Cisjordanie: Des extrémistes en quarantaine volent des tentes données par Tsahal
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Cisjordanie: Des extrémistes en quarantaine volent des tentes données par Tsahal

Après avoir été accusés d'avoir attaqué des Palestiniens, des "jeunes de collines" auraient volé des équipements d'un site de quarantaine aménagé spécialement pour eux par Tsahal

Des "jeunes des collines" ensemble en quarantaine  dans une tente fournie par Tsahal le 7 avril 2020. (Autorisation)
Des "jeunes des collines" ensemble en quarantaine dans une tente fournie par Tsahal le 7 avril 2020. (Autorisation)

Jeudi matin, un groupe d’extrémistes juifs a quitté un site de quarantaine que l’armée israélienne avait spécialement aménagé pour eux dans le nord de la Cisjordanie. Ils auraient dérobé des tentes et d’autres équipements militaires pour plusieurs milliers de shekels en abandonnant le site.

La police a lancé une chasse à l’homme et les policiers ont arrêté deux suspects, apparemment membres d’un groupe radical d’habitants d’implantations. Ils sont également suspectés d’avoir attaqué un groupe de Palestiniens avec des pierres et du gaz lacrymogène avant de jeter des bombes incendiaires sur leurs véhicules. L’attaque a eu lieu mardi.

Les Palestiniens attaqués n’ont pas eu besoin d’assistance médicale après l’incident, selon la police. La Douzième chaîne a déclaré qu’une femme à bord d’un des véhicules était une résidente arabe israélienne de Haïfa. Elle a fait un malaise pendant l’attaque.

La police a indiqué que les officiers ont arrêté les deux suspects alors qu’ils roulaient sur la route 90. La police a expliqué que les équipements militaires ont été retrouvés dans leur voiture. On ne sait pas encore combien de suspects sont en fuite et si on a pu récupérer l’intégralité des équipements militaires volés.

Le véhicule a été intercepté au carrefour Lido, à environ 30 kilomètres au nord du site de mise en quarantaine que l’armée avait installé près de Metzoke Dargot, en Cisjordanie près de la mer Morte.

Tsahal a refusé de commenter l’affaire, déclarant qu’elle était prise en charge par la police. Celle-ci n’a pas immédiatement réagi à nos demandes d’informations supplémentaires sur le dossier.

Jeudi, la police a également reçu l’ordre de la Justice de ne pas publier d’informations sur l’attaque menée mardi contre les trois Palestiniens. La décision de justice interdit la publication de toute information concernant l’affaire et les suspects.

Le groupe des « jeunes de collines », originaire de l’avant-poste de Givat Ronen au nord de la Cisjordanie, avait d’abord été emmené dans un hôtel de Jérusalem lundi matin, après qu’un de leurs pairs a été testé positif au Covid-19. En plus des 20 autres habitants de l’avant-poste, l’adolescent a forcé le chef du commandement central de l’armée israélienne, Nadav Padan, à se placer en quarantaine.

Lorsque le groupe est arrivé à l’hôtel de Jérusalem géré par l’État, on leur a dit que chacun d’entre eux serait obligé de rester dans des chambres séparées comme tous les autres clients. Lorsqu’ils ont refusé, la police a décidé de les conduire en bus vers un autre site dans le sud. Les Jeunes des collines ont ensuite saccagé le bus, brisant la plupart des vitres. Plusieurs des militants d’extrême droite ont réussi à s’enfuir, mais ont été appréhendés par la police des Frontières.

Après avoir été repris par la police, l’armée a accepté d’aménager un site spécial pour eux à Metzoke Dragot. Les 20 adolescents ont ensuite été transférés vers le site à proximité de la mer Rouge lundi soir dernier. Ils ont été autorisés à vivre ensemble, en violation des directives du gouvernement contre le COVID-19. Ces directives imposent l’isolation individuelle des personnes ayant été en contact avec un porteur confirmé du COVID-19.

Des photos prises sur le site de l’avant-poste montrent notamment une grande tente où les « jeunes de collines » dorment ensemble, une tente Beit Midrash pour l’étude religieuse, une tente pour cuisiner, des douches, des toilettes extérieures et un générateur électrique.

Jeudi, David Elhayani, le chef du puissant Conseil Yesha, qui représente les implantations en Cisjordanie, a dénoncé le groupe comme étant de « jeunes criminels ». Il a souligné qu’ils ne représentent pas le mouvement d’implantation d’Israël.

Un officiel cité par la Douzième chaîne a expliqué que l’attaque des Palestiniens était « une manière pour les jeunes des collines de montrer comment ils apprécient le traitement que l’Etat d’Israël leur réserve pendant la crise du coronavirus ».

« C’est une preuve supplémentaire qu’il s’agit d’un groupe violent, raciste, extrémiste qui sème la terreur partout où il va », a déclaré la source anonyme avant d’ajouter « les forces de sécurité traduiront en justice les personnes impliquées » dans l’incident.

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