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Clôture du dossier contre un résident d’implantation qui a tué un Palestinien

Le groupe de défense des droits de l'homme représentant la famille d'Ali Harb a fustigé cette décision, citant "des preuves abondantes" ; l'avocat de l'accusé évoque l'auto-défense

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les obsèques d'Ali Harb, poignardé à mort par un résident israélien, pendant ses funérailles dans le nord de la Cisjordanie, dans le village d'Iskaka, le 22 juin 2022. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)
Les obsèques d'Ali Harb, poignardé à mort par un résident israélien, pendant ses funérailles dans le nord de la Cisjordanie, dans le village d'Iskaka, le 22 juin 2022. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Les procureurs ont décidé de clore le dossier ouvert contre un résident d’implantation soupçonné d’avoir mortellement poignardé un Palestinien au mois de juin, a fait savoir jeudi un groupe de défense des droits de l’homme représentant la famille de la victime.

Des témoins palestiniens ont déclaré qu’Ali Hassan Harb, un ingénieur âgé de 27 ans, avait été poignardé à la poitrine par un résident d’implantation dans sa ville natale d’Iskaka, dans le nord de la Cisjordanie, le 21 juin. Un groupe d’Israéliens était arrivé dans le secteur en amenant des matériaux de construction, une tentative apparente de construire un nouvel avant-poste illégal.

Le suspect israélien, âgé de 44 ans, avait été arrêté, soupçonné de meurtre et d’obstruction à la justice après s’être rendu à la police vingt-quatre heures après les faits pour présenter une contre-plainte. L’avocat de l’Israélien avait indiqué que son client avait échappé et survécu à une attaque impliquant des dizaines de Palestiniens.

« Malgré le nombre important d’éléments de preuve qui renforcent les soupçons de préméditation du meurtre d’Ali Hab de la part de ce résident d’implantation, des éléments qui viennent contredire son affirmation d’avoir agi pour défendre sa vie, le procureur de la police a annoncé, aujourd’hui, que le dossier devrait être fermé en raison d’un manque de preuve et sans mise en examen du suspect », a déclaré le groupe Yesh Din dans un communiqué.

La mort de Harb a fait l’objet d’une enquête des services de sécurité du Shin Bet et de l’unité des crimes nationalistes de la division de Judée-Samarie, qui se penche souvent sur les violences extrémistes juives.

Yesh Din a tourné en dérision l’enquête, disant qu’elle comprenait « des intimidations et des menaces contre les membres de la famille d’Ali Harb et d’autres témoins », se référant aux Palestiniens arrêtés après avoir pris par à cette confrontation.

Un avocat de l’organisation d’aide juridique Honenu, représentant l’habitant d’implantation, a indiqué pour sa part que la décision de clore le dossier était « inévitable ».

« Le suspect a agi en tampon entre les émeutiers arabes qui, se faisant justice eux-mêmes, ont décidé d’attaquer un groupe d’enfants dont le seul péché avait été de participer à une activité éducative dans un secteur adjacent à la ville d’Ariel, qui n’appartient pas aux émeutiers et qui ont pourchassés, attaqué et jeté des pierres sur les enfants », a dit l’avocat Adi Kedar.

« Mon client a dû se défendre lui-même et défendre les enfants contre cette attaque sauvage. Les émeutiers et les membres de la famille du défunt ne peuvent s’en prendre qu’à eux », a ajouté Kedar.

Photo d’illustration : Les forces de sécurité israéliennes à proximité d’Ariel, en Cisjordanie, le 17 mars 2019. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Des responsables israéliens avaient expliqué au Times of Israel l’année dernière que les violences des extrémistes juifs en Cisjordanie étaient en augmentation. Le nombre d’attaques s’est élevé de presque 50 % en 2021, selon le Shin Bet.

La majorité des dossiers ne sont jamais résolus. Entre 2005 et 2021, seulement 7 % des enquêtes sur les violences extrémistes anti-palestiniennes ont entraîné des mises en examen, selon Yesh Din.

« Le système d’application de la loi continue à fournir aux criminels qui s’en prennent aux Palestiniens une immunité face à la justice, même quand ils tuent », a commenté Yesh Din dans la journée de jeudi.

Les leaders du mouvement pro-implantations ont condamné certaines des attaques les plus hardies – comme un incident survenu aux abords de l’avant-poste de Givat Ronen, incident au cours duquel des hommes masqués ont incendié une voiture qui appartenait à des activistes israéliens de gauche. Ils ont ainsi expliqué que le phénomène était éclipsé par le nombre d’attaques commises par des Palestiniens contre des Israéliens.

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