Comment une maire du Wisconsin, qui n’est pas juive, réagit face aux antisémites
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Comment une maire du Wisconsin, qui n’est pas juive, réagit face aux antisémites

Katie Rosenberg, 36 ans, nouvelle maire de Wausau, ne voit aucune raison de corriger ceux qui pensent qu'elle est juive

Katie Rosenberg en campagne à Wausau, dans le Wisconsin, le 27 juin 2019. (Crédit : B.C. Kowalski, Wausau City Pages)
Katie Rosenberg en campagne à Wausau, dans le Wisconsin, le 27 juin 2019. (Crédit : B.C. Kowalski, Wausau City Pages)

JTA – Quoi qu’il en soit, Katie Rosenberg aurait probablement fait la une des journaux pour avoir été élue maire de Wausau, une petite ville du centre du Wisconsin. D’une part, elle est âgée de 36 ans, un jeune âge pour la fonction, et d’autre part, c’est une démocrate qui a évincé un maire sortant du Parti républicain lors de ce qui s’est avéré être un surprenant scrutin anti-Trump.

Elle a remporté l’élection du 7 avril avec 52 % des voix, mais c’est son tweet du 13 avril, lorsqu’elle a appris sa victoire, qui lui a valu une très grande attention. Elle a en effet réagi par ses mots : HOLY BALLS [les boules !].

Malgré son nom de famille, Katie Rosenberg n’est pas juive – nous l’avons interrogée à ce sujet.

« Tout héritage juif que je pourrais avoir a été perdu il y a bien longtemps, avant que ma famille ne quitte l’Europe », a-t-elle déclaré lors d’un échange privé avec la JTA sur Twitter. « Je ne connais pas l’histoire, malheureusement. »

Mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas vécu des expériences typiquement juives, lesquelles elle a expliquées d’une manière qui correspondait au ton provocateur de son tweet de victoire.

Le père de Katie Rosenberg, Jim, a reçu des lettres de haine antisémites et des canulars. (Autorisation : Katie Rosenberg)

« Beaucoup de gens pensent que je suis juive, et je ne vois pas de raison de les corriger, car une grande partie de ce phénomène prend la forme de l’antisémitisme », a-t-elle déclaré.

Elle a donné de nombreux exemples.

« La majorité d’entre eux surviennent en ligne via Twitter ou Facebook. Il s’agit généralement d’insultes (je suis sûre que vous connaissez toutes les injures antisémites) et je les bloque ou les supprime », a-t-elle fait savoir dans un échange privé de messages sur Twitter. L’été dernier, un type (visiblement ivre) est venu me voir pour me dire que j’essayais de le ‘judaïser' ».

L’expérience n’était pas nouvelle pour sa famille.

En grandissant, mon père faisait partie du conseil municipal local et nous recevions des tonnes de courrier adressées à « Jimmy RosenJew » [RosenJuif]. Je n’ai reçu qu’une seule lettre de ce genre », dit-elle, en joignant la photo d’un tas de courriers haineux et de canulars que son père a reçu.

Un oncle, John Rosenberg, est un pasteur luthérien à la retraite qui a dirigé une congrégation à Vancouver, dans l’État de Washington. Au moins une demi-dizaine de fois, il a été réveillé tard dans la nuit par des appels téléphoniques qui diffusaient des discours d’Hitler.

La réaction de Katie Rosenberg face à l’expérience de sa famille en matière d’antisémitisme, et la sienne, était assez typique de tout Juif américain : « Ces gens sont fous et plutôt effrayants ».

La nouvelle élue a critiqué ceux qui réagissaient à son élection par un discours de haine dans un tweet du 16 avril, en écrivant « Lol @ misogynie et antisémitisme ». Cela fait des millénaires. Trouvez de la nouvelle matière ». Cette publication a obtenu 45 « J’aime », comparé aux 21 000 que son tweet de victoire électorale a attirés.

« J’ai l’habitude de dénoncer publiquement ce genre de choses parce que je sais que cela se passe dans mon dos », a expliqué Mme Rosenberg. « Si j’arrive à atteindre les personnes qui pourraient être amies avec des personnes qui disent des choses comme ça, peut-être qu’elles trouveront en elles le courage de le faire savoir ».

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