Confinement partiel de la Cisjordanie et fermeture des écoles par l’AP
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Confinement partiel de la Cisjordanie et fermeture des écoles par l’AP

Le nombre de nouveaux cas a été multiplié par deux en quinze jours ; les responsables avaient recommandé un confinement entier de deux semaines

Le Premier ministre Mohammad Shtayyeh lors d'une conférence de presse à Ramallah, le 27 février 2021. (Crédit :  WAFA)
Le Premier ministre Mohammad Shtayyeh lors d'une conférence de presse à Ramallah, le 27 février 2021. (Crédit : WAFA)

L’Autorité palestinienne (AP) va imposer un confinement partiel en Cisjordanie pour les douze prochains jours alors que le nombre de cas a plus que doublé au cours des deux dernières semaines, a indiqué samedi le Premier ministre de l’AP, Mohammed Shtayyeh.

Lors de ce confinement, tous les établissements scolaires seront fermés, les déplacements entre provinces seront interdits ainsi que l’entrée des Arabes israéliens en Cisjordanie ; les fêtes, mariages et cérémonies de funérailles ne seront pas autorisés ; un couvre-feu nocturne sera mis en place et tous les déplacements en voiture seront prohibés pendant la nuit. Par ailleurs, un confinement strict et total sera appliqué le week-end.

Les responsables de la Santé avaient réclamé un « confinement entier de deux semaines » dans leurs recommandations au Premier ministre. Dans un discours télévisé qui a eu lieu samedi, Shtayyeh n’a pas précisé ce qui avait fait pencher la balance vers un confinement plutôt partiel.

« Un confinement de deux semaines réduirait le nombre d’infections, diminuerait le taux de transmission ainsi que la pression hospitalière », avait commenté, jeudi, la ministre de la Santé de l’Autorité palestinienne, Mai Al-Kaila.

Une équipe de sécurité palestinienne à un checkpoint installé à l’entrée de la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 26 février 2021. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Selon le ministère de la Santé de l’AP, il y a actuellement 12 015 cas actifs de coronavirus en Cisjordanie. Il y a deux semaines, il n’y en avait que 5971, a-t-il noté.

Environ 24 % des tests de dépistage dont les résultats ont été rendus publics samedi étaient positifs en Cisjordanie. Dans certains gouvernorats, ce chiffre est monté jusqu’à 30 % au cours de ces derniers jours.

Dans le quartier d’Issawiya, à Jérusalem, l’interdiction imminente de l’entrée des Palestiniens vivant à l’intérieur de la Ligne verte a entraîné une ruée vers les magasins situés dans les secteurs palestiniens de Cisjordanie.

« Tout le monde est allé faire ses courses aujourd’hui en Cisjordanie, avant la fermeture », a commenté un dirigeant local, Omar Atiyeh, auprès du Times of Israel.

Si Israël a vacciné massivement la population – lui permettant peut-être d’éviter une quatrième vague du virus – les Palestiniens sont encore dans l’attente d’une quantité significative de vaccins, même si certains personnels médicaux ont été immunisés contre la maladie.

Shtayyeh a précisé que la première livraison majeure de vaccins pour les Palestiniens – une livraison faite dans le cadre d’un accord portant sur deux millions de doses qui a été conclu avec la firme pharmaceutique britannique AstraZeneca — aurait lieu lors de la première semaine de mars.

« Nous avons acheté pour 10 millions de dollars de doses. Nous espérions qu’elles arriveraient à la fin du mois de février mais il y a eu un retard relatif à l’entreprise de fabrication, il n’y a pas eu de défaillance de notre part », a expliqué Shtayyeh.

La décision d’imposer de nouvelles restrictions a été prise suite à l’importante recrudescence du nombre de cas en Cisjordanie, ces derniers jours, mais également en raison des pressions exercées sur les hôpitaux, avec un nombre de personnes placées en soins intensifs qui est actuellement à son apogée.

Les responsables de l’Autorité palestinienne ont indiqué jeudi qu’environ 62 % des respirateurs étaient actuellement utilisés – ce qui est un nouveau record depuis l’apparition de l’épidémie. 85,6 % des lits sont actuellement occupés dans les hôpitaux de toute la Cisjordanie.

Une équipe de sécurité palestinienne à un checkpoint installé à l’entrée de la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 26 février 2021. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Après des semaines où la courbe du virus est restée plutôt stable – elle avait même baissé – une troisième vague semble d’être abattue depuis quelques jours.

Cette hausse rapide des infections résulte, selon les responsables de la Santé, de variants plus contagieux du virus. Une étude aléatoire récente qui a été réalisée par le ministère de la Santé de l’AP a montré que sur 460 patients, 352 étaient atteints par le variant dit « anglais », qui avait été détecté pour la première fois par le Royaume-Uni.

« Ce qui fait la différence aujourd’hui, c’est la rapidité à laquelle se propage le virus. Nous voyons des situations où des familles entières sont touchées », a commenté le docteur Shadi al-Laham, qui dirige le gouvernorat de Bethléem au sein du ministère de la Santé de l’AP.

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