite en direction d'un ovule. (Christoph Burgstedt via iStock par Getty Images)
Illustration 3D de spermatozoïdes se déplaçant vers la droite en direction d'un ovule. (Christoph Burgstedt via iStock par Getty Images)

La COVID-19 nuit au sperme des patients, même des semaines après la guérison, ont conclu les médecins israéliens, faisant craindre que la maladie puisse réduire la fertilité.

« Les hommes atteints de la forme bénigne de la maladie avaient un sperme de qualité largement normale », a déclaré cette semaine le professeur Dan Aderka du centre médical de Sheba au Times of Israel. « Mais ce n’était souvent pas le cas de ceux qui étaient atteints d’une forme modérée ou grave de la maladie, même après leur guérison ».

« Ces hommes présentaient une réduction d’environ 50 % en moyenne du nombre de spermatozoïdes par millilitre, du volume total d’éjaculat et de la mobilité des spermatozoïdes », a-t-il déclaré. Ce chiffre reflète les tests qui ont été effectués environ un mois après le diagnostic.

Aderka, un professeur de l’université de Tel Aviv, s’est dit préoccupé par le fait qu’une minorité d’hommes ayant contracté la COVID-19 pourrait être confrontée à des problèmes de fertilité ou même à une « stérilité permanente ». Mais il a déclaré que les médecins doivent surveiller le sperme des patients guéris pendant des mois pour en savoir plus – ce qu’il prévoit de faire.

Un homme israélien est testé pour le coronavirus à un stand de test de Maccabi Healthcare Services dans la ville centrale de Ramle, le 5 octobre 2020. (Yossi Aloni/Flash90)

Il a tiré ses conclusions après avoir effectué ce que l’on croit être l’analyse la plus approfondie des différents projets de recherche menés dans le monde sur le sperme et la COVID-19, afin d’évaluer ce que l’on sait actuellement. Son analyse n’a pas encore fait l’objet d’un examen par des pairs, mais les quelque 40 études auxquelles il a fait référence, couvrant le sperme de centaines d’hommes, l’ont été.

Aderka commence à présent à mettre en place un contrôle continu du sperme pour certains patients de Sheba guéris de la maladie, afin d’évaluer l’impact à long-terme de la maladie sur la fertilité masculine.

Il a précisé : « Nous ne savons pas encore si ces effets sont réversibles, mais nous savons que d’autres maladies de la famille du coronavirus, telles que les oreillons et le SRAS, ont laissé un effet à long terme sur la fertilité des patients de sexe masculin. Pour 20 % des patients adultes masculins atteints d’oreillons, il y a stérilité, perte totale de fertilité, donc nous savons que les virus peuvent avoir un tel impact ».

Le professeur Dan Aderka du centre médical Sheba et de l’université de Tel Aviv. (Avec l’aimable autorisation de Dan Aderka)

Ses préoccupations sont fondées non seulement sur l’évaluation des échantillons de sperme, mais aussi sur les rapports concernant l’état des testicules des patients COVID-19 décédés. « Une étude chinoise a examiné des patients atteints de coronavirus qui sont morts et a trouvé des dommages aux testicules », a-t-il déclaré, ajoutant que les dommages étaient concentrés sur deux cellules directement responsables de la production de sperme ».

Il a fait un commentaire : « Il y a probablement un dommage physique aux testicules dans certains cas, bien que nous ne sachions pas dans combien de cas ».

Il a noté que le virus se trouve dans le sperme de certains patients pendant et après l’infection, mais a déclaré que cela ne signifie pas qu’il peut être transmis sexuellement et a dit que toutes les preuves actuelles suggèrent que ce n’est pas le cas.

Il a déclaré que la littérature existante suggère que le virus se trouve dans le sperme de 13 % des patients masculins qui ont la maladie, et de 8,6 % de ceux qui se rétablissent une semaine ou deux après la maladie active. Un mois plus tard, il n’y a plus de traces d’acide ribonucléique (ARN) du coronavirus dans le sperme.

A la question de savoir si les hommes peuvent prendre des mesures pour protéger leur fertilité pendant la pandémie, il a répondu que le port du masque peut aider, même si l’on finit par être infecté.

En effet, la charge virale qui pénètre dans l’organisme tend à être plus faible si les personnes sont protégées par un masque, et plus la charge virale est faible, plus le système immunitaire a de chances de vaincre le virus lorsqu’il est encore au stade léger et d’avoir un impact minimal sur le sperme.

« Si vous avez une petite charge virale au départ, votre système immunitaire a plus de chances de rattraper le virus, donc le port d’un masque peut en fait réduire la gravité, réduire la mortalité et – potentiellement aussi, selon ce que nous apprenons – réduire l’infertilité », a expliqué Aderka.

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